Les plus lus

Lois et coutumes

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef Parachat Chemot 5780

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef

| 17.01.20 | 01:00
 Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef Parachat Chemot 5780
Il est enseigné dans le traité Pessahim (101b) qu’un changement d’endroit est considéré comme une interruption pour une Berakha. Expliquons. Une personne qui mange et boit dans un endroit et sort dans un autre endroit, lorsqu’elle revient à l’endroit initial, elle devra dire à nouveau la Berakha sur les aliments consommés au préalable.
Dans cette même Guemara, il est rapporté une discussion entre les Amoraïm si ce Din concerne aussi un repas à base de pain. Selon Rav Hisda, ce Din concerne uniquement un aliment qui ne fixe pas son endroit, comme après avoir bu ou bien avoir consommé un fruit. Dans un tel cas, si la personne sort et revient, elle devra refaire la Berakha dessus. Alors que s’il s’agit d’un aliment qui fixe l’endroit de la bénédiction finale, alors même après être sortie, lorsqu’elle reviendra, elle pourra continuer à consommer sans dire à nouveau la Berakha.
Alors que selon Rav Chéchét, il n’y a aucune distinction, et donc ce Din concerne aussi un repas à base de pain. Selon cette opinion, si la personne est sortie lors d’un repas à base de pain, lorsqu’elle reviendra, afin de pouvoir continuer à consommer, elle devra faire Birkat Hamazon et faire la Berakha de « HaMotsi » à nouveau. (Pour ce qui est de l’ablution des mains, tout dépendra si la personne s’est gardée de toucher quelque chose d’impur).

Discussion des Rishonim
Selon le Rif (Traité Pessahim 20b), le Rambam (Lois des Berakhot Chap.4 Halakha 3), le Rambane, le Rashba (traité Pessahim) tranchent comme l’avis de Rav Chéchét. Il n’y a donc aucune différence entre un aliment simple, et un repas à base de pain : si la personne change d’endroit et revient, elle devra dire à nouveau la Berakha.
Alors que selon les Hakhamim Ashkenazes, tels que les Tossafot (traité Pessahim 101b alinéa Kchéhén), le Rosh (traité Pessahim chap.10 Siman 6) et le Mordekhi (traité Pessahim 101b), la Halakha est tenue comme Rav Hisda : si la personne est sortie lors d’un repas à base de pain, elle ne reprendra pas la Berakha en revenant.

Discussion Choulhan Aroukh / Rama
Comme nous le savons, Maran HaBeth Yossef suit comme à son habitude les trois piliers de la Halakha, ou du moins, deux parmi les trois. Ainsi, le Choulhan Aroukh (Siman 178 Halakha 1) tranche comme le Rif et le Rambam.
Alors que le Rama, lui aussi, comme à son habitude suit l’avis des Hakhamim Ashkenazes.

Détail du Din - Changer de pièce
Selon Maran HaChoulhan Aroukh, changer d’endroit est considéré comme une interruption et on doit recommencer la Berakha (même pour le pain). Le Magen Avraham (alinéa 4) explique, que ceci vaut même si la personne a uniquement changé de pièce, tout en restant dans l’appartement. Le Kaf HaHaïm (alinéa 2) rapporte lui aussi cette explication selon certains Poskim.
Il est évident que nous ne parlons pas du cas où la personne se rend dans la cuisine rapporter un plat, mais uniquement lorsque la personne sort pour autre chose (comme dans le cas où elle a un appel urgent).

