Se lever en l'honneur d'une personne âgée au milieu de la prière.

26.06.19

Question

Question : Bonsoir, je prie, baroukh Achem, toujours dans la même synagogue et je m'assois toujours à la même place. Le problème c'est que ma place est à l'arrière et dernièrement, il y a un fidèle qui arrive presque tous les jours en retard. Ce fidèle est une personne âgée et normalement je dois me lever en son honneur. Mais quand il arrive, nous sommes des fois en plein kriat chéma et cela me dérange beaucoup dans ma prière. Je ne sais pas si j'ai raison de penser comme ça. Aussi, je voudrais savoir si je dois vraiment me lever, quand il passe devant moi ? Merci de me répondre rapidement, s'il vous plaît.
 

Réponse

Réponse : Chalom ouvrakha, tout d'abord, je tiens à vous féliciter sur le fait que vous faîtes partie des gens qui ont fixé un endroit et même une place pour prier. Comme le dit la guémara dans le traité de Brakhot 6b que celui qui fixe un endroit pour faire sa téfila, le D… d'Avraam lui vient en aide.

En ce qui concerne votre question, le Tsits Eliézer (tome 14, 10), écrit que cela dépend dans quel endroit on se trouve dans la prière. Il est certain que si on est au milieu des Psouké Dézimra (entre Baroukh Chéamar et Ychtabah'), on pourra se lever. En effet, l'obligation de se lever devant une personne âgée (de plus de 70 ans selon la halakha, d'après la Kabala de plus de 60 ans) ou d'un Talmid h'akham est un devoir de la Torah. Comme il est dit dans la parachat Kédochim (19, 32), tu te lèveras devant une personne âgée, on voit bien que c'est une obligation de la Torah. Par contre, faire les des Psouké Dézimra n'est que d'ordre rabbinique, et donc cela est repoussé, et il faut se lever. Dans le cas, où on se trouve dans le Chéma, la halakha sera différente, puisque là, on est obligé de dire la Chéma, par un ordre de la Torah. Si un vieillard passe devant nous, quand on est dans le Chéma, il ne faudra pas se lever. Ceci n'est pas lié à la permission émise dans le Choulh'an Aroukh (Orah' H'aïm, 66), que celui à qui on dit bonjour, en plein Chéma, a le droit de répondre, si celui qui lui a dit, est un homme respectable. Ne pas lui répondre, serait lui faire un affront, ce qui n'est pas le cas, lorsqu'on ne se lève pas devant quelqu'un. Car se lever est une obligation de la Torah, et c'est elle qui nous prescrit que celui qui est occupé à accomplir une mitsva (le Chéma) est dispensé des autres mitsvot (se lever).

Cependant, le Yalkout Yossef (siman 51, 6-8), écrit de se lever même pendant le Chéma en s'appuyant sur le H'ida dans le Birké Yossef (Yoré Déa, 244, 1), que ce n'est pas un manque de respect que d s'interrompre pour se lever. Se lever en l'honneur d'un vieillard ou d'un Talmid h'akham cela agrandit la gloire d'Achem, puisqu'on accomplit Ses mitsvot. De plus, il pense qu'on se doit de faire une mitsva même si on est occupée avec une autre, à partir du moment où on peut accomplir les 2.

En ce qui concerne le premier verset du Chéma, est-ce qu'on peut se lever ou pas ? Ou même entre le Chéma et "Baroukh Chem kévod…" ? Il faut savoir que ce sont des endroits qui sont au même niveau que la Amida et il ne faudra pas s'interrompre (Tsits Eliezer). Toutefois, il convient de différencier si au moment où on récite le Chéma, on est dans le temps ou pas. Effectivement, si on est avant la tombée de la nuit, on est pas acquitté du Chéma seulement si on le récite à la nuit, alors il sera permis de se lever même au premier verset, car on n'accomplit pas la mitsva de la Torah, on ne peut être dispensé de faire la mitsva de se lever.

Le Halikhot Olam (tome 2, p. 59) écrit que ce qui est interdit pendant la Amida, c'est de parler, mais si on doit faire un geste nécessaire, comme ramasser un sidour qui est tombé par terre, si cela dérange à se concentrer dans la Tfila, cela est permis. C'est pour cela qu'il permet de se lever pour le premier verset du Chéma et pendant le Birkat Amazon.
Enfin, il est à noter que le Yalkout Yossef rapporte qu'un enfant ne dira pas bonjour même à son père, car de toute façon, de nos jours, personne ne se formalise de ce qu'on ne lui réponde pas au milieu de la Tfila. Malgré cela, si le père n'est OAS religieux et qu'il risquerait de ne pas comprendre qu'on ne lui répond pas car on est en pleine Tfila on reviendra alors à ce qui est marqué dans le Choulh'an Aroukh, c'est-à-dire de répondre à toute personne respectable.

En conclusion, vous êtes tenu de vous lever devant cette personne âgée car c'est une mitsva de la Torah. Toutefois, vous en êtes dispensé pour le premier verset du Chéma. Aussi, vous pouvez vous appuyer sur l'avis duTsits Eliézer, si vous en êtes au milieu du Chéma à condition que vous soyez dans un moment où le Chéma est d'après la Tora (par exemple après les 3 étoiles ou le matin jusqu'à la 3ème heure du jour).
Si par contre, cet homme vous salut, vous n'avez pas à lui répondre.
Béatslah'a et kol touv !