Celui qui a promis de faire un don au Bet Amikdach.

19.06.19

Question

Question : Bonsoir, tout d'abord, je voulais vous remercier pour vos réponses intéressantes et qui sont développées d'une façon large et claire, baroukh Achem. Aussi, nous avons eu dernièrement une question avec notre fils. Il a baroukh Achem 12 ans et demi, et il va dans une école religieuse et orthodoxe. Il est excellent en kodech et dernièrement il devait avoir une grande interrogation en guémara. Il l'a réussie et il a eu 20/20. Le problème, c'est qu'il avait promis, auparavant, que s'il réussissait à cette interrogation, il donnerait 50 € au….Bet Amikdach ! On voulait donc savoir ce qu'il devait faire.
 

Réponse

Réponse : Chalom ouvrakha, merci pour vos compliments et qu'Achem continue de vous combler avec votre fils et tous vos enfants, dans la santé et dans la joie, Amen !

Votre question est extrêmement intéressante et il convient d'y répondre avec détails et par étapes. En fait, votre question en cache une 2ème. A savoir est-ce que le vœu de votre fils est valide, en sachant qu'il n'est pas encore bar-mitsva. De plus, il faut savoir ce que dit la halakha sur les dons faits au Temple aujourd'hui, qu'il est détruit.
En ce qui concerne, notre 1ère question, le Choulh'an Aroukh, Yoré Déa, 233, 1 écrit qu'un garçon, à partir de l'âge de 12 ans et 1 jour, et une fille depuis l'âge de 11 ans et 1 jour, s'ils savent au Nom de Qui ils ont fait vœu ou jurer, leurs serments sont valables et ils sont obligés de s'y soumettre. Si par contre, ils ne savent pas, leur vœu n'est pas valable, et on vérifie, s'ils savent ou pas. Moins de 12 ans pour un garçon, et à moins que 11 ans pour une fille, leur serment est nul, et ils ne sont pas astreint d'appliquer ce qu'ils ont promis. Le Rama, rajoute qu'on les réprimande, afin qu'ils n'apprennent pas à faire des vœux, et si c'est quelque chose de facile à mettre en pratique, on les y oblige, pour qu'ils ne viennent pas à prendre l'habitude de jurer. Après la bar-mitsva pour un garçon, ou la bat-mitsva pour les filles, même s'ils ne comprennent pas la portée de leurs paroles, il faudra accomplir le vœu dans tous ses détails. Il en ressort clairement, que le vœu de votre fils est valable, puisqu'il a dépassé les 12 ans, et qu'il sait au Nom de Qui, il a fait son héder, (vœu).
En ce qui concerne notre 2nde question, c'est-à-dire                                                                                                                                                                       de savoir ce que dit la halakha sur les dons faits au Bet Amikdach, voyons ce qu'écrit le Rambam hilkhot erkhin véh'aramin, 8, 8. Celui qui fait un don au Bet Amikdach à notre époque, si ce sont des fruits, des habits ou des objets, il devra les laisser, jusqu'à qu'ils moisissent, et si ce sont des pièces de monnaies ou des objets en acier, il les jettera dans la mer. Le Raavad rajoute, qu'il peut également faire passer la kdoucha, (sainteté), sur une Prouta, (monnaie ayant une valeur minimale d'environ 10 agourot, 2.5 cents d'euro). Il faudra ensuite jeter cette Prouta dans la mer. Tout cela a été institué de peur qu'on laisse de coté ces objets ou cet argent offerts au Bet Amikdach, puisqu'il est interdit d'en profiter. Jusqu'au jour, où il risque d'oublier le statut de ces objets et qu'il en profite, transgressant ainsi l'interdit de profiter de ce qui appartient au Temple.
Il existe une 2ème solution, c'est d'aller voir un h'akham connaissant les halakhot des nédarim, pour qu'il annule le vœu de votre fils accompagné de 2 autres talmidé h'akhamim. Cependant, on n'annule pas en général, les vœux pour la tsédaka, comme l'écrit le Choulh'an Aroukh, 258, 6, et si l'argent est arrivé dans les mains du Gabbaï, on ne peut l'annuler. Dans votre cas, il est fort probable que l'argent est considéré comme déjà rentré dans la propriété du hekdèch, (le Temple), puisque la propriété d'Achem se trouve partout, c'est donc comme si c'était déjà dans la "main du gabbaï". C'est pour cela qu'il sera préférable d'adopter la 1ère solution.

Le Rav Zilberstein dans le H'achouké H'émed sur Avoda Zara 63 b, rapporte une histoire concernant une dame qui a décédé en laissant à ses héritiers un testament où il était marqué, qu'elle désirait laisser l'argent en espèces qui lui reste au Bet Amikdach. Les héritiers seraient partis voir Rav Eliachiv pour qu'il les conseille. En effet, d'après le Rambam cité plus haut, il faudrait tout jeter en mer. Il leur a recommandé d'aller voir un employé à la banque centrale et de lui demander s'il peut brûler ces "billets sacrés", en lui racontant toute l'histoire, et qu'il leur donne d'autres à la place. Il explique que bien que d'une manière indirecte, ils profitent de cet argent interdit, d'après le Bet Chéarim, on a le droit de se conduire ainsi. En effet, il faut distinguer l'interdiction de profiter d'un aliment interdit comme du h'amets ou du lait et de la viande cuits ensemble et des biens appartenant                                                              au Temple. Le H'amets, il est interdit d'en profiter même d'une façon indirecte, comme celui qui travaille à chercher des clients pour un vendeur de vin non cachère, et de gagner des pourcentages, ceci est strictement interdit. Par contre, ce qui appartient au Bet Amikdach, l'interdiction porte sur le fait de ne pas l'utiliser et d'en profiter directement, venir à en profiter indirectement est permis.

En conclusion, il convient, d'abord, d'expliquer à votre enfant de ne pas faire des nédarim. Ensuite, de l'amener à faire passer la kdoucha des 50 € sur une pièce de 5   ou 10 cents et de la jeter à la mer.
De bonnes nouvelles et béatslah'a !
(Yom 5, 10 Sivan, 5779).