La Halakha
Cependant, même si en tant que Sefarades, nous devons suivre le Choulhan Aroukh, et donc refaire la Berakha même pour du pain, nous avons un principe rapporté par le Hida dans son livre Haïm Chaal (Vol.2 Siman 15) que la règle de Safek Berakhot Leakel est mise en application même lorsque cela est à l’encontre du Choulhan Aroukh. En effet, l’interdit de dire le nom d’Hachem en vain, est un interdit très grave. Comme il est enseigné dans la Guemara (traité Berakhot 33a) que toute personne qui prononce une Berakha sans nécessité, aura transgressé l’interdit de Lo Tissa (« Tu ne prononceras pas le nom d’Hachem »). De plus, il est dit dans le traité Chavouot (39a) que le monde entier a tremblé au moment où Hachem a prononcé ce commandement, ce qui n’est pas dit pour aucune autre transgression.
Selon les Guéhonim (Sefer HaMakhri’a Siman 88, responsa HaGuehonim Hemda Gnouza Siman 1, Chaaré Tshouva Siman 115, Chéiltot Parachat Itro Chéilta 3), le Rambam (Lois des Berakhot Chap.1 Halakha 15, responsa Péer HaDor Siman 105) et Maran Hachoulhan Aroukh, l’interdit de dire une Berakha en vain est de la Torah. Celui qui prononce le nom d’Hachem sans penser, n’a pas de crainte d’Hachem.
Même si selon les Tossafot (traité Rosh Hachana 33a alinéa Ha) et le Rosh (traité Kiddouchin premier Chapitre Siman 49) dire une Berakha en vain est un interdit d’ordre Rabbinique, les A’haronim expliquent qu’il s’agit d’un interdit Rabbinique grave, qui est greffé à l’interdit de Lo Tissa.
C’est pour toutes ces raisons que nous disons le principe de Safek Berakhot Leakel même à l’encontre du Choulhan Aroukh.
Il est vrai, que certains comme le Beth David[1] et d’autres encore, disent que les lois du Choulhan Aroukh doivent être suivies, même sur les Berakhot, même selon la Halakha, nous craignons l’interdit de dire une Berakha en vain, c’est pour cela que l’on tiendra le principe du Hida.

Dans notre cas
Ainsi, étant donné que selon Maran HaChoulhan Aroukh, la personne dit à nouveau la Berakha même sur du pain, lorsqu’elle est sortie dans une autre pièce, nous ne tenons pas ainsi la Halakha. Et même dans le cas où la personne est sortie même dans la rue, si elle était lors d’un repas à base de pain, elle ne reprendra pas et pourra continuer à manger. Donc, nous tenons la Halakha comme le Rama, selon le principe de Safek Berakhot Leakel[2]. Tel est l’avis du Gaon Rabbi Itshak Faladji dans son livre Yefé Lélév[3], du Hessed Laalafim[4], du Zikhronot Eliahou Mani[5], du Ben Ish Haï[6], du Kaf HaHaïm[7] et du Mishna Berroura[8]. Nous tenons ainsi la Halakha.
Une Berakha Chééna Tsrikha (une bénédiction non nécessaire)
Cependant, le Or LeTsion[9] a une autre explication sur le sujet. Il s’agit d’une explication assez belle. Mais on va expliquer la raison pour laquelle nous ne tenons pas son avis.
Rapportons tout d’abord ce qu’il dit. Le Or Letsion distingue entre deux cas : une Berakha dite alors qu’elle n’était pas nécessaire (Berakha Chééna Tsrikha) et une Berakha en vain (Berakha Levatala).
Dans notre cas, si nous tenons la Halakha comme le Choulhan Aroukh, qu’après avoir été de retour dans la pièce initiale, la personne doit dire Birkat Hamazon et ensuite faire à nouveau la Berakha de « HaMotsi », selon tout le monde il ne s’agira pas d’une Berakha Levatala (car après avoir dit Birkat Hamazon, la personne doit dire la Berakha de Hamotsi pour manger à nouveau du pain), mais une Berakha Chééna Tsrikha.
Ainsi, tout le principe que nous ne nous basons pas sur la Halakha comme le Choulhan Aroukh au niveau des Berakhot, advient uniquement lorsque cela peut être considéré comme Berakha Levatala. Mais lorsqu’il s’agit « uniquement » d’une Berakha Chééna Tsrikha selon certains Poskim, nous ne contredisons pas le Choulhan Aroukh et on devra le suivre.
Le Rav Ben Tsion rapporte certaines preuves à ses propos du Choulhan Aroukh.

