Les raisons de la coutume de manger des laitages à Chavouot

12.06.19

Question

Question : Bonjour, je voudrais savoir d'où provient l'habitude de consommer des laitages le jour de Chavouot.
 

Réponse

Réponse : Chalom, vous posez une question intéressante. Aussi, nous allons essayer de ramener plusieurs réponses, béézrat Achem.
  1. Le Rama, 494, 3 écrit que c'est pareil aux 2 plats que l'on amène le soir du séder, en souvenir du sacrifice de Pessah', et celui du h'aguiga. De même, on mange des laitages et après de la viande, et on apporte 2 pains à table, en rappel aux 2 pains offerts au Bet Amikdach à Chavouot.
  2. Le Maguen Avraam écrit que pendant les 7 semaines du Omer, nous sommes en période de purification, comme la nidda dont le sang s'arrête pour devenir du lait lorsqu'elle allaite.
  3. Le Pri H'adach, dit que ça provient de ce que la Torah est comparée à du lait et à du miel. Comme il est dit dans Chir Achirim, 4, 11 : "le miel et le lait sont sous ta langue".
  4. Le Tséda Ladérekh, (4, 4, 1), ramène qu'il faut faire une séouda, quand on vient à terminer de faire une mitsva, comme il est ramené dans le Choulh'an Aroukh, Yoré Déa, 246. A Chavouot, on fait une séouda de lait pour fêter la conclusion de la mitsva du Omer. Si on l'avait fait avec de la viande, on n'aurait pas remarqué la différence, et on aurait cru que c'est en l'honneur du Yom Tov, c'est pourquoi, on le fait avec du lait.
  5. Le H'atam Soffer dans le Torat Moché rapporte le Rokéah', qu'il est écrit pour le sacrifice de Chavouot, dans parachat Pinh'as : "minh'a h'adacha lAchem béchavouotékhem", c'est-à-dire : "'quand vous amènerez une nouvelle offrande à votre fête de Chavouot", les initiales des 3 derniers mots sont "h'alav", le lait.
  6. D'autres rapportent que c'est du fait que le Mont Sinaï, est surnommé dans les Téhilim :"har gavnounim", qui signifie qu'il avait comme des bosses. Mais cela veut dire aussi, fromage, (gvina).
  7. Il y en a qui disent que c'est parce que le mot "h'alav", (lait), a une valeur numérique de 40, en rappel des 40 jours que Moché Rabbénou est resté au Mont Sinaï, après le don de la Torah et que "dvach, h'alav, kimha dismida", miel, lait, fleur de farine, ont pour valeur numérique 614, pour les 613 mitsvot et le 1 en plus, pour montrer qu'il faut s'en rassasier. C'est pour cela que certains ont la coutume de manger des gâteaux au miel également.
  8. D'autres disent qu'après le don de la Torah, ils devaient faire le kiddouch sur du vin, mais ils ne pouvaient pas car ils y avaient touché avant, et l'ont rendu néssékh, interdit, car auparavant, ils n'étaient pas encore juifs. Ils ne pouvaient plus que faire le kidouch que sur du lait.
  9. Aussi, certains rapportent, que c'est ce jour là que Moché Rabbénou a été jeté dans le Nil, étant bébé, et que Batia, la fille de Pharaon l'a sauvé. Donc, c'est aussi ce jour là que Batia a cherché une femme pour l'allaiter et lui ne voulait pas, jusqu'à que sa mère, Yokhéved lui a donné.
  10. Le Michna Broura, (494, 12), explique qu'avant le don de la Torah, les bné Israël pouvaient consommer la viande sans faire de chéh'ita, (l'abatage rituel), et donc en revenant chez eux, après le Matane Torah, ils ont trouvé leurs marmites qui avaient en elles du goût de viande interdites, et c'était chabbat et donc impossible de faire la chéh'ita, ils ne pouvaient donc que prendre des laitages.
  11. Le Bet Alévy, (yitro), explique que c'est parce que c'est à Chavouot, que Moché a vaincu les anges en leur démontrant que la Torah ne peut pas leur appartenir, car ils n'ont pas de corps, et donc, ils ne peuvent accomplir une grande partie des mitsvots qui sont corporelles , de même, nous aussi, nous mangeons du lait, en faisant attention de ne pas le mélanger avec de la viande, chose qui ne peut être faite par les anges.
  12. Le Baér hétev, dans le même ordre d'idée, écrit que l'on fait attention au mélange lait et viande, pas comme l'ont fait les anges, quand ils sont venus lui annoncer la naissance de Ytsh'ak, après qu'Avraam les a servis de la langue de veau et du lait.
  13. Enfin, le Erekh Chay, (sur le Choulh'an Aroukh, 594) rapporte qu'il est écrit dans le Zohar que la Torah écrite est symbolisée par le lait, et que la Torah orale est comparée au vin. D'ailleurs, le mot "yayin", vin, a la même guématria que le mot "sod", secret, c'est-à-dire 70. Bien qu'Achem nous a obligés d'accepter la Torah en suspendant la mont Sinaï au dessus de leur tête. C'était uniquement pour la Torah orale, la michna, la Guémara, ou la cabale, qui sont difficile à comprendre. Toutefois, la Torah écrite come le h'oumach, ou le navi, les bné israël l'ont acceptée, c'est pour cela qu'on mange des laitages.

En bref, beaucoup de raisons ont été écrites sur cette coutume. Le point commun qui revient en général de ces raisons, c'est pour se rappeler du jour du don de la Torah, ou pour nous rappeler notre supériorité aux anges, si on vient à l'étudier et à l'accomplir. Cela rappelle aussi qu'à chaque année, la même brakha qu'il y avait au jour du don de la Torah se renouvelle, et donc nos prières, et notre étude ce jour là ont une intensité pour tout le restant de l'année, sur la qualité de l'étude de la Torah, que l'on méritera au courant de l'année à venir.
Béatslah'a et h'ag saméah' !
(Yom 5, 3 Sivan, 5779) .