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Chidoukhim – « Si l’on est prêt à faire des concessions à 30 ans, pourquoi ne pas le faire avant ? »

Bryna Chapira est une praticienne en thérapie émotionnelle peu conventionnelle, qui -entre autres – accompagne les mères et jeunes filles dans le processus des Chidoukhim. Comment gérer cette période délicate ? Comment atteindre le bonheur ? Un entretien riche en enseignements.

Bryna Shapira est mère de 14 enfants et grand-mère d’une grande tribu. Tout cela ne l’empêche pas de pratiquer et d’enseigner la thérapie émotionnelle avec une approche bien à elle.

Bryna affirme que la base d’un foyer sain et agréable tient dans la joie et la sérénité que la mère véhicule au sein de sa famille.

«Dans notre génération, explique-t-elle, «il existe tellement de méthodes et directives pour les parents, que cela en devient confus. Le plus important est de comprendre qu’en tant que mères, nous sommes capables d’offrir à nos enfants tout ce dont ils ont besoin et de la manière qui leur convient le mieux, même si cela ne correspond pas exactement à ce qui figure dans les livres de pédagogie. Une maman sait mieux que quiconque ce qui est bon pour son enfant.« 

« Plus encore, précise-t-elle, un enfant est capable de sentir l’amour qu’on lui porte, même si nous ne l’exprimons pas verbalement. Le simple fait de préparer une pizza spécialement pour lui, de lui acheter quelque chose qu’il aime ou encore de l’appeler pour lui demander comment se passe son séjour à la Yechiva, est une preuve tacite d’amour. Que vous soyez une maman câline – qui embrasse son enfant plusieurs (dizaines) de fois par jour – ou une maman moins expressive – qui préfère lui pincer la joue, ou lui ébouriffer les cheveux – soyez tranquille : vous êtes une bonne maman.« 

« Cessez de vous tourmenter pour Nahoumi, votre « enfant sandwich », car il n’a tout simplement pas conscience de ce statut. Ne soyez pas désolée de laisser Ouri tout seul à la maison, car il ne se sent ni malheureux, ni mal aimé. N’ayez pas de remords vis à vis de Tsivia parce qu’elle est la seule de ses amies à ne pas être allée à la mer. Cela vous étonnera peut-être, mais elle ne s’attend même pas à recevoir de compensation. L’une des règles d’or consiste à éviter à tout prix les comparaisons : ne vous mesurez pas aux autres mamans, et ne comparez pas vos enfants à ceux de vos proches et amies. C’est de cette manière que vous apprendrez à être fière de vous, et vous sentirez heureuse.« 

Renforcer son estime de soi


Choulamit, vingt-huit ans, est arrivée à la clinique de Bryna avec un visage abattu. «Dès le début de la conversation, elle m’a avoué avoir eu une enfance difficile. Cette période douloureuse l’avait tellement fragilisée, qu’arrivée à l’âge adulte, elle se sentait encore en danger. Elle était persuadée d’être vouée à souffrir tout au long de son existence et n’avait plus aucun espoir en l’avenir. J’ai essayé de la provoquer en lui demandant : « Ok, tu as eu une enfance difficile, et alors ? » Mais Choulamit n’a pas compris ma question : « Comment cela « et alors ? » J’ai subi le divorce de mes parents, j’ai vécu dans la misère, j’ai perdu des êtres chers… »

« C’est une erreur de penser que notre destin est une fatalité, précise encore Bryna. Même la réalité que nous percevons à travers nos cinq sens, est subjective. Nous pensons connaître la réalité de nos vies, mais nous avons tendance à oublier que tout est question d’interprétation.« 

« Choulamit, par exemple, est certaine d’avoir eu une enfance difficile et misérable, mais elle peut modifier sa perspective. Il suffit parfois de « changer de lunettes » pour percevoir la réalité d’une toute autre manière. Nous prendrons alors conscience que notre vision des choses est erronée et que ce que l’on considère comme réel n’est en fait que le fruit de notre imagination. »

Bryna parle souvent du stress comme d’un fléau générationnel. « La principale façon de surmonter la pression n’est pas de la combattre, mais d’essayer de se ressourcer, et se renforcer en faisant des choses qui nous rendent heureux. »

Mais alors comment faire ? Comment prendre soin de soi malgré les difficultés ?