Première preuve
Les deux premiers repas de Chabbat, nous avons l’obligation de consommer du pain. En découle la Halakha au sujet d’une personne ayant omis de dire le passage de « Retsé Vaa’halitsénou », elle devra lors de ses deux repas, reprendre le Birkat HaMazon[10], comme il est dit dans le traité Berakhot[11].
Pour ce qui est de la Seouda Chlichite, il existe une discussion dans les Rishonim si on est aussi obligé de consommer du pain. Selon certains, il suffit de manger de la viande, du poisson, des fruits, des légumes ou bien même un Reviit de vin. Selon cette opinion, si la personne a omis de dire le passage de « Retsé Vaa’halitsénou » dans son Birkat HaMazon (dans le cas bien entendu où elle a consommé du pain), elle ne reprendra pas.
[Pour expliquer, il faut savoir que l’obligation de consommer du pain entraine le fait de savoir si le passage spécifique au Chabbat ajouté dans le Birkat HaMazon « Retsé Vaa’halitsénou » rend rédhibitoire le Birkat HaMazon après omission. Et ce, car si nos Sages obligent de consommer du pain, le Birkat HaMazon devient donc une Berakha spécifique au Chabbat. Donc le passage de « Retsé Vaa’halitsénou » devient un passage interne au Birkat Hamazon, et par extension, son omission, rend la personne obligée de recommencer]
Maran HaChoulhan Aroukh sur les lois de Chabbat[12] tranche que l’on doit consommer du pain lors de Seouda Chlichite aussi[13]. Alors que le Choulhan Aroukh lui-même sur les lois du Birkat HaMazon[14], écrit que dans le cas où le passage de « Retsé Vaa’halitsénou » a été omis lors du Birkat HaMazon de la Seouda Chlichite, on ne reprendra pas.
Sur ce, le Ba’h[15], le Magen Avraham[16] et d’autres A’haronim s’interrogent, car le Choulhan Aroukh se contredit : d’un côté il dit que l’on doit obligatoirement consommer du pain à la Seouda Chlichite, et d’un autre côté, il tranche qu’en cas d’omission du passage de « Retsé Vaa’halitsénou » lors du Birkat Hamazon à Seouda Chlichite, on ne reprendra pas.
Pour réponse, ils disent que même si Maran HaChoulhan Aroukh tranche que nous sommes obligés de consommer du pain, il craint quand même l’avis contraire, pour ne pas en arriver à Berakha Levatala, et donc, Safek berakhot Leakel[17]. On voit donc, que Maran HaChoulhan Aroukh craint lui aussi l’avis contraire, et tient donc le principe de Safek Berakhot Leakel.
 
Seconde preuve
Nous pouvons retrouver aussi dans les lois du compte du Omer, que le Choulhan Aroukh craint l’avis contraire. Il écrit[18] que si quelqu’un demande à son ami le compte du jour alors qu’est arrivée l’heure de Ben Hashmashot, il lui répondra le compte de la veille, car s’il lui dit le compte du jour, il se peut qu’il ne puisse plus compter avec Berakha. Fin de citation. C’est-à-dire que si la personne dit « nous sommes le 5ème jour du Omer », il se peut qu’il se soit rendu quitte. Ainsi, il lui dira « hier nous étions le 4ème jour » ou bien, il pourra lui faire un signe avec ses doigts, mais ne lui dira pas de vive voix.
Mais pour quelle raison, Maran HaChoulhan Aroukh tranche-t-il de cette façon la Halakha ? N’est-ce pas qu’il existe une discussion sur le fait d’avoir une concentration lors de l’accomplissement d’une Mitsva ? Le Choulhan Aroukh[19] dit qu’une Mitsva doit être accomplie obligatoirement avec une certaine concentration à la Mitsva. Lorsque la personne répond explicitement à son ami le compte du Omer, n’est-ce pas qu’il ne pense pas à s’acquitter ? Pour quelle raison alors, n’est-il pas possible de répondre explicitement le compte ? Si ce n’est de dire que Maran HaChoulhan Aroukh lui-même craint l’avis contraire en cas de doute sur une Berakha, pour ne pas enfreindre et dire une Berakha en vain. Tel est l’avis du Magen Avraham[20], le Hok Yaakov[21], le Biour Hagr’a[22] et d’autres A’haronim.

