Histoires de Tsadikim

« Par le mérite de la Tsedaka » – Une histoire sur le Ari Zal

Rabbi Itshak Ashkénazi Louria est né à Jérusalem en 1534. Il est considéré comme l’un des plus grands et des plus célèbres penseurs de la mystique juive. Il est le fondateur de l’école kabbalistique de Tsfat. On le connaît surtout sous le nom du Ari Akadoch ou du Arizal.


Un jour, le Ari Akadoch amena ses élèves sur le tombeau du prophète Ochéa. Après avoir prié avec ferveur, ils s’assirent pour écouter les saintes paroles de Torah et de Kabbala de la bouche du Arizal. Soudain, les élèves remarquèrent un changement sur son visage : le Rav d’ordinaire si joyeux et souriant, arborait un visage inquiet et tendu. Après quelques minutes de silence, le Arizal leur dit :

«Du ciel on vient de m’informer qu’un terrible décret va s’abattre sur Tsfat. Un essaim de sauterelles s’approche et va dévorer toutes les récoltes. Nous risquons une grande famine».

Ses élèves demandèrent alors : «Maître, qu’avons-nous fait ou dit pour mériter une telle punition ? » Le Ari Akadoch répondit : «Dans notre ville habite un certain Yaacov, un homme très pauvre qui vient de perdre son travail. Il s’est plaint à Hachem de la situation difficile dans laquelle il se trouve et s’est désolé que personne ne lui vienne en aide. Le Tribunal céleste a vu que la communauté juive de Tsfat ne faisait rien pour le soutenir, et a fixé ce décret».

Ils répliquèrent : «Pouvons-nous faire en sorte d’annuler le décret ou est-ce trop tard ?»

Le Arizal leur demanda de lui donner l’argent dont ils disposaient. Il rassembla la somme ainsi obtenue dans une bourse et la confia à son fidèle élève, Rabbi Itshak Cohen, lui enjoignant de trouver Yaacov et de lui donner cet argent.
Comprenant l’urgence de la situation, Rabbi Itshak parcourut les rues de la ville jusqu’à trouver la maison de ce fameux Yaacov. A la vue de l’aspect délabré de la bicoque qui leur servait de maison et en entendant les pleurs et les gémissements qui s’en échappaient, il fut submergé de compassion pour cette pauvre famille. Il frappa à la porte, mais personne ne lui ouvrit. Il décida alors d’ouvrir la porte. Le spectacle auquel il assista était encore plus violent de l’intérieur. Yaacov et sa famille étaient assis par terre en pleurs, les yeux levés vers le ciel. En apercevant le visiteur, leurs supplications s’arrêtèrent. «Que voulez-vous ?» demanda Yaacov. Itshak répondit: «J’ai été envoyé par le saint Ari pour vous remettre une somme d’argent. Que vous est-il arrivé et pourquoi pleurez-vous de la sorte ?»


Yaacov se leva et ouvra son coeur à l’inconnu qui se tenait devant lui. «Je suis porteur d’eau. Chaque jour je livre de l’eau aux habitants du quartier. Je ne gagne pas beaucoup mais cela me permet de subvenir aux besoins minimum de ma famille. Aujourd’hui, mes seaux se sont cassés et ils ne sont malheureusement pas réparables. Je n’ai donc plus aucune source de revenus. Puisque je ne peux plus travailler, je n’ai plus d’argent et ma famille meurt de faim».
Ne sachant que faire, j’ai dit à Hachem : «Est-ce que je mérite cette situation? Suis-je considéré comme un mécréant ? Ma famille doit-t-elle mourir de faim? Hachem Itbarah, Toi qui soutiens le monde entier avec bonté, pourquoi as-tu pris mes seaux?»

Les larmes aux yeux, Its’hak sortit l’argent contenu dans la bourse et avant de le remttre à Yaacov il lui dit : «Sache qu’Hachem a entendu ta prière et celle de ta famille. Dès aujourd’hui vous ne manquerez de rien. Tous les habitants de Tsfat, subviendront à vos besoins». La famille entière laissa éclater sa joie et leva les yeux au ciel pour remercier Hachem. Itshak continua: «Yaacov, savez-vous qu’avec vos supplications, vous avez mis en danger la région, la ville et tous les habitants ? Un essaim de sauterelles devait dévorer toutes les récoltes car Hachem a vu que personne ne vous aidait dans votre détresse. C’est pourquoi Hachem avait décrété que tous les habitants de Tsfat souffriraient de la faim».


Yaacov regretta et prit la résolution de ne plus se plaindre à Hachem. Itshak retourna auprès de son maître et lui relatant sa rencontre avec Yaacov. Le Ari Akadoch voyant la mine crispée de ses élèves leur dit : « Par le mérite de la tsédaka, vous avez réussi à annuler le mauvais décret».

Les élèves remarquèrent tout à coup au loin un essaim géant de sauterelles se rapprochant de Tsfat.

« Avons-nous agi trop tard ? » demandèrent-ils. Le Ari Akadoch le visage lumineux et serein leur répondit : «Continuez à étudier, ne vous inquiétez pas». Quelques instants plus tard, un vent puissant se leva et l’essaim de sauterelles fut dispersé vers la mer. Aucune sauterelle n’entra dans la ville de Tsfat.


Rabbi Itshak Ashkénazi Louria rendit son âme pure au Créateur à l’âge de 38 ans dans la ville de Tsfat. Il est considéré comme l’un des plus éminents Kabbalistes de tous les temps. 

Histoire tirée du feuillet distibué par les institutions « Haméir Laarets » – sous l’égide du Rav Israël Abergel.

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