Béréchit

Berechit. L’épreuve : un cadeau d’Hachem – Rav Zamir Cohen

La terre d’Israël est fréquemment sujette à la sécheresse et la crainte de voir le lac Kineret se dessécher est toujours présente tandis que la pluie tombe en abondance dans différentes régions du globe, qui semblent à l’abri d’une pénurie d’eau.

Or, dans la Paracha de cette semaine, la Torah nous enseigne que c’est précisément la sensation de manque et de dépendance perpétuelle qui nous incite à lever les yeux vers le Ciel et à maintenir constamment une connexion avec Hachem. C’est là, la vraie bénédiction.
Pour avoir poussé Hava à la faute, le serpent fut entre autres condamné à « consommer la poussière de la terre »(Berechit 3-14). Il semble s’agir davantage d’une bénédiction que d’une malédiction car la poussière, la nourriture du serpent, se trouve en abondance.

Tous les êtres vivants dépendent de la bonté d’Hachem, comme il est dit dans le Psaume 145 : « Les yeux de tous, sont tournés vers Toi, et Tu leur donnes leur nourriture en son temps ». Hachem dit au serpent : « Prends tout ce dont tu as besoin et ne t’adresse plus jamais à moi ! » Ce qui de prime abord semblait être une bénédiction et en fait une terrible malédiction : le serpent a dû rompre tout contact avec Hachem.

La Guemara (Taanit 25b) rapporte qu’alors que la terre d’Israël était frappée par la sécheresse, le peuple juif déclara un jour de jeûne et de prières pour qu’Hachem fasse enfin tomber la nuit. La veille du dit jeûne, la pluie se mit tout à coup à tomber, et le peuple en fut très joyeux : ils pensèrent qu’Hachem s’était contenté de leur intention et avait répondu à leur requête avant même qu’ils ne la formulent. Mais Chemouel refroidit leur ardeur et leur dit : « Je vais vous expliquer ce que cela signifie à travers une parabole : un homme entreprit un jour d’adresser une requête au roi. Ce dernier dit alors à ses serviteurs : donnez-lui ce qu’il veut, je ne veux même pas l’entendre ! »

Le traité Yoma (76a) rapporte que les élèves de Rabbi Chimon Bar Yohaï demandèrent un jour à leur maître la raison pour laquelle Hachem n’avait pas envoyé la Manne au peuple juif en une seule fois. Rabbi Chimon leur répondit à travers une parabole : Un roi avait un fils auquel il donnait chaque année, une somme suffisamment conséquente pour lui permettre de subvenir à ses besoins tout au long de l’année. Par conséquent, son fils ne lui rendait visite qu’une fois par an, pour percevoir sa pension. Que fit le Roi ? Il décida que désormais, la pension serait quotidienne, afin que son fils vienne le voir tous les jours. Ainsi fit Hachem : Il envoya une portion de Manne quotidienne afin que les Bnei Israël gardent constamment les yeux tournés vers Lui.

Il apparaît donc clairement que le manque permet de maintenir un lien permanent entre l’homme et son Créateur et témoigne de l’intérêt et de l’importance qu’Hachem lui accorde.

Dans la Paracha Ekev (11, 10-11), il est écrit : « Car le pays où tu vas pour le conquérir ne ressemble point au pays d’Egypte, d’où vous êtes sortis; là, tu devais semer ta graine et l’humecter à l’aide du pied, comme en un jardin potager. Mais le pays que vous allez conquérir est un pays de montagnes et de vallées, abreuvé par les pluies du ciel. » Cette louange semble étonnante : en quoi le fait de dépendre de la pluie est-il un avantage ? Ne vaut-il pas mieux avoir un fleuve qui irrigue la terre abondamment, et indépendamment des saisons ?

Cependant, D. craignait qu’une fois arrivés en Israël, les Bnei Israël ne sombrent dans la routine et se détournent de Lui. Aussi, par sa nature, la terre d’Israël invite les juifs à lever les yeux vers le ciel.

Cette notion s’applique à tout un chacun. De fait, lorsqu’un homme subit des épreuves, il a tendance à penser qu’Hachem le délaisse. « Si le Maître du Monde m’aimait vraiment, pense-t-il, il me gratifierait d’une vie confortable et paisible et ne m’accablerait pas de tant de souffrances. »

Mais le Sage sait pertinemment qu’en plus de lui apporter l’expiation sur ses péchés, les épreuves sont en réalité un message divin : « Mon fils ! Ma fille ! Je t’envoie ces difficultés parce que tu m’es cher(e) et que je souhaite maintenir un lien puissant avec toi. Je voudrais que ta récompense dans le monde futur soit entière. Ces épreuves te sont envoyées afin que tu pries et te repentes. »

Chabbat Chalom !

Rav Zamir Cohen

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