Troisième preuve
[Il est important d’introduire. Le Choulhan Aroukh[23] tient qu’un fruit même totalement écrasé, qui n’est donc reconnaissable, on dira dessus la Berakha de « Boré Peri Haetz ». C’est pour cela, que sur la datte écrasée, la Berakha restera « Haetz ». On va développer dans le texte, mais aussi dans les notes de bas de pages, les raisons pour lesquelles la Berakha du sucre et du chocolat, ne suivent pas cette Halakha du Choulhan Aroukh.]
Nous pouvons encore retrouver un autre endroit où le Choulhan Aroukh craint au Safek Berakhot. En effet, le Tour[24] rapporte une discussion au sujet de la Berakha du sucre fabriqué à partir de la canne à sucre. Selon le Baal Halakhot Guedolot[25] la Berakha est « Boré Peri Aetz ». Tel est l’avis du Rosh[26]. Mais le Rambam[27] ne tranche pas de cette manière. Voici ses termes :
הקנים המתוקים שסוחטין אותן ומבשלין מימיהן עד שיקפא וידמה למלח כל הגאונים אומרים שמברכין עליו בורא פרי האדמה ומקצתם אמרו בורא פרי העץ וכן אמרו שהמוצץ אותם קנים מברך בורא פרי האדמה ואני אומר שאין זה פרי ואין מברכין עליו אלא שהכל שלא יהיה דבש אלו הקנים שנשתנה על ידי אור גדול מדבש תמרים שלא נשתנה ע"י האור ומברכין עליו שהכל.
Sur les cannes à sucre que l’on presse et dont on cuit le jus jusqu’à ce qu’il se cristallise et ressemble à du sel, une partie des Guéhonim disent que l’on récite la Berakha de « Boré Peri Haadama ». D’autres pensent que l’on dit « Boré Peri Haetz ». De plus, ils disent que celui qui suce ces cannes à sucre doit réciter la Berakha de « Boré Peri Haadama ». Quant à moi (le Rambam), je dis que cela n’est pas un fruit et que la Berakha à réciter est « Cheakol ». Car même si la canne à sucre devait être considérée comme un fruit et que la Berakha à réciter est « Boré Peri Haetz », le miel (le jus) de ces cannes, est transformé par le feu, et ne saurait être plus important que le miel de dattes, qui (lui) n’a pas été transformé par le feu, et sur lequel on récite la Berakha de « Cheakol »
La Halakha est tenue comme le Rambam. Nous allons expliquer, mais tout d’abord, il faut savoir que selon la Berakha définie pour le sucre nous serons aussi si la lois de Orla[28] existe dessus. En effet, si la Berakha du sucre est « Boré Peri Aetz », la loi de Orla s’appliquera donc. Il est vrai que chaque année la plante est renouvelée, mais les racines restent.
D’un autre côté, la canne à sucre est totalement sèche et n’est donc pas considérée comme un fruit. La fabrication du sucre se fait à partir des cannes à sucre qui sont pressées, cuites dans de l’eau durant longtemps et ensuite le sucre y est extrait, comme nous pouvons le voir dans le Radbaz[29] (il y a 500 ans). Lui-même écrit que le sucre est un élément nouveau (Panim Hadashoth, extrait de la canne, car la plante, même si on peut la sucer, n’est pas le fruit principal).
Selon le Radbaz, définissant le sucre comme un « élément nouveau » (car il n’exista qu’après la fabrication), nous pouvons donc comprendre la raison pour laquelle la Berakha récitée doit être Cheakol[30].
[Nous venons donc d’apprendre un nouveau principe qui est Panim Hadashoth, c’est-à-dire que lorsque l’aliment en question n’existait pas sans une fabrication spécifique, la Berakha change]
L’avis du Beth Yossef
En conclusion, tout le monde sait que l’on dit la Berakha de « Cheakol » sur le sucre, comme le Rambam. Le Tour contredit le Rambam, car pour rappel, le Rambam avait rapporté comme preuve le miel de dattes sur lequel on dit Cheakol. Mais, le Tour dit que cette preuve n’est pas juste, car comme tout jus qui sort d’un fruit (sauf le vin), on dit Cheakol. Alors que la canne à sucre n’est utilisée, sans fruit, mais uniquement pour son sucre. La Berakha selon le Tour est « Haetz ». Sur ce, le Beth Yossef écrit que même si ces propos sont compréhensibles, étant donné qu’il y a une discussion, il est préférable de dire la Berakha de Cheakol, car, comme nous l’apprend la Guemara (traité Berakhot 40a), sur tout aliment, si la Berakha qui a été dite est Cheakol, on sera quitte. Les A’haronim expliquent que le Beth Yossef mit en avant le principe de Safek Berakhot. D’ailleurs, il trancha aussi dans le Choulhan Aroukh que la Berakha sur le sucre est Cheakol.
On peut donc voir de là, que le Choulhan Aroukh suit le principe de Safek Berakhot, mais on ne voit pas où le Choulhan Aroukh craint le principe de Berakha cheena Tsrikha.

