Birkat agomel pour celui qui prend un bateau.

12.06.19

Question

Question : Bonjour, nous devons béézrat Achem partir mon épouse et moi en croisière, dans un paquebot sur la Méditerranée. Aussi, j'aurais voulu savoir si je dois faire le gomel à chaque escale ou alors seulement en revenant. Merci, pour vos réponses, tizcou lémitsvote !
 

Réponse

Réponse : votre question est vraiment très intéressante, aussi je vous propose de revoir ensemble quelques halakhot concernant le gomel.

Le Choulh'an Aroukh, Orah' H'aïm, 219, 1 écrit que 4 personnes se doivent de faire la bénédiction du gomel. Celui qui part en mer quand il arrive à terre, celui qui traverse le désert lorsqu'il arrive dans un endroit habité, celui qui a été alité suite à une maladie et qu'il en a guérie et celui qui a été emprisonné et qu'il en est sortie. Le Ben Ich H'aï, parachat Ekev explique que dans ces 4 cas l'homme a tendance a pensé qu'il s'en est sortie grâce à des moyens naturels. C'est ainsi que le malade risque de croire que ce sont les médicaments ou les médecins qui s'y connaissent, qui l'ont sauvé. Le captif peut s'imaginer que ce sont les moyens qu'il a utilisé, pots-de-vin, ou l'appui de personnages importants, qui l'ont sorti de prison. De même, ceux qui voyagent en mer ou dans le désert prennent leur précaution de prendre un moyen de locomotion adéquate et suffisamment résistant pour arriver à bon port. Sur ces 4 choses où l'homme risque d'oublier Achem, là-dessus les Aneché Knesset Agdola, ont institué spécialement de faire le gomel. La bénédiction du gomel signifie qu'Achem fait du bien à tout le monde, même à ceux qui ne le méritent pas, et même à moi, qui ne suis pas apte à recevoir les bontés d'Achem.

De plus, comme le dit le Choulh'an Aroukh au séif 3, il faut dire cette bénédiction devant une assemblée de 10 personnes, un Minian , et que 2 d'entre eux soient des Talmidé H'akhamim. Cette dernière condition n'est pas obligatoire, mais c'est préférable. Celui qui fait le gomel compte dans les 10. De plus, on a l'habitude de réciter cette brakha quand il y a le séfer torah car, alors il y a minian, et souvent il se trouve des talmidé h'akhamim. On doit dire la brakha dans les 3 jours qui suivent la fin de l'évènement qui a causé la brakha, (séif 6). Donc, dès qu'il arrive à destination, il dira la brakha le jour où on lit le séfer torah, jusqu'au 3ème jour. S'il ne l'a pas fait, il pourra la réciter, quand même, tant qu'il se rappelle de l'évènement, sinon, il se fera acquitté par quelqu'un d'autre. (H'azon Ovadia, brakhot, p. 356 et 358).

Il est clair que l'on est obligé de la dire même s'il ne s'est rien passé de dangereux, baroukh Achem. Comme on l'a dit plus haut, cette brakha a été instituée afin que l'on se rende compte que c'est Achem qui nous a protégé tout au long, et qu'Il nous a protégés de tous dangers.

En ce qui concerne de savoir s'il faut la faire à chaque escale ou seulement une fois rentré, le Michna Broura, simane 219, 1 écrit qu'on ne doit la dire seulement une fois arrivé à destination finale. Quand il y a des escales de 1 ou 2 jours, il n'y a pas besoin non plus de la dire, car le danger n'est pas totalement écarté. S'il vient à rester plus que 2 jours, dans le Chaar Atsioune, 1, il rapporte que le Olat Atamid s'interroge s'il faut la dire, mais il semble que le Chaar Atsioune est d'accord avec le Eliahou Rabba qui tranche de ne pas le dire. Le Halikhot Chlomo, 23, 4 pense que même si on ne reste qu'1 jour, il faut la dire. Le H'azon Ovadia p. 369 distingue entre un voyage qui est un moyen d'arriver à une destination prévue et une tournée où chaque station a sa propre importance. Il donne l'exemple de ceux qui ramassent de l'argent dans différentes kéhilot et qui y restent quelques jours, (cf. la note p.555), où il convient de faire à chaque fois le gomel. Il s'appuie sur le Sdé H'émed qui a demandé au Rav Yaakov Aboulafia, lors d'un voyage qu'il faisait pour pèleriner sur les tombes des tsadikim, quand est-ce qu'il devait faire le gomel ? Il lui a répondu que celui qui pèlerine chaque arrêt représente une destination pour lui, et il faut à chaque fois refaire la brakha.          

En conclusion, lors d'une croisière en bateau, il semblera donc, également que chaque escale représente une destination en elle-même, et si on y reste 3 jours, il conviendra de refaire la brakha. Si on y reste 1 ou 2 jours, il sera préférable de se faire acquitté par quelqu'un d'autre. Si par contre, le voyage en bateau n'est qu'un moyen d'arriver à une destination finale, même si entre temps, on s'arrête à des escales pendant 3 jours ou plus, on ne dira le gomel qu'en arrivant à destination.
(Yom 3, 8 Sivan, 5779).