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Pas de menaces inapplicables !

Lorsque l’on veut instaurer la discipline en ayant recours à un avertissement et à une punition, toute menace proférée devra être applicable et ne pas nuire ni blesser significativement l’enfant, mais seulement l’inciter à réaliser ce qu’on exige de lui

| 11.02.20 | 07:00
Crédit : Shutterstock
Le plus sage de tous les hommes enseigne dans le livre de Kohélèth (5, 4) : “Mieux vaut s’abstenir de tout vœu que d’en faire un et de ne pas l’accomplir.” Celui qui énonce un vœu et ne l’accomplit pas commet un interdit. C’est pourquoi il aurait mieux valu qu'il n'en profère pas du tout.

Il en est de même pour un parent qui menace son enfant d'une chose qu’il sait d’avance ne pas pouvoir réaliser, par exemple : “Si tu ne m’écoutes pas, tu ne viendras pas à la Bar Mitsva de ton frère”, ou : “On ne t’achètera pas de manteau pour l’hiver”. Dans de tels cas, la menace perd tout son intérêt, et bien pire, fait perdre tout crédit aux parents dont les paroles ne valent alors plus rien aux yeux de leurs enfants. En effet, même si l’enfant est tout d’abord effrayé et pense que la terrible menace va sans doute être mise à exécution, avec le temps, il sait la vérité et ressent donc du mépris vis-à-vis de toutes les menaces parentales, même celles qu’ils ont la possibilité et l’intention de réaliser. Cela peut aussi créer un cercle vicieux : le parent augmente ses menaces afin de faire régner la discipline, l’enfant n’en fait pas cas, le parent punit de façon extrême, l’enfant se révolte et crie à l’injustice, le parent ajoute des menaces exagérées et de lourdes punitions, jusqu’à la guerre…

C’est pourquoi, lorsque l’on veut instaurer la discipline en ayant recours à un avertissement et à une punition, toute menace proférée devra être applicable et ne pas nuire ni blesser significativement l’enfant, mais seulement l’inciter à réaliser ce qu’on exige de lui. Par exemple, des parents diront à leur enfant de neuf ans qui continue à jouer avec ses amis le soir après l’heure de retour à la maison fixée par ses parents, et qui arrive donc constamment en retard : “Tu ne pourras pas sortir en vélo les trois prochains jours, jusqu’à ce que je voie que tu reviens à l’heure à la maison.” Si l’on craint que l’enfant n’oublie et ne sorte en vélo, on lui dira : “Je range le vélo à la cave pour trois jours. Tu ne pourras donc pas l’utiliser jusqu’à ce que je voie que tu rentres à la maison à l’heure.” Les points forts de cette menace sont les suivants :

1- Les parents peuvent la mettre en application sans revenir en arrière.
2- L’enfant peut la supporter sans se rebeller.
3- Elle peut motiver l'enfant à s'efforcer de réaliser ce qu'on lui demande. 

Extrait tiré du nouveau livre en français du Rav Zamir Cohen sur l'éducation des enfants. Bientôt disponible !