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Lois et coutumes

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef Parachat Vayétsé 5780

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef

| 05.12.19 | 14:37
 Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef Parachat Vayétsé 5780
La Guemara, dans le traité Berakhot (40a) questionne sur le Tehilim (psaume 68 verset 20) :
בָּרוּךְ ה' יוֹם יוֹם יַעֲמָס לָנוּ הָאֵל יְשׁוּעָתֵנוּ סֶלָה.
Loué soit lHachem ! Jour après jour Il nous charge [de ses bienfaits], Lui, le Dieu de notre salut.

Y a-t-il des Berakhot uniquement le jour ? La Guemara répond que le verset nous apprend que chaque jour vient avec sa Berakha ; le Chabbat, les jours de Yom Tov etc. De même sur chaque fruit, il existe une Berakha différente.
Et ce, même si la Mishna (traité Berakhot 40a) nous apprend que si une personne a dit Cheakol sur n’importe quel aliment, elle sera quitte, mais uniquement dans le cas où cette bénédiction a été dite Bediaavad. Mais on ne peut aucunement de prime abord dire cette Berakha pour se rendre quitte.

La Berakha du Schnitzel
Pour donner un exemple, avant le Schnitzel était préparé de sorte que la farine apporte uniquement une meilleure cuisson, afin que le poulet ne colle pas sur la poêle, et la Berakha était donc Cheakol. Contrairement à aujourd’hui où la farine ou bien la panure viennent apporter du goût au poulet, ce qui rend la Berakha de ce Schnitzel différente de celle dite auparavant. La Berakha sera Mezonot.
Comme nous l’avons déjà développé dans les cours précédents, Rabbi David Aboudrahem, sur lequel aucune opinion diverge, explique que lorsque la Guemara nous apprend que « celui qui profite de son monde-ci sans Berakha c’est comme s’il avait consommé ou utilisé quelque chose appartenant au Beit HaMikdash (Kéilou Ma’al) », elle parle aussi de la Berakha concernant un aliment : on ne peut pas dire une Berakha qui ne concerne pas l’aliment en question. On se doit d’être intransigeant et de dire la Berakha adéquate à chaque aliment. Ainsi, il sera donc très important de bien connaitre les lois de Berakhot.
La Berakha finale
Et ceci, non seulement sur la Berakha du début mais aussi sur la Berakha finale. Pa exemple, avant de consommer une pizza, il est important de connaitre sa Berakha. Il faut goûter un des morceaux durs de la pizza (le contour). Si la pâte est sucrée, ce sera Mezonot, dans le cas contraire, ce sera Motsi et Birkat Hamazone (après avoir consommé un minimum de 27g).
Et ce, comme nous l’avons bien développé dans les cours précédent, la Berakha de « Al HaMé’hia » ne peut pas rendre quitte du Birkat Hamazone. De même a contrario ou encore, en ce qui concerne la Berakha de « Boré Nefashot » pour les autres aliments, sur lesquels la Berakha finale est une Berakha de Mé’ine Chaloch.
D’ailleurs, nous avions apporté une discussion à ce sujet. Selon Maran Ha’Haviv dans son livre Knesset Hagdola, si la personne a dit la Berakha de « Nefashot » à la place de « Mé’ine Chaloch », elle sera quitte. Tel est l’avis aussi du  Ginat Vradim (c’était un Kadmone il y a 370 ans) déduisant ainsi des élèves de Rabbénou Yona. Tel est aussi l’avis du Gaon HaRav Moché Feinshteine dans son livre Igerot Moché (Orah Haim Siman 74 vol.1) et du Kitsour Choulhan Aroukh du Gaon Harav Rephael Barouh Toledano (p.243 Halakha 35), lequel pense que lorsque la personne n’a pas le choix, elle pourra dire la Berakha finale de « Bore Nefashot » pour rendre quitte un aliment de Mé’ine Chaloch.
Cependant, le Lévouch (l’élève du Rama il y a environ 450 ans) ne tient pas cette opinion et la Berakha de Nefashot ne peut pas rendre quitte. Tel est aussi l’avis du Ram’a MiPano et du livre Yossef Ometz Youzpa.
Ainsi, nous avions conclu selon la Halakha, qu’on ne peut se rendre quitte par la Berakha de Nefashot. Mais si cette Berakha a été dite, on sera quitte Bediavad, suivant le principe de Safek Berakhot Leakel.
Un Rav dans notre génération[1], écrit dans son livre que si la personne a dit la Berakha finale de « Nefashot » à la place de « Mé’ine Chaloch », elle ne sera pas quitte et devra reprendre. Mais comment peut-il trancher de la sorte, alors que nous avons le principe de Safek Berakhot ? Il existe beaucoup de Poskim qui pensent que dans un tel cas on ne reprend pas. D’ailleurs, tel est l’avis du Pri Megadim[2], du Erekh HaChoulhan Taïeb[3], du Petah Hadvir[4], du Eretz Tsvi Frumer[5], du Peoulat Tsadik[6], du Rabbi Hizkiya Midini dans son livre Sdé Hemed[7], du Birekh Et Avraham[8], du Zakhor LeAvraham Alkal’ay[9] et du Kaf HaHaïm[10].
De plus, Rabbi Haïm Faladji écrit dans son livre Lev Haïm[11] que le principe Safek Berakhot tient même dans le cas où seulement une minorité de Poskim pensent que l’on ne doit pas dire la Berakha en question, en divergence avec une majorité de Poskim qui pensent le contraire. Le Hessed LeAvraham Alkal’ay pense quant à lui que même si l’avis est une opinion unique, on tiendra ce principe. En revanche, il est vrai que la Halakha n’est pas tenue comme ce dernier, mais le principe de Safek Berakhot tiendra quand même à partir du moment où deux Poskim sont d’avis de ne pas dire la Berakha en question. A plus forte raison dans notre cas, où la majorité est d’avis de ne pas reprendre la Berakha !

