Vaethanan

Vaethanan. Les fruits d’Erets-Israël – un tremplin vers D.ieu

« J’implorai l’Eternel » (Dévarim 3,23)

« Rabbi Samlaï commenta : Pour quelle raison Moché aspirait-il tant à entrer en Erets-Israël ? Avait-il donc besoin de manger de ses fruits ? Ou se repaître des bienfaits de la terre ? Moché tint en fait le raisonnement suivant : “De nombreuses mitsvot ordonnées au peuple d’Israël ne peuvent être réalisées qu’à l’intérieur d’Erets-Israël ; je veux entrer dans cette terre pour pouvoir les accomplir.“ » (Sota 14a)

 

La question par laquelle débute ce texte talmudique, souligne le Ktav Sofer dans son commentaire, manque de clarté : « Avait-il donc besoin de manger… ? » N’est-il pas plus correct de demander si Moché voulait manger de ces fruits ? En effet, si l’on peut envisager que Moché désirait manger des fruits de la terre, comment justifier qu’il ait eu le « besoin » d’en consommer ? Par ailleurs, il convient de noter dans ce texte une apparente redondance : « manger de ses fruits […] se repaître de ses bienfaits ». Que suggère cette répétition ?La réponse tient selon lui dans une thèse émise par Maïmonide, selon laquelle toutes les bénédictions que promet la Tora – parmi lesquelles la conquête de la Terre d’Israël – ont pour but de permettre notre épanouissement spirituel. Par leur réalisation, ces promesses nous offrent la possibilité de nous adonner pleinement au service divin, sans qu’aucune contrariété vienne nous en détourner. Autrement dit, toute ressource matérielle n’est qu’un moyen d’atteindre des objectifs spirituels.

Ceci nous éclairera sur le sens de la bénédiction « mé’ein chaloch », que nous prononçons notamment après la consommation d’un des sept fruits de la Terre d’Israël : « Béni sois-Tu […] pour la terre […] que Tu as donnée en héritage à nos pères, pour manger de son fruit et nous rassasier de ses bienfaits. » En mangeant des fruits d’Erets-Israël, nous sommes mieux disposés à nous élever spirituellement et à maîtriser les enseignements de la Tora, comme le dit un célèbre adage : « L’air d’Erets-Israël rend plus sage. » Nous aspirons donc à « manger de son fruit » pour avoir ainsi la possibilité de « nous rassasier de ses bienfaits » – c'est-à-dire du bienfait suprême dont il est dit : « Tu hériteras du bien dans le Monde futur. »Mais pour Moché, l’éminent maître de la prophétie, tous ces intermédiaires matériels étaient superflus : à son niveau, il pouvait atteindre la perfection spirituelle même en dehors d’Erets-Israël, sans avoir besoin de consommer ses fruits. Il n’avait besoin ni de la sainteté de la terre ni de son air vivifiant pour s’épanouir spirituellement. Totalement insensible aux contingences de ce bas monde, tous ces moyens matériels étaient pour lui superficiels.

Dès lors, la double question de la Guémara prend tout son sens : « Avait-il donc besoin de manger de ses fruits ? » – un homme tel que Moché avait-il besoin de manger des fruits de la terre pour « se repaître de ses bienfaits » – c'est-à-dire pour s’élever vers son Créateur ? A quoi la Guémara répond que Moché désirait entrer Erets-Israël pour y accomplir les mitsvot qui ne peuvent être réalisées qu’à l’intérieur de ses frontières, ce qui explique pourquoi il pria avec tant de ferveur.

Cet extrait est issu du livre « Lekah Tov » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation. Tous droits réservés.

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