Bein Hametsarim - Les trois semainesHidabroot Ados'Jeûne du 9 Av

Hidabroot Ados’ – Et si on parlait du 9 Av ?

Et si nous arrivions à convaincre Hachem que c’est justement notre larme qui manque pour reconstruire le Beth Hamikdach ?

9 Av. Ticha BéAv. Cette date veut tout dire. Une ambiance de deuil, de tristesse et de destruction plane au-dessus de nous. Des générations entières ont pleuré et supplié : « Papa ! Laisse-nous revenir à la maison ! Laisse-nous revenir dans Ta maison, s’il Te plaît ! »

Mais jusqu’à présent, les générations précédentes n’ont pas eu ce mérite. Et nous non plus. Pas encore.

Lorsque nous nous renforçons dans le chemin de la Torah, nous nous rendons compte qu’Hachem n’est pas une entité lointaine dénuée de volonté ou de proximité avec nous. Non ! Le Saint-béni-soit-Il est notre père qui nous aime, qui nous tend la main pour rentrer à la maison et qui nous accompagne dans chacun de nos voyages. Il nous prodigue au quotidien tout ce dont nous avons besoin au niveau matériel et spirituel. Il voudrait aussi avoir un endroit où résider sur Terre ! Il voudrait aussi un endroit où faire résider Sa sainteté. Il voudrait aussi Sa maison, sur Sa terre !

Chaque jour, nous rentrons chez nous afin de nous reposer, reprendre des forces, nous réjouir en famille. Mais lorsque  nous nous reposons et sommes joyeux, le Saint-béni-soit-Il, Lui,  n’a pas de maison.

Depuis combien d’années ? De longues années d’amer exil et nous sommes toujours là à compter les années : nous ne sommes toujours pas retournés dans la maison de notre père, le Beit Hamikdach !  

Alors, chers lecteurs, je vous demande, et en même temps je me pose également la question : que ressentons-nous en pensant que nous, nous avons une maison mais que notre père bien aimé est à la rue ? Notre père, celui qui  nous aime tant, qui nous prodigue tant de bontés, n’a pas de maison !

Comment vivons-nous au jour le jour avec cette réalité ? Notre cœur tressaille t-il ou tremble t-il à cette simple pensée ? Au fond, cela nous importe t-il ? Ou peut-être que non ?

Combien de générations qui nous ont précédés, ont pleuré sur la destruction du Beit Hamikdach, sur l’amer exil qu’ils subissaient au jour le jour. Combien de persécutions nos aïeux ont-ils traversé, combien de malheurs ont-ils vécu dans leur propre chair. Eux connaissaient bien la signification du mot ‘’exil’’ : poursuivis, torturés, humiliés, tués de sang-froid. Et nous, aujourd’hui nous crions encore pour eux. Sans parler de la mélancolie pour la Terre d’Israël. La Terre sainte.

Ce n’est pas comme aujourd’hui où sommes nombreux à habiter en Erets Israël, où nous avons toutes les commodités à notre portée, des synagogues à chaque coin de rue, d’innombrables magasins cachers. Et pourtant, nous nous permettons de critiquer : « Que le coût de la vie est cher ici en Israël ! Tiens, regarde, le prix du cottage et du Milki a augmenté d’1.90 NIS ! Aux Etats-Unis, quels paysages ils ont, quels espaces, et quel confort de vie ! » Nos arrière-grands-parents payaient de leur vie pour tenter d’atteindre les rivages de la Terre d’Israël ! Combien de voyages contre vents et marées ont-ils entrepris pour se rendre sur cette Terre promise ! Ils n’auraient pas hésité une seule seconde  à vendre leur maison à l’étranger pour 1.90 NIS rien que pour mériter d’habiter sur cette terre, pour revenir dans la ville sainte, près du Beth Hamikdach ! Et pourtant, nous continuons de nous plaindre…

Chers amis, avant de chercher à pleurer concrètement parlant, nous devons d’abord remercier le Créateur du monde. Même si nous sommes encore dans un profond exil, que tous nos frères juifs ne sont pas encore réunis ici, que la terre d’Israël n’est pas encore dans sa totalité entre nos mains, que le mauvais penchant fait rage dans les rues à chaque occasion qui se présente pour entacher le judaïsme et la Torah tout simplement du fait de quelques politiciens ou autres personnalités à la recherche d’honneurs quelconques…. Malgré tout cela, disons tout de même merci au Créateur du monde de nous avoir donné au moins à nous la chance de revenir à la maison, sur notre terre. Nous devons comprendre que cela ne coule pas de source ! Si nous savons dire merci au Créateur et reconnaitre tous les bienfaits qu’Il nous prodigue au jour le jour, et qu’Il continue de nous donner avec un amour infini et sans condition même si parfois nous n’agissons pas de la meilleure façon qui soit… Si nous parvenons à réaliser cela, il nous sera alors plus facile d’ouvrir notre cœur et d’éprouver de la tristesse.

