Femmes

Mamans, vous aussi avez le droit de prendre du temps pour vous

Les enfants, ne m’appelez pas pour le moment, ne me demandez rien, et ne me racontez rien faites comme si j’étais sortie. Oubliez-moi, juste quelques instants…

Nous aimons nos enfants plus que tout au monde.

Personnellement, j’ai toujours rêvé d’être maman.

Il n’y a rien que je n’apprécie plus que de passer du temps avec mes enfants. Et je le leur dis souvent.

Il y a huit ans, mes enfants me firent asseoir sur le fauteuil et me demandèrent en choeur : « Maman, quel cadeau voudrais-tu pour ton anniversaire ? » Je me suis mise à réfléchir quelques minutes. Je ne voulais pas me tromper. J’ai froncé les sourcils, mordillé mon index, et tout à coup, la réponse m’est apparue à l’esprit, comme une évidence : « Ce que je désire plus tout, c’est vous ! »

Mes enfants se regardèrent, éclatèrent d’un petit rire satisfait et filèrent dans la chambre. Quelques minutes plus tard, ils revinrent au salon et me tendirent un cadeau qu’ils avaient pris soin d’emballer : c’était une photo de famille prise lors d’une Bar Mitsva.

Mon maquillage était désastreux, et ma perruque bien pire encore.

Parfois, avec un peu de recul, on se rend compte que l’on manque de goût et d’élégance.

Quoi qu’il en soit, je suis heureuse d’avoir trouvé cette réponse, car cela correspondait exactement à ce que je ressentais.

J’aime particulièrement m’occuper de mes enfants et de mon foyer : faire la vaisselle, préparer les repas… Au cours de la période de confinement que nous avons dû traverser à cause du Coronavirus, j’ai appris certaines choses que j’ignorais à mon sujet. Je me suis découvert, entre autres, un véritable talent pour le repassage et le ménage, chose que j’ignorais auparavant.

J’aime rester à la maison, au point de craindre le retour à la routine. Cela me donne l’impression de devoir sortir tout à coup au soleil, après être restée dans une espèce d’obscurité apaisante. Il faut que mes yeux, que mon esprit, s’habituent à nouveau à cette lumière intense.

De nombreuses études psychologiques prouvent que le bonheur est intimement lié à notre capacité à faire face aux émotions que générent en nous les diverses situations auxquelles la vie nous confronte.

Une célèbre expression américaine dit : « don’t ima me »

Essayons de la traduire à notre manière : Les enfants, ne m’appelez pas pour le moment, ne me demandez rien, et ne me racontez rien. Faites comme si j’étais sortie. Ne me posez aucune question, ne me dites pas que vous avez faim, ne me demandez pas de vous apporter un verre d’eau, ne mettez pas le haut parleur lorsque vous étudiez par téléphone près de moi, ne me sollicitez pas pendant ces quelques minutes,

accordez- moi un peu de tranquillité, j’ai besoin de silence.

Faites comme si je n’étais pas là, d’accord ?

Comme mes enfants ne semblaient pas vouloir coopérer, je suis sortie me promener.

En cette période compliquée, nous avons toutes besoin de quelques moments de solitude.

Lorsque mes filles dorment encore et que mes garçons sont à la Tefila, c’est un pur moment de détente pour moi.

Je m’installe confortablement sur le fauteuil et je lis un bon livre en sirotant un café. Quel bonheur !

Mais dès que j’entends leurs pas dans les escaliers, je lâche mon livre et bondit de mon fauteuil. Hier, par exemple, lorsque j’ai entendu la clé tourner dans la serrure, je me suis levée d’un bond, j’ai attrapé le balai qui se trouvait là et je me suis mise à balayer frénétiquement le salon, pour qu’en entrant ils me voient affairée au ménage. A l’intérieur de moi, je riais. Et quoi ? N’ai-je pas droit moi aussi, à un peu de détente ?

Il y a de cela vingt-cinq ans, j’ai expliqué à mon mari, que « j’ai parfois besoin de prendre du temps pour moi. » Il y a vingt ans (oui, ça a pris un peu de temps…), mon mari m’a répondu en plaisantant : « Tu as besoin de temps pour toi ? Prends-le ! Je te connais suffisamment pour dire que ce n’est pas si génial d’être avec toi. »

Efrat Barzel, adaptation française Elisheva Uzan

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