Faire Téfilat Adérékh pendant chabbat.

22.07.19

Question

Question : Chalom, je suis médecin dans un grand hôpital en France. Peu de gens s'y connaissent dans ma spécialité. Aussi, baroukh Achem, j'ai une bonne parnassa et j'ai la chance de pouvoir sauver des vies grâce à mon "savoir-faire". Je sais que tout vient d'Achem, et ces connaissances médicales que j'ai pu approfondir, je sais que c'est un cadeau d'Achem et cela m'a permis à renforcer ma pratique de la Torah. Aussi, il m'arrive d'être appelé d'urgence le chabbat et je me déplace, puisque c'est une question de sauver des vies. Toutefois, je suis quelquefois appelé à me déplacer en avion. Cela est arrivé aussi chabbat, alors je voulais savoir si je dois faire la téfilat adérekh ou pas ? Merci pour votre réponse et tizcou lamitsvote !
 

Réponse

Réponse : Chalom ouvrakha, votre question est forte intéressante, mais votre conduite et votre façon de pensée sont une leçon de morale pour nous tous, qu'Achem vous accompagne dans toutes vos actions, Amen ! 
En ce qui concerne votre question, il convient d'y répondre, béézrat Achem, tout d'abord en définissant quels sont les problèmes qu'ils pourraient avoir.

Le Tour (siman 188) écrit au nom du Yérouchalmi qu'on n'a pas le droit de faire des demandes personnelles pendant chabbat. La raison est pour ne pas qu'on en vienne à s'inquiéter de ses affaires et ainsi troubler l'ambiance du chabbat. Aussi le Yérouchalmi rapporte que Rabbi Zéra a demandé à Rabbi H'iya bar Abba est-ce qu'on peut dire dans le birkat amazon :"avinou, réénou, zounénou", (Notre Père, Notre Berger, Celui qui nous nourrit). En effet, c'est une sorte de demande qu'Achem continue à nous nourrir. Il lui répondit que c'est permis car c'est la formulation normale de la bénédiction. On voit donc qu'on a le droit de prononcer des demandes si elles apparaissent dan la formulation normale de la brakha.

 Le Bétsel Ah'okhma définit que seulement ce qu'il est interdit de se préoccuper pendant chabbat, il est interdit de faire des demandes. C'est-à-dire qu'il n'est pas permis de faire des demandes concernant son travail. Par contre il est permis lorsqu'on va visiter un malade de prier pour lui, simplement, on changera de la formule habituelle. Au lieu de dire : "réfoua chéléma", (guérison complète), on dira : "chabbat hi miliz'ok, réfoua kérova lavo", (que le chabbat prie, et qu'ainsi la guérison soit prête à venir). Le Rav explique que les choses qui sont interdites d'être faites pendant chabbat, on n'a pas le droit non plus de les évoquer dans nos prières. Aussi, soigner un malade, s'il n'est pas gravement atteint jusqu'à en être alité, on n'a pas le droit de lui donner un médicament. Les H'akhamim ont institué cela de peur qu'on en vienne à fabriquer le remède, et qu'on transgresse chabbat en venant à piler ou moudre des herbes, (michoum ch'hikat samémanim). C'est pour cela qu'ils nous ont interdit également de prier pour un malade. Toutefois, pour une chose qui est permise chabbat, il sera autorisé de prier pour sa réussite. C'est pour cela que pour un souffrant en danger, pour lequel il est permis de s'occuper pendant chabbat en lui donnant des médicaments , il sera aussi permis de prier pour lui. D'ailleurs, c'est ainsi que le Choulh'an Aroukh (288, 10) tranche la halakha. Cela veut dire, que dès qu'un malade est alité à cause de sa souffrance, il sera permis de prier pour lui, puisqu'il est aussi permis de le soigner, comme l'indique le Choulh'an Aroukh (siman 328). Donc, dans votre cas puisque vous avez le droit de prendre l'avion, vous pourrez donc faire la téfilat adérekh.

Une autre raison a été invoquée, pourquoi on ne peut faire de demandes personnelles le chabbat. C'est parce qu'il a la possibilité de faire cette demande après chabbat. C'est pour cela qu'on ne pourra pas faire de prières concernant la parnassa (sa pitance), étant donné que c'est possible de le faire après. Par contre, les choses urgentes qui ne peuvent attendre le lendemain, il sera permis de prier pour elles. C'est une autre raison pour laquelle il est permis de prier pour les malades en danger. Le Méiri écrit que c'est pour cela qu'au chabbat de Roch Achana et chabbat chouva, certains ont l'habitude de réciter les "avinou malkénou" où il y a également des sollicitations , bien que c'est interdit de faire des demandes pendant chabbat. En fait, c'est parce que c'est le moment d'intervenir pour faire ces requêtes pendant les 10 jours de pénitence. On voit donc que ce qui ne peut être fait après chabbat, ou même qui ne peut avoir autant d'impact, on pourra le demander pendant chabbat. A plus forte raison dans votre cas qu'il n'y aura pas de problème de faire la téfilat adérekh.

En conclusion, celui qui doit voyager pendant chabbat, pour une raison qui repousse la sainteté du chabbat, comme par exemple pour un cas de danger ou un médecin qui est obligé de travailler pour sauver des vies pourra réciter la téfilat adérekh; il pourra aussi prier pour son patient et pour que son intervention réussisse, béézrat Achem.
Béatslah'a et qu'Achem vous aide dans tout ce que vous faîtes !