Education/Parents et enfants

« Si un enfant peine à la Yéchiva, nous devons redoubler d’amour et lui donner d’autres alternatives »

Le décisionnaire Rav Acher Weiss donne un enseignement aux parents de jeunes qui se remettent en question : « Aujourd’hui plus que jamais, il faut établir un lien profond d’amour et de proximité. Etre proches d’eux c’est le seul moyen que nous avons aujourd’hui ».

« La Torah nous parle de quatre enfants (Haggada de Pessa’h) : le sage, le mécréant, le simple et celui qui ne sait pas poser de questions.

Nous n’écartons pas le mécréant ! Nous lui laissons aussi une place autour de la table le soir du Séder. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour qu’il soit présent lui aussi, avec nous, à nos côtés lors de cette nuit mémorable de Pessa’h.

Posons-nous la question : « Est-ce que nous nous acquittons réellement de notre Mitsva envers les 4 types d’enfants cités dans la Haggada ? »

Dans notre génération, nous avons le mérite d’avoir formé des légions d’étudiants assidus, d’Avrékhim et de Rabbanim de renom. Nous voyons à quel rythme les livres de Torah sont imprimés et diffusés, ce qui était inconcevable à l’époque. Dans chaque maison d’étude nous rencontrons des élèves tous aussi doués les uns que les autres. Malheureusement, il y a aussi de nombreux autres élèves qui ne sont pas vraiment là, pas vraiment à leur place. Derrière chaque brillant étudiant s’en cache un autre que l’on ne remarque peut-être pas, mais qui ne trouve pas sa place. Nous avons aussi notre part de responsabilité envers eux !

Nous sommes fiers -et nous avons toutes les raisons de l’être- de voir cette génération qui fleurit dans l’esprit de la Torah. Mais il nous est interdit d’oublier cette partie de nos jeunes qui s’éloignent, qui s’absentent… Heureusement, il existe de nombreuses structures pour ceux qui abandonnent en chemin. Mais pourquoi attendre d’en arriver là ? Pourquoi faire attention à eux seulement lorsqu’ils commencent à être violents ou qu’ils causent des ennuis à la communauté ? Nous devons ensuite faire face à des situations graves sur lesquelles on ne peut plus fermer les yeux. Mais attendre ainsi la dégradation, ce n’est pas cela notre rôle ! Nous devons faire attention à eux avant que cela ne dégénère. Nous devons être attentifs à la moindre difficulté rencontrée en Yéchiva. Nous devons apprendre à voir ce qui leur manque, et voir en quoi nous pouvons les aider.

Tous nos enfants ne sont pas obligatoirement faits pour être de grands érudits ou étudier la Torah en permanence ! Pas tous n’en ont la capacité ! Ce ne sont pas tous les enfants qui ont reçu du Saint-béni-soit-Il, le potentiel et les capacités de s’adapter à la l’étude pointilleuse que nous enseignons dans les Yéchivot ! Mais nous devons aussi veiller sur eux ! »

« Certains élèves doivent être orientés vers le choix de seulement quelques heures d’étude quotidienne. Nous devons leur inculquer le véritable amour de la Torah, mais nous devons comprendre que pas tous ne sont faits pour étudier non-stop ou pour devenir de grands orateurs.

Aujourd’hui plus que jamais, il faut établir un lien profond d’amour et de proximité. Etre proche d’eux c’est le seul moyen que nous ayons aujourd’hui. Nous devons les entourer d’amour, les rapprocher de la communauté et surtout leur présenter différentes alternatives éducatives toujours dans l’esprit de la Torah mais saines pour leur avenir.

Nous devons donner à nos enfants les outils pour se confronter à la vie et ce, même s’ils ne seront pas des sommités rabbiniques ou de grands érudits !

Endosser cette responsabilité n’est pas moins importante qu’une autre. Bien au contraire : c’est à ce même carrefour où nous rencontrons ces enfants en difficulté que nous devons leur prodiguer tout l’amour dont ils ont besoin. C’est le seul moyen que nous ayons afin qu’ils restent proches de nous, de la pureté et de la sainteté.

Nous devons leur montrer qu’eux aussi font partie de la communauté, pas moins que les autres. Nous devons leur prouver qu’ils sont importants et que nous ne renoncerons jamais à eux ! Car, dans la maison d’étude, dans notre communauté, dans notre foyer, nous ne devons pas seulement laisser la place à ceux qui étudient sans relâche. Nous devons faire de la place à chacun.

C’est là le plus grand défi de l’éducation. Grâce à D. nous avons d’excellents Rabbanim et d’excellentes Yéchivot, mais nous devons aussi penser à ceux qui ne trouvent pas leur place dans ce cadre. Nous devons leur proposer d’autres alternatives avant qu’ils ne se retrouvent dans la rue et avant de devoir leur faire faire Téchouva !

D’autant qu’il est beaucoup plus difficile de faire revenir précisément ces jeunes-là vers la Torah que d’autres issues du milieu laïc sans aucune connaissance de la Torah et les Mitsvot.  Nous devons nous inquiéter des ces enfants dès le moment où ils ne trouvent pas leur place entre les quatre murs du Bet Hamidrach et avant qu’ils ne s’éloignent trop loin. C’est un travail saint, Avodat Kodech ! » conclut le Rav Weiss.

(Avec la permission du site Maané)

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