« Certes, nul(le) ne peut échapper aux tâches ménagères. Il faut faire la vaisselle, repasser le linge, préparer le dîner… Nous n’avons pas le choix, du moins pas tout à fait. Car s’il nous est impossible de passer au travers de ces obligations, nous pouvons toutefois décider de l’ordre dans lequel nous les accomplirons. Ce pouvoir de décision – que l’on pourrait considérer comme minime – nous donne l’impression de maîtriser la situation et de percevoir les choses différemment. »

« Prenons pour exemple les préparatifs de Chabbat. Pour ma part, j’ai parfois l’impression de me trouver face à une montagne de tâches à accomplir. Plutôt que de céder au stress et à la panique, je décide d’abandonner certaines préparations : il n’y aura pas de gâteau à la crème ce Chabbat, juste un cake simple et rapide à réaliser. De cette manière, j’aurai le temps de faire une petite sieste avant l’entrée de Chabbat. Ces décisions m’appartiennent. Personne ne me forcera à faire ce que je ne veux pas ou ne peux pas faire.« 

«J’ai un autre conseil à vous donner : apprenez à vous auto-complimenter. Vous venez de préparer un délicieux poisson ? Tapotez-vous sur l’épaule et dites à haute voix: ‘Félicitations, ce saumon a l’air délicieux.’ Vous êtes en train de laver la vaisselle ? Arrêtez-vous un instant et félicitez-vous de tout cœur. Même si cela peut paraître amusant de prime abord, il est capital de s’entendre dire des éloges car le pouvoir des mots est immense. »

Bryna souligne qu’il est du devoir de chaque femme d’identifier les choses qui lui font du bien et qui l’aident à prendre soin d’elle. « Je connais de nombreuses femmes qui se refusent à dormir quand la maison est en désordre. C’est un mauvais calcul. Mieux vaut prendre un peu de temps pour se reposer quitte « à fermer les yeux » (dans les deux sens du terme) sur l’état de la maison, de manière à reprendre des forces et être bien plus efficace au réveil.

Changer d’approche

Bryna donne souvent des conférences sur le thème des Chidoukhim, et accompagne les mères et les filles qui se trouvent dans ce processus. «J’insiste toujours sur l’idée qu’une jeune fille cherche à se marier pour démarrer une nouvelle vie. Mais avant de trouver celui qui l’accompagnera tout au long de cette longue et belle aventure qu’est le mariage, il est important de se préparer à la vie de couple. Tout au long de ces rencontres, les jeunes filles apprennent à déterminer la place qu’elles occuperont en tant qu’épouse et mère, et à développer leurs capacités. »

Bryna a une approche très intéressante sur les Chidoukhim : « Evidemment, je ne cherche pas à interférer dans le plan divin », explique-t-elle, « mais au regard de mon expérience personnelle, je peux affirmer qu’une attitude adéquate peut favoriser la réussite d’un Chidoukh. Nous devons faire ce qui nous semble juste, sans tenir compte des « qu’en dira-t-on ».

Qu’est-ce que cela signifie ?

« N’est-il pas vrai que lorsque l’aînée de la maison âgée de 19 ans commence les Chidoukhim, nous cherchons pour elle un jeune homme exceptionnel ? » demande-t-elle. « Il doit être de bonne famille, être en mesure de subvenir aux besoins de son foyer, être beau intérieurement et extérieurement, avoir de bonnes Midot, être intelligent et sérieux dans l’étude… A quel moment commence-t-on à retirer quelques critères de cette liste ? Lorsque la jeune fille a déjà 22 ou 23 ans et que le processus semble plus long que prévu. ‘Bien, oublions la famille de renom, et peu importe s’il n’a pas d’argent. L’essentiel, c’est que ce soit un bon garçon.’ A l’âge de 26 ans, d’autres éléments disparaissent de cette liste, et à 30 ans, la plupart de ces critères n’existent plus et l’on est prêt à écouter des propositions que l’on avait refusées jusque là. De mon point vue, il n’y a aucune raison d’attendre d’avoir 30 ans pour comprendre qu’il faut faire des compromis et être souple. Lorsqu’une jeune fille a conscience que dans quelques années, elle sera prête à rencontrer le garçon qu’on lui propose, même si pour le moment il ne correspond pas au profil qu’elle recherche, ce serait une erreur de s’obstiner à ne pas le rencontrer. Car si à l’avenir elle est prête à faire des compromis, c’est un signe que ces choses ne sont pas fondamentales pour sa vie conjugale. Baroukh Hachem, mes enfants mariés (11 bli ain hara) ont épousé le premier garçon (ou fille) qu’ils ont rencontré. « Ils ont bénéficié d’une aide divine particulière et je remercie Hachem pour cela tous les jours. Mais nous avions cette aptitude à entendre toutes sortes de propositions, même si de prime abord, cela ne correspondait pas à ce que nous recherchions. Tant que cela ne remettait pas en question les points que nous jugions importants, nous n’excluions pas la proposition.

Cette approche a permis à de nombreuses jeunes filles de se marier, età de nombreuses femmes, de poser un nouveau regard sur la vie et à commencer à être enfin heureuse.

Mikhael Arieli, adaptation française Elisheva Uzan

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