Moussar/Travail des MidotNos Tsadikim

La reconnaissance, une histoire édifiante

Meir LAMBERSKI, Betsalel KARLINSKI, Itshak ROTH/Rav Dessler : sa vie, son oeuvre

torah portion

Cette histoire illustre cette qualité remarquable qui caractérise les anciens de Kelm :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fils de Rav Dessler, le rav Na’houm Zev fut miraculeusement sauvé et put gagner le Nouveau Continent après maintes tribulations. Quelques années après la guerre, Rav Dessler se rendit chez son fils, à Cleveland et, durant son séjour, rav Na’houm Zev raconta à son père comment il avait survécu lors de ces longues pérégrinations. Et il cita le nom des rabbanim qui se dévouèrent pour le soutenir : le rav Chraga Feivel Mendelovitch, le directeur de la metivta de Torah Vedaat, où il étudia à son arrivée aux USA ; le rav Chlomo Heiman, l’ancien Roch Yechiva, ainsi que le rav Eliezer Silber de Cincinnati, président de l’Agudat Israel of America. Ce dernier fut particulièrement actif dans le soutien des rescapés de l’Holocauste qui gagnèrent les côtes américaines pendant et juste après la guerre. Il avait été un élève du rav ‘Haïm Ozer Grodzenski, et lorsqu’il avait appris que le fils de son neveu se trouvait en Amérique, il avait remué ciel et terre afin de venir en aide à ce jeune ba’hour fraîchement arrivé.

Rav Dessler dit à son fils : « Nous devons l’en remercier ! » Rav Na’houm Zev consulta son carnet d’adresses et transmit le numéro de téléphone du rav de Cincinnati à son père. Mais Rabbénou ne pouvait se contenter d’un simple coup de téléphone, et il insista pour que son fils l’accompagne à Cincinnati afin de rencontrer le rav Silber en personne. Le trajet durait neuf heures en train… Les Dessler arrivèrent à Cincinnati vers 5 heures du matin, et se rendirent directement chez les Silber. Ils attendirent sous le porche que le rav sorte pour aller à la synagogue. Lorsque celui-ci apparut, rav Na’houm Velvel lui présenta aussitôt son père et les trois hommes se mirent en route pour l’office. De retour chez lui, rav Silber invita ses hôtes à partager son petit-déjeuner.

Il est reçu par le rav Avraham Rein et le rav Sim’ha Zissel Dessler « Alors, rav Dessler, qu’est-ce qui vous amène à Cincinnati ? » fit-il à Rabbénou. Celui-ci répondit qu’il était venu lui exprimer sa profonde gratitude pour tout ce qu’il avait fait pour son fils. Rav Silber, pensif, se tut quelques instants avant de demander à nouveau : « Nou, rav Dessler, qu’est-ce qui vous amène à Cincinnati ? » Encore une fois, Rabbénou affirma qu’il ne connaissait personne à Cincinnati, et qu’il était venu pour une seule raison : exprimer en personne sa hakarat hatov. Pendant quelques minutes, on aborda d’autres sujets, lorsque le rav Silber, qui ne pouvait plus se contenir, dit à nouveau : « Rav Dessler, que puis-je faire pour vous ? » Rabbénou répondit pour la troisième fois qu’il n’était pas venu demander quelque faveur, mais qu’il tenait simplement à le remercier personnellement. Stupéfait, le rav de Cincinnati murmura : « Ça doit être ça le moussar ! »

Cet extrait est issu du livre « Rav Dessler : sa vie, son œuvre » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation.

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