Preuve concluante - Seouda Chlichite
Le Rav Ben Tsion rapporta une preuve, de laquelle nous pouvons voir de manière explicite que le Choulhan Aroukh ne craint pas le principe de Berakha cheena Tsrikha.
Dans le Sefer HaPardess[31] de Rachi, ainsi que dans la Tshouva du Rosh[32], il est rapporté le cas d’une personne attablée autour du repas le Chabbat après-midi, qui dura assez longtemps (chabbat Hatan par exemple), et qui remarqua que l’heure du coucher du soleil était arrivée. Afin de ne pas rater l’heure de Seouda Chlichite, elle devra dire le Birkat Hamazon, faire Netilath Yadaïm à nouveau, faire Motsi et s’attabler. De cette manière tranche Maran Hachoulhan Aroukh[33].
De là, le Or Letsion rapporte comme preuve que le Choulhan Aroukh peut craindre le principe de Safek Berakhot Leakel, mais pas celui de Berakha Cheena Tsrikha. Et donc, par rapport à notre cas d’origine, une personne qui aurait changé de pièce au milieu du repas (même à base de pain), devra effectivement faire Birkat Hamazon et Motsi à nouveau.
 
 
Preuve concluante - l’avis du Rambam
Le Or LeTsion rapporte encore une preuve du Rambam, lequel écrit[34] qu’afin de compléter les cent Berakhot, il est permis de dire la Berakha sur un légume, faire la Berakha finale (après avoir consommé la quantité requise), reprendre le légume faire à nouveau la Berakha et la Berakha finale ensuite, etc.

Contradiction et conclusion
Mais avec tout le respect, ces preuves n’en sont pas, car tout ce qui a été dit, que ce soit pour la Seouda Chlichite (première preuve concluante) et aussi pour les cent Berakhot, c’est pour une Mitsva. Et lorsqu’il s’agit d’une Mitsva, on ne craint pas le principe de Berakha Cheena Tsrikha.
Pour les cent Berakhot, le Baal Halakhot Guedolot compte cette Mitsva parmi les 613 Mitsvot. D’ailleurs, le Sefer Hamanhig dit qu’il s’agit d’une Mitsva de la Torah. Même si, comme on le sait, c’est David Hamelekh qui institua les 100 Berakhot pour éradiquer l’épidémie qui faisait 100 victimes par jour, les A’haronim expliquent que cette Mitsva a été donnée par Moché Rabbénou au Mont Sinaï, puis oubliée, et réinstituée par David Hamelekh. Pour ce qui est de la Halakha, la Mitsva de dire 100 Berakhot par jour est d’ordre Rabbinique. Mais cela est pour montrer l’importance de cette Mitsva[35], et de par son importance, on ne craint pas le principe de Berakha Cheena Tsrikha.
Conclusion : Même si le Choulhan Aroukh tranche que si une personne sort lors d’un repas (à base de pain), elle doit dire à nouveau la Berakha de Motsi (après le Birkat Hamazon), nous ne tenons pas comme cela la Halakha et la personne pourra continuer à manger. Et ce, car nous tenons le principe de Berakha Cheena Tsrikha.
 
