Écouter un chiour avant birkot atorah.

08.07.19

Question

Question : Chalom, tous les matins je fais chah'arit avec minian à la synagogue baroukh Achem. Seulement, la synagogue est très éloignée de là où j'habite. Aussi, j'y vais en voiture. Sur le chemin, qui prend 10 minutes, j'en profite pour écouter des cours de Torah. Dix minutes de Torah, c'est toujours ça de gagner ! Seulement, il m'arrive quelquefois de partir sans faire les birkot achah'ar, et sans avoir dit la birkat atorah, pour pouvoir arriver à l'heure à la synagogue. Je voulais savoir si j'ai le droit d'écouter de la Torah sans avoir fait la birkat atorah. Merci d'avance pour votre réponse !
 

Réponse

Réponse : Chalom ouvrakha, votre question est très intéressante et il convient d'y répondre d'une façon intégrale. Aussi, nous allons essayer béézrat Achem, de voir si l'on peut écrire des divré torah avant de dire les birkot atorah. Puis, béézrat Achem, nous essaierons de répondre à votre question.

Le Choulh'an Aroukh (Orah' H'aïm, 47, 3) écrit que celui qui écrit des enseignements de Torah se doit de réciter auparavant les birkot atorah, même s'il ne parle pas. Le Maguen Avraam (séif katan 1) rajoute que l'on parle d'une personne qui écrit en étudiant, et donc qu'il comprend ce qu'il écrit. Par contre, un soffer (qui écrit des sifré torah), qui recopie sans essayer de comprendre, lui, n'aura pas besoin de les dire, car ce n'est pas considéré comme de l'étude de la Torah. Le Taz (séif katan 2) pense qu'il ne sera pas nécessaire pour un soffer de prononcer les birkot atorah, s'il écrit pour gagner de l'argent. Le Biour Halakha ramène que s'il énonce les mots qu'il écrit, il faudra être plus rigoureux et dire les brakhot, en les faisant suivre par la birkat cohanim, comme d'habitude.

La question concernant le fait de penser à des divré torah avant de réciter ses birkot atorah, dépend de savoir si on considère la pensée au même niveau que la parole. Le Choulh'an Aroukh (séif 4) écrit que celui qui pense à des divré torah n'a pas besoin de dire les birkot atorah et ainsi pensent la plupart des décisionnaires contemporains. Comment expliquer la différence entre penser et écrire ? D'après le Lévouch, l'écriture est une pensée accompagnée d'une action, c'est pour cela qu'elle peut être assimilée à la parole, et qu'elle nécessite donc de faire les birkot atorah avant. Le Hayé Adam (klal 9, 11) écrit que la différence, c'est que l'habitude du soffer est de faire sortir les mots de sa bouche quand il écrit, c'est pour cela qu'il ne peut écrire avant d'avoir récité ses brakhot. Les décisionnaires contemporains, dans leur grande majorité (Michna Broura séif katan 4, Kaf Ah'aïm 5, Yabia Omer, tome 4, Orah' H'aïm, 8, 23), sont d'accord pour dire qu'écrire est considéré comme penser. Cependant, il est évident qu'il faut faire ses brakhot avant, comme l'a écrit le Choulh'an Aroukh, mais il sera préférable de réciter les brakhot suivies de la birkat cohanim ou de dire les mots qu'il écrit.

Toutefois, le Gaon de Vilna (séif katan 3) demande pourquoi ne devrait-on pas faire les birkot atorah sur le fait de penser
à des divré torah. En effet,  la brakha est sur la mitsva d'étudier, et penser à de la torah est aussi une mitsva, comme il est marqué : "et vous penserez à la Torah le jour et la nuit", (Yéochoua, 1, 8). Le Binian Olam va plus loin et pense qu'on n'aura pas le droit d'après cela, de penser à des divré torah en plein milieu des brakhot du chéma, en attendant le H'azan, car cela serait considéré comme s'il avait parlé. Cela est contraire à ce que dit le Rama (68, 1) puisqu'il juge que cela n'est pas une interruption. Aussi, le Biour Halakha a une autre explication sur le Gaon. D'après lui, même selon le Gaon la pensée n'est pas comme parler, mais uniquement par rapport aux birkot atorah, elles ont été instituées sur la mitsva de l'étude de la Torah, et penser fait partie également de cette mitsva. Selon le Michna Broura, il semble qu'il partage l'avis du Gaon et qu'il faut faire attention de ne pas penser à des divré torah avant les brakhot. Le Yabia Omer (t.4, 8, 21) fait la différence entre une simple pensée de Torah qui ne nécessite pas de brakha et une étude dans un livre, où il conviendra de les réciter. Dans tous les cas, le Michna Broura note que même selon le Gaon, pour accomplir une mitsva, il ne sera pas la peine de faire les birkot atorah.

En conclusion, celui qui écoute des divré torah, il est préférable d'après tout le monde de réciter les birkot atorah auparavant, car selon le Gaon, la mitsva a été instituée sur la mitsva d'étudier. Après les birkot atorah, on dira la birkat cohanim, pour être acquitté d'après toutes les opinions, (Kaf Ah'aïm, 47, 8, Yabia Omer, t.4, 8, 20). Le Ben Ich H'aï, (Vayéchev, 12) pense qu'il n'est pas permis d'écouter des paroles de Torah sans dire les brakhot.
Béatslah'a !