Nous devons également comprendre que nous ne nous attristons pas seulement sur les évènements passés mais surtout et essentiellement sur le présent. Sur le fait que NOUS n’avons pas encore mérité de voir la reconstruction du Beth Hamikdach. Comme nous le disent si bien nos Sages, « une génération durant laquelle le Beth Hamikdach n’a pas été reconstruit, est considérée comme une génération durant laquelle il a été détruit. »

Alors oui, nous souhaitons verser une larme, nous souhaitons nous inspirer du comportement des grands Rabbanim en ce jour, qui pleurent sans arrêt. Mais rien n’y fait, il nous est très difficile de sortir même la moindre petite larme. Nous avons tendance à penser qui si nous ne versons pas au moins une larme, cela n’est pas une réelle tristesse. Mais en réalité, la véritable tristesse, le vrai ‘’cœur brisé’’ ne s’exprime pas seulement par des larmes, il vient surtout du plus profond du cœur. Avant de nous efforcer à faire couler une larme, parlons avec notre cœur sur l’essence même de ce jour. Eveillons notre cœur, réfléchissons aux sentiments que nous éprouverions sincèrement si nous n’avions pas de maison, si nous étions jetés à la rue et ce, non pas pendant un ou deux jours, mais pendant des centaines d’années. Comment nous sentirions-nous si nous seuls n’avions pas de maison et que tous les autres autour en avaient une ? Peut-on renoncer à la chaleur d’un foyer même pour un seul jour ? Combien serions-nous prêts à payer pour retrouver notre maison ?

Après l’éveil du cœur,  nous devons parler avec Hachem et lui exprimer avec des mots simples ce que nous ressentons. Si nous ressentons que nous n’arrivons pas encore à percevoir l’intensité du malheur, expliquons-Lui sincèrement : « Papa, cela m’est tellement difficile. Je ne comprends pas encore profondément la tristesse de ce jour, c’est pour cela que j’ai du mal à verser une larme. S’il te plaît Hachem, aide-moi à comprendre, je le veux sincèrement mais j’ai besoin de Ton aide, je n’y arrive pas seul, ouvre mon cœur ! » Si nous comprenons la gravité de ce jour, nous pouvons simplement exprimer notre tristesse sans équivoque : « Papa ! Tellement de temps qu’il n’y a plus de Beth Hamikdach. Je suis tellement triste, pour Toi, pour nous. Tu attends depuis tellement de temps, mais Ta maison n’est pas encore reconstruite. Je comprends combien cela doit-être difficile de ne pas avoir de maison. Moi-même, je ne peux même pas imaginer un seul jour sans un toit au-dessus de ma tête. Jusqu’à quand  Papa ? S’il te plaît… peut-être aujourd’hui ? » Nous pouvons ainsi continuer à épancher notre cœur face au Créateur et exprimer nos sentiments les plus profonds.

Pleurer en ce jour est certes important, mais ce n’est pas l’essentiel. Les larmes sont simplement un symbole qui découle de l’essentiel. L’essentiel étant, comme nous l’avons dit, l’expression et les sentiments du cœur. Le cœur doit parvenir à ressentir une véritable tristesse, un réel manque. Il faut que nous parvenions à comprendre avec notre intellect que notre réalité d’aujourd’hui est ô combien incomplète et qu’il nous reste encore un bon bout de chemin à faire avant la délivrance finale. Lorsque le cœur et l’intellect sont réunis dans la tristesse, nous pouvons alors savoir que nous vivons réellement la journée du 9 Av comme il se doit.

De plus, il existe aujourd’hui tellement de contenus, de cours, de conférences, et de vidéos sur le thème de cette journée, notamment sur le site Hidabroot, que nous pouvons aisément nous mettre en condition et ressentir la douleur de cette journée.

Pour finir, une dernière petite pensée. Un jour j’ai entendu la célèbre chanson d’Avraham Fried : « Maître du monde, je sais que le troisième Beth Hamikdach ne sera pas construit de pierres. Il sera construit de pleurs. Et si ce dont Tu as besoin ce n’est qu’une dernière petite larme, alors, prends la mienne ! Je t’en prie, Maître du monde, prends la mienne ! »

Je suis certain que les saintes larmes de nos parents, grands-parents et arrières grands-parents, ainsi que les larmes de tous les juifs du monde entier confondus, participent à la fabrication des ‘’nouvelles’’ pierres du troisième Beth Hamikdach !

Avez-vous vous aussi une larme à donner pour la reconstruction du Beth Hamikdach ? Et si nous arrivions à convaincre Hachem que notre larme est celle qui manque pour compléter l’édifice ?

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