[1] Orah Haïm Siman 401
[2] Si en revanche, la personne a consommé avec d’autres personnes, et laisse à table même un enfant, selon tout le monde, elle ne recommencera pas la Berakha
[3] Siman 178 alinéa 2
[4] Alinéa 2
[5] Lois des Berakhot alinéa 40 note 5, 11
[6] Parachat Beaalotekha alinéa 2
[7] Alinéa 11, 1
[8] Fin de son introduction sur le Siman 178
[9] Vol.1 Siman 17. C’est le seul volume qui a été écrit par le Rav Ben Tsion. Les autres je ne sais pas qui les a écrits. Lorsqu’il tomba malade vers les années 5743 (1993), il fut très attristé par le fait qu’il n’avait pas pu écrire davantage alors qu’il était encore en pleine santé. C’était un grand érudit. Ce fut aussi la Havrouta de Maran Harav Zatsal. Maran ne prenait pas n’importe qui… Régnait entre eux une grande sérénité, de l’amour et de la paix et une très grande amitié.
Certaines fois, durant les cours, on parle en « Rit’ha DéoRaïta » avec « ébullition de Torah », c’est-à-dire, avec dureté vis-à-vis d’un autre Rav, car certaines fois les propos de l’autre Posek sont incompréhensibles. Malheureusement, certaines personnes sont touchées lorsque nous tenons des propos durs vis-à-vis d’un autre Posek. Mais la Guemara nous apprend (traité Taanit 4a) que si on voit un Hakham qui se met en colère, ne pense pas qu’il est d’origine Irakienne, mais car c’est l’ébullition de la Torah qui le met dans cet état.
[10] On m’a posé la question aujourd’hui au sujet d’une personne qui a mangé la première Seouda vendredi soir et a terminé vers 18h30. Ensuite elle étudia avec une Havrouta et lorsqu’elle revint vers 00h30, elle voulut manger la Dafina avec du pain. Elle se rendit compte après Birkat HaMazon qu’elle avait omis de dire le passage de « Retsé Vaa’halitsénou ». Fallait-il recommencer ? Je lui répondis qu’étant donné qu’elle avait déjà mangé le premier repas le soir et que le second devait être le matin le lendemain, le repas qu’elle a fait à 00h30 est considéré comme Rechoute. Elle ne devait donc pas reprendre le Birkat HaMazon.
[11] 49b
[12] Siman 291 Halakha 5
[13] En hiver, c’est assez difficile de pouvoir faire une troisième Seouda. Mais il faut savoir que selon la Halakha il suffit de consommer un Kazaït de pain avec des salades. Ce n’est pas nécessaire de manger un vrai repas. Mais si vraiment la personne n’y arrive pas, ou bien si elle a déjà consommé d’autres aliments, comme fruits ou légumes, elle sera quitte Bediavad. Mais, de prime abord on devra suivre l’avis du Choulhan Aroukh et consommer du pain.
[14] Siman 188 Halakha 8
[15] Siman 188
[16] Alinéa 16
[17] Celui qui a consommé des gâteaux le Chabbat matin et ensuite, fait Netilath Yadayim pour manger le repas et omet de dire le passage de « Retsé Vaa’halitsénou » dans le Birkat Hamazon, il ne reprendra pas, car il se peut qu’il se soit rendu quitte de la deuxième Seouda, avec les gâteaux, et donc, le repas qu’il fit après est considéré comme Seouda Chlichite.
[18] Siman 489 Halakha 4
[19] Siman 60 Halakha 4
[20] Siman 489 alinéa 8
[21] Alinéa 14, 15
[22] Alinéa 4
[23] Siman 202 Halakha 7
[24] Siman 202
[25] Lois des Berakhot Chap.6 p.66
[26] Traité Berakhot Chap.6 Siman 6 (le père du Tour)
[27] Lois des Berakhot Chap.8 Halakha 5
[28] Durant les trois premières années, la production est interdite à la consommation.
[29] Vol.3 Siman 606
[30] Lorsque j’étais encore à la Yeshiva j’étudiais, je fus un certain temps en Havrouta (compagnon d’étude) avec le Gaon Harav Chlomo Fisher. Mais par la suite je dus le quitter, car il n’étudiait que debout, tout comme la Torah qui fut donnée, alors que tout le peuple juif était debout. On étudiait beaucoup, mais durant certains moments, il avait l’habitude de me questionner sur certains Psakim de mon père. Il me demanda un jour, justement la raison pour laquelle Maran Harav Zatsal avait écrit que sur le sucre on doit dire la Berakha de Cheakol. A l’époque, je n’avais pas la réponse ; je lui dis alors que je demanderai à mon père. Lorsque je lui fis part de la question, il me ramena justement le principe du Radbaz.
 
