Vayelekh

Vayelekh. « Sois fort et courageux » : Comment faire passer un message difficile ?

“Sois fort et courageux, car c’est toi qui amèneras les enfants d’Israël dans le pays que Je leur ai juré, et Je serai avec toi.” (Devarim 31;23)

Des ‘Hassidim se rendirent un jour chez leur Rebbé pour lui demander conseil. “Notre ville abrite plusieurs Synagogues, lui dirent-ils. Comment choisir celle dans laquelle il convient de prier ?”   

Le Rabbi répondit en citant un verset de la Parachat Choftim : “Les officiers continueront à parler au peuple et diront : quel est l’homme qui a peur et dont le coeur est faible ? Qu’il parte et s’en retourne vers sa maison, et qu’il ne fasse pas fondre le coeur de ses frères, comme son coeur.” (Devarim 20;8). « Lorsque les Bnei Israël devaient partir en guerre, expliqua le Rébbé, ceux qui craignaient pour leur vie n’étaient pas autorisés à entrer sur le champs de bataille. On redoutait en effet qu’ils ne transmettent leur peur à d’autres soldats, et qu’un vent de panique ne souffle sur l’armée entière. De par sa nature, l’homme a tendance à se laisser influencer par ce qu’il voit et entend. Lorsque l’on prie, il arrive que nous manquions de conviction et d’entrain. Dans ces moments là, il est important d’avoir près de soi un homme qui épanche son coeur devant Hachem avec ferveur et humilité pour nous montrer l’exemple et redonner force et vigueur à notre Tefila. Lorsque vous choisirez votre Beth Haknesset, assurez-vous qu’il y ait au moins un homme qui prie de cette manière.”  

Dans la Parachat Vayelekh, Moché Rabbenou intronise Yehochoua devant tout le peuple d’Israël: “Sois fort et courageux » lui dit-il, « car c’est toi qui viendras avec ce peuple dans le pays que Hachem a juré de donner à leurs ancêtres et c’est toi qui les en feras hériter”. (Devarim 31; 7). Pourtant, seize versets plus loin, Moché Rabbenou adresse de nouveau à Yehochoua, son successeur, des paroles de réconfort : “Sois fort et courageux, car c’est toi qui amèneras les enfants d’Israël dans le pays que Je leur ai juré, et Je serai avec toi.” (Devarim 31;23)

Moché Rabbenou semble se répéter. Pourquoi cette redondance ? Dans les versets situés entre ces deux encouragements, Hachem annonce à Moché que dans le futur, les Bnei Israël se détourneront de Lui et serviront des idoles. En conséquence, une série de malheurs s’abattra sur eux. Ce n’est qu’après avoir subi de douloureuses épreuves que les Bnei Israël se repentiront et se rapprocheront de leur Créateur. En entendant ces prophéties, Moché Rabbenou eut peur que Yechoua ne soit effrayé. Il jugea alors important et nécessaire de l’encourager à nouveau, afin de lui donner la force d’affronter les difficultés auxquelles il devrait faire face une fois qu’il serait à la tête du peuple d’Israël.

Tout au long de notre vie, nous connaissons des moments d’enthousiasme et d’élan vers Hachem, mais aussi des moments de faiblesse et de lassitude. Nous sommes moins volontaires et moins zélés dans notre manière de Le servir. C’est la raison pour laquelle le Rebbé conseilla à ses disciples de prier à proximité d’un juif pieux et zélé, sur lequel ils pourraient prendre exemple lorsqu’ils se sentiraient fatigués ou découragés.

Moché Rabbenou nous enseigne ici une leçon de vie : lorsque nous devons faire passer un message un peu « amer », prenons la peine de l’accompagner de paroles de ‘Hizouk, d’encouragement. Car ce n’est que de cette manière que nos reproches trouveront leur place dans le coeur de notre interlocuteur.

Rav Israël Adir, adaptation française Elisheva Uzan

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