Se raser pendant le Omer pour raison professionnelle.

01.05.19

Question

Question: Chalom, je suis vendeur dans un magasin qui se trouve à Neuilly, aussi j'ai l'habitude de laisser une barbe de 3 jours, et même sur cela mon patron m'a fait des remarques. Baroukh Achem, il a arrêté de me faire des remarques à ce sujet. Maintenant, que c'est le Omer et que je dois retourner travailler après les fêtes, je crains qu'il ne soit pas d'accord que je laisse la barbe jusqu'à Lag Baomer. Alors, je voulais savoir si c'est permis de se raser dans un cas pareil. Merci d'avance pour votre réponse.
 

Réponse

Réponse: Chalom, votre cas est très délicat, aussi avant de répondre précisément à votre question, revoyons ensemble quelques lois concernant les coutumes durant le Omer.

L'habitude est de se conduire comme lors d'une période de deuil, car à cette période ont péri les 24.000 élèves de Rabbi Akiva, parce qu'ils ne se sont pas montrer de respect l'un à l'autre, (Yébamot 62b). C'est pourquoi qu'à cette période là, on ne se marie pas, on n'écoute pas de musique ni on ne se coupe les cheveux et la barbe. Ainsi écrit le Choulh'an Aroukh, Orah' Haïm, 493. Le minhag, (coutume) des séfarades est de respecter ces restrictions jusqu'au trente-quatrième jour du Omer au matin. Le minhag des ashkénazes est différent, en général, ils font un arrêt le jour de Lag Baomer où ils permettent les mariages jusqu'à Rosh h'odesh ou jusqu'au 3 Sivan.

En ce qui concerne l'interdiction de se couper les cheveux et la barbe, l'origine de cette habitude provient des lois du deuil. Le Choulh'an Aroukh dans  Yoré Déa, 390, 1 écrit qu'il est interdit lors de la période de avélout, (deuil), de se couper aucun poils du corps. Cependant, le Radvaz n'est pas d'accord avec le Choulh'an Aroukh et pense que l'interdiction ne concerne que les cheveux. Il est certain que la halakha est comme le Choulh'an Aroukjh, mais, malgré tout, il arrive que l'on prenne l'avis du Radvaz en compte dans certains cas. De plus, le Radvaz ramène que l'on peut se couper les cheveux jusqu'à Roch H'odesh Iyar inclus. Il rajoute que l'on peut se raser chaque veille de Shabbat si l'on est gêné par la barbe. Il faut savoir que le Choulh'an Aroukh au simane 493, 3, ramène que l'habitude de se couper à Rosh H'odesh est une erreur. Malgré cela, le Choulh'an Gavoa, 493, 12 écrit qu'à Salonique, le minhag  de la plupart des gens est de se couper les cheveux à Rosh H'odesh. Bien que le Rabbi Téouda H'assid marque de ne pas se couper les cheveux à Rosh H'odesh, certains n'ont pas pris l'habitude comme lui et d'autres à cause de cela se coupent les cheveux seulement la veille.

En ce qui concerne se raser pour des raisons professionnelles, le Zéra Emet, 69 permet dans le cas où l'on doit rencontrer un personnage important pour des raisons diplomatiques. Cependant, il sera bon de faire une Atarat Nédarim, (annulation des vœux). De même, le Pith'é Tchouva, Yoré Déa, 390, 2 rapporte le H'amoudé Daniel qui permet de se raser dans certains cas même lors d'un deuil ou à H'ol Amoed et à plus forte raison pendant le Omer où l'interdiction n'est qu'un minhag. Aussi, le Igrot Moché, tome 4, 120 écrit clairement qu'il est permis de se raser si cela peut amener une perte financière et même pendant les 3 semaines entre le 17 tamouz et le 9 Av, car l'interdiction est à cause du minhag, et on n'a pas pris l'habitude si cela doit entraîner une perte. par contre, cela ne sera pas permis la semaine où tombe le 9 Av, car le deuil à cette période n'est pas simplement un minhag, mais une halakha. De même, le Yalkout Yossef, (nouvelle édition), simane 493, 25  permet en s'appuyant sur le Radvaz cité plus haut. Malgré tout, il sera préférable de se raser seulement la veille de shabbat pour que ce soit en l'honneur de shabbat et aussi le Rosh H'odesh puisqu'on a vu que beaucoup permettent de se raser la barbe ce jour. Toutefois, le Rav Eliachiv interdit de se raser même si cela doit entraîner une perte financière, (rapporté dans Dirchou, 493, 18). Il est à noter que même si le Choulh'an Aroukh, simane 53 que seule, une personne sans avérot, (fautes), peut être le h'azan (officiant), à la tfila, (prière). Quelqu'un qui se rase pendant le Omer pourra officier, car comme on a vu, il y a des cas où cela est permis. Néanmoins, s'il s'est coupé les cheveux, on ne le prendra pas en tant que h'azan.

En conclusion, si vous êtes dans une situation où on risque de vous licencier parce que vous laissez la barbe pendant le Omer, ou même si vous craignez d'être mal considéré par vos supérieurs à cause de cela, et donc d'encourir des pénalités financières, il est permis de se raser. Mais, si vous pouvez, il vaut mieux se raser une fois par semaine à, la veille de shabbat.
Alors, béatslah'a et kol touv!