Le chocolat
 
Il me demanda aussi, en ce qui concerne la Berakha du chocolat, sur lequel Maran Harav Zatsal dit que la Berakha est aussi Cheakol, alors qu’il s’agit d’une fabrication faite à partir de la fève de cacao. Et donc (comme nous l’avons apporté en introduction au paragraphe du texte), on devrait dire sur le chocolat la Berakha de « Haetz ». Maran Harav me répondit sur cela aussi, que tout d’abord celui qui dit la Berakha de « Haetz » sur le chocolat a sur qui se tenir. De plus, le Rav Yossef Yedid Halevy (Birkat Yossef vol.2 p.26a) écrit que si un aliment a les cinq choses suivantes, sa Berakha change : 1) son nom changea, 2) son goût est différent, 3) son apparence changea aussi, 4) il y a un mélange à l’intérieur avec d’autres éléments, 5) a passé une cuisson. C’est pour cela, que sur le chocolat, où il y a ces cinq points, la Berakha est Cheakol. De plus, suivant l’avis du Radbaz, le chocolat n’était pas existant au préalable, c’est donc, Panim Hadashoth.
 
Le Cuir de fruit (Ledere)
 
C’est aussi pour cela, que sur le Cuir de fruit, nous disons la Berakha de Cheakol, car ces cinq points y sont aussi. Contrairement au Cuir de fruit de l’époque, fabriqué en Syrie, qui n’était que du fruit et était bon pour la gorge, on disait dessus, la Berakha de « Haetz ». De plus, suivant l’avis du Radbaz.
 
Lorsque je dis au Rav Fisher l’opinion du Radbaz, il fut agréablement étonné, car il ne connaissait pas cet avis. Il comprit donc la raison pour laquelle Maran Harav Zatsal tranche que sur le sucre et le chocolat, nous disons la Berakha de Cheakol.
[31] Siman 98
[32] Kllal 22 Siman 4
[33] Siman 291 Halakha 3
[34] Lois de Tefila Chap.7 Halakha16
[35] Même les femmes ont l’obligation de dire 100 Berakhot par jour. Mais contrairement à l’homme qui a toutes les Berakhot de Ishtabah et du Chema et trois prières par jour, c’est assez difficile pour elles d’arriver aux 100 Berakhot. Comment doivent-elles faire ? Le Tania Rabbati (Siman 1), le Chiboulé Haleket (Siman 230) et le Kol bo (Siman 37) écrivent quelque chose de très intéressant. Selon eux, on peut compléter les 100 Berakhot pas seulement avec des Berakhot, mais aussi par des louanges à Hachem. Ainsi, cela voudrait dire, que même dire « Ene Kelokeinou, Ene Kadonénou » ou bien « Veyatsiv Vena’hone » compte dans les 100 Berakhot. Selon cela, une femme peut dire toutes ces louanges pour compléter les 100 Berakhot