Moitié Moitié
Selon cela, nous avons aussi conclu dans le cours précédent, que si la personne mange une moitié de Kazaït sur un des 7 fruits d’Israel[12] et une autre moitié d’un Kazaït sur un fruit autre, on ne dira pas la Berakha finale de Mé’ine Chaloch, ni la Berakha finale de « Boré Nefashot ». Elle ne dira donc aucune Berakha finale. Le Magen Avraham quant à lui, pense qu’au contraire les deux fruits s’associent pour dire la Berakha finale de « Boré Nefashot ».
Sur ce, Rabbi Akiva Iguère s’interroge, car le Magen Avraham lui-même tranche que si une personne ne connait pas par cœur la Berakha de « Mé’ine Chaloch » elle ne pourra pas dire à la place « Boré Nefachot ».
Le Or LeTsion répond qu’il y a une différence entre une personne qui est obligée de dire la Berakha de « Mé’ine Chaloch », dans ce cas-là on ne peut pas se rendre quitte par « Boré Nefachot ». Ce qui n’est pas le cas, lorsque la personne a mangé deux moitiés de Kazaït, où elle ne se rend pas obligée de dire « Mé’ine chaloch », dans ce cas, la personne peut dire « Boré Nefachot » et se rendre quitte de tout.
Mais avec tous le respect qu’il lui est dû, on ne peut pas faire une telle distinction. Ainsi, on ne pourra pas dire la Berakha finale de « Boré Nefachot » dans aucun des cas cités, ni aucune autre Berakha finale.

Un vin pur
Selon cela, une personne qui doute si son vin est majoritairement avec du vin ou bien majoritairement avec de l’eau, dira la Berakha « Cheakol », mais ne dira pas de Berakha finale[13].
Expliquons. Il est rapporté dans le traité Baba Batra[14] que l’on peut fabriquer du vin (et qui restera du vin) même avec seulement 1/6ème de vin - 17% de raisin et 83% d’eau. La Guemara parait donc être explicite à ce sujet.
Cependant, les élèves de Rabbénou Yona[15] pensent qu’à l’époque du Talmud, le vin était très fort et donc, l’apport en eau devait être beaucoup plus important, et le statut du vin y restait quand même. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, alors que le vin est beaucoup moins puissant - déjà il y a 800 ans[16] - l’apport en eau doit être beaucoup moins important que le vin lui-même, qui doit être quant à lui majoritaire. Tel est l’avis du Or’hot Haïm[17], du Ritva[18] et d’autres encore. Le Beth Yossef[19] écrit lui-même l’avis des élèves de Rabbénou Yona et conclut « cette opinion parait juste ». D’ailleurs, c’est ce que l’on comprend aussi du Choulhan Aroukh[20] lequel écrit :
והיינו ביינות שלהם שהיו חזקים אבל יינות שלנו שאינן חזקים כל כך אינו מברך עליו בורא פרי הגפן ונראה
שמשערים בשעור שמוזגים יין שבאותו מקום.
…Uniquement leur vin de l’époque qui était assez fort, mais nos vins d’aujourd’hui… on ne dit pas la Berakha de Haguéféne. Il semblerait (pour qu’un vin garde son statut) qu’on doive mesurer selon le taux de vin intégré lors de la fabrication habituel du pays.
 
Tel est l’avis des A’haronim, les grands de la Torah, même Ashkenazes. Tel est l’avis du Olat Tamid[21], du Elia Raba[22] , du Levouch[23], du Gaon Rabbénou Zalman[24], du Hayé Adam[25], du Sefer Beth Chearim[26], du Aroukh Hachoulhan[27], du Pné Hari Ha’haï[28] et d’autres encore. Le Gaon Rabbi Yossef Teomim dans son livre Pri Mégadim[29] écrit que même selon le Rama, le vin doit être au moins, majoritaire.
D’ailleurs, dans le livre Ashrei HaIsh[30], ils apportent l’avis du Rav Eliashiv qui pense aussi que l’on ne doit pas être souple à ce sujet, mais que l’on doit avoir le vin en majorité. Tel est l’avis aussi du Gaon Harav Chlomo Zalman Auerbach dans son livre Minhat Chelomo[31].
Avec l’aide d’Hachem, grâce à Maran Harav Zatsal, mais les Poskim Ashkenazes se sont liés à cette Halakha.

En visite dans les cuves
J’ai visité une usine dans laquelle la fabrication de vin suivait spécialement l’avis du Beth Yossef, avec 85% de vin et le reste d’eau. Le Mashgia’h était le Rav Slonim Alav Hachalom, considéré comme étant le Rav du centre de Jérusalem. Il me dit que toute l’année, le vin est bon aussi pour les Sefaradim. Je me réjouis d’entendre cela, mais je lui demandai confirmation : « toute l’année vous faites en sorte que la majorité soit du vin ? » Il me répondit par la négation, admettant que toute l’année ils ne mettent que 20% de vin et le reste d’eau. Il y a 40 ans, le Rav Itshak Weiss, auteur du livre Minhat Itshak et chef du tribunal Rabbinique de Badatz Ha’eda Ha’haredit nous demanda de ne mettre que 20% de vin, et que cela était bon même pour les Sefaradim. Il me demanda alors où était écrit dans le Choulhan Aroukh qu’il fallait une majorité de vin ? Et où mon père, Maran Harav Zatsal avait trouvé cela ? Je lui répondis que tout d’abord, ceci est rapporté par les A’haronim disant que le vin doit être majoritaire. De plus, ce que dit le Rama et d’autres, que l’on peut ajouter beaucoup d’eau, concerne seulement les époques précédentes, où le vin était très fort, mais aujourd’hui, les vins sont très faibles et il faut donc, une majorité de vin. Si le vin n’est donc que de 17%, on fera dessus la Berakha de Cheakol.
Donc, à plus forte raison pour les Sefaradim, qui suivent l’avis du Choulhan Aroukh, disant que l’on doit mesurer la quantité d’eau selon la façon de faire du pays. Et il faut savoir, que le vin aujourd’hui est assez faible, et il n’y a pas un endroit dans le monde où ils ajoutent de l’eau au point où le vin devient minoritaire. Uniquement pour le vin utilisé pour le Kiddoush des Ashkenazim, la fabrication est faite de cette manière (le vin est minoritaire).
Il me dit alors, qu’étant donné que la Eda ‘Haredit fait que l’eau soit majoritaire, on considèrera cette fabrication comme étant « l’habitude du pays » ! Je lui dis alors : « est-ce que la Eda ‘Haredit pouvait fixer et décider l’habitude du pays ? Qui boit un tel vin ! Peut-être à Bnei Brak ou à Mea Chéarim… ».
En tout cas, ce Mashgia’h m’a avoué que l’inscription « (Boré péri Haguéféne) même pour les Sefaradim » n’était pas tout le temps vrai ! Celui qui boit un tel vin et fait la Berakha d’Haguéféne dessus, ce sera une bénédiction en vain ! C’est pour cela, qu’il faut faire attention et se renseigner, afin d’acheter un vin avec une bonne Hashga’ha.

Ecouter le Kiddouch d’un Ashkenaze
Les Poskim discutent au sujet des étudiants de Yeshiva écoutant le Kiddouch d’un Ashkenaze ayant un vin où la majorité est de l’eau : seront-ils quittes du Kiddouch ? Dans le Yalkout Yossef nous avons développé ce sujet, et en conclusion nous avons été souples, pour plusieurs raison. Il est difficile d’être strict avec tous les étudiants Sefarades, et compliqué qu’ils doivent rapporter chaque semaine un bon vin.

Le principe de Chomé’a Ké’oné
(La loi de Chomé’a Ké’oné est qu’une personne peut se rendre quitte par une tierce personne, Chomé’a l’écoute, Ké’oné c’est comme répondre. C'est-à-dire que la personne qui écoute la Berakha en pensant à se rendre quitte, sera acquittée comme si elle-même avait fait la bénédiction)
Il existe une discussion sur le principe de Chomé’a Kéoné. Le Pri Mégadim explique que la loi de Choméa Ké’oné est définie par : « Chlouho chél Adam kémoto », « l’envoyé d’une personne prend le statut de la personne elle-même ». Alors que selon le Hazon Ish, il s’agit d’une fusion entre celui qui entend et celui qui rend quitte, que toutes paroles qu’il va prononcer vont être fusionnées comme si le second l’avait aussi dit.
Par exemple, nous pouvons retrouver ce principe dans la Parachat Zakhor[32]. Si cette Parachat doit être dite dans un Sefer Torah pour se rendre quitte, comment les fidèles peuvent-ils se rendre quittes ? C’est là que nous arrivons à la généralité de « Chomé’a Ké’oné », une personne qui écoute, est comme si elle répondait. Etant donné que l’officiant lit sur un parchemin, c’est comme si le fidèle faisait de même.
Selon cela, il en sera de même pour le Kiddouch, c’est comme si le Sefarade avait fait Kiddouch sur un vin « Cacher » pour le Kiddouch, car pour celui qui rend quitte, étant un Ashkenaze, il se rend quitte par le vin qu’il a entre les mains.

Se rendre quitte
Encore à propos du principe de Chomé’a Ké’oné, il existe une interrogation au sujet d’une personne qui consomma 20g de Mezonot. Comme nous le savons, la bénédiction finale se fera uniquement après avoir consommé un Kazaït qui est égale à 27g. Cependant, le Rif et le Rambam pense que la quantité d’un Kazaït est de 18g.
Même si on ne suit pas ce dernier pour ce qui est de la Halakha, comme il est dit dans le Choulhan Aroukh[33], il est bien, afin de suivre tous les avis, de se rendre quitte par une tierce personne. Cependant, la seule personne qui peut le rendre quitte n’a pas seulement consommé un mets Mezonot, mais aussi un fruit appartenant au 7 fruits d’Israel et du vin. Selon la loi, elle se rend obligée de 3 bénédictions finales. Mais nos Sages instituèrent ces 3 Berakhot en une seule : Al Hame’hia, Al Haguéféne et Al Haetz (l’un à la suite de l’autre dans la même Berakha Mé’ine Chaloch). Dans une telle situation, la personne peut-elle se rendre quitte par cette dernière, même si elle dit au milieu les autres passages cités ?
Si on dit que le principe de Chomé’a Ké’oné est une fusion entre les deux personnes concernées, c’est comme si la personne qui se rend quitte dit d’elle-même les trois passages cités par la première. C’est donc considéré comme une interruption. Cependant, si on considère ce principe comme une Chli’hout, elle le prit comme « envoyé » uniquement pour la bénédiction de Al HaMé’hia. Ce ne sera donc pas considéré comme une interruption.

Essai de réponse
Sur cette interrogation nous pouvons retrouver les Grands A’haronim. Maran le Hida apporte quelques preuves pour répondre.
 
Il existe une interrogation dans le Talmud Berakhot (12a) en ce qui concerne une personne qui avait un verre entre les mains et commence à faire la Berakha sur le liquide en pensant qu’il s’agissait d’un vin (Haguéféne), mais se rendit compte qu’il s’agissait en réalité d’un alcool (Cheakol) et finit la Berakha en disant Chéakol (la Berakha adéquate). De même dans le cas contraire. Doit-elle refaire la Berakha se tenant sur sa pensée du début (donc étant dans l’erreur elle doit recommencer), ou bien suivons-nous la fin de sa Berakha ? Le Talmud reste en suspens. Sur ce, le Rif[34], le Roch[35] et le Rambam[36] pensent, que la personne ne reprendra pas, car il s’agit là d’un ordre rabbinique, et on suivra donc le principe Safek Dérabanane laKoula. Ainsi, dans tous le Shass, lorsqu’il s’agit d’un ordre Rabbinique on sera plus souple, un ordre de la Torah on sera plus strict et pour ce qui est des lois concernant de l’argent, on ne retirera pas d’entre les mains du possesseur.  
 
De cette manière tient aussi le Choulhan Aroukh[37]. D’ailleurs, le Choulhan Aroukh[38] tranche :
 
לקח כוס של שכר או מים ובירך ברוך אתה ה' אלהינו מלך העולם בורא פרי הגפן ותוך כדי דיבור נזכר שטעה ואמר שהכל נהיה בדברו וכך היתה אמירתו ברוך אתה ה' אלהינו מלך העולם בורא פרי הגפן שהכל נהיה בדברו יצא.
Si la personne a pris un verre d’alcool ou bien un verre d’eau et a fait dessus la Berakha de « Baroukh Ata… Elokenou Melekh A’olam Boré Péri Haguefene » et rapidement (dans un lapse de temps de Tokh Kédé Dibour) se reprit et finit en disant « cheakol Nihya bidvaro » (ce qui donna « Baroukh Ata… Elokenou Melekh A’olam Boré Péri Haguefene cheakol Nihya bidvaro ») la personne sera quitte. 
Selon cela, le Hida apprend que le fait d’avoir ajouté un passage qui ne correspond pas à la Berakha ne rend pas caduque la Berakha en question. Il en sera donc de même dans notre cas : le fait que la personne qui rend quitte ajoute pour elle-même l’autre passage de « Al H’etz », elle pourra quand bien même rendre quitte la seconde personne.
 
On ne peut pas mettre en doute l’avis des Rishonims, mais celles des A’haronim oui. Tant que l’on apporte des preuves assez fortes pour contredire, et que l’on fait cela Lechem Chamayim, on peut contredire. Ainsi, avec tout le respect qui lui est dû, et avec 1000 excuses auprès du Hida qui fut la magnificence de sa génération, quelle est la similitude entre notre cas et celui de la Guemara rapporté plus haut[39] ?! Dans la Guemara, la personne reprend tout de suite dans un lapse de temps de Tokh Kédé Dibour. Alors que dans notre cas, la personne qui rend quitte ne se reprend en aucun cas, car ce sont les passages qu’elle doit dire. Et donc, on pourrait considérer cela comme étant une interruption.
 
Autre preuve du Hida
 
Le Hida une autre preuve. Il est dit dans le Choulhan Aroukh[40] :
 
הטועה ומזכיר מאורע שאר ימים בתפלה שלא בזמנה לא הוי הפסקה.
Celui qui se trompe et dit le passage de Méoré[41] lors de sa Amida, alors que ce n’est pas son temps, ce n’est pas considéré comme une interruption
Donc, étant donné qu’avoir ajouté un passage lors de la Amida n’est pas une interruption, dans notre cas, la personne pourra se rendre quitte.
Mais encore une fois, on ne peut pas assimiler les cas, car dans le Choulhan Aroukh ci-dessus c’est uniquement lorsque le passage a été ajouté par inadvertance et donc, Bediaavad, la personne est quitte. Mais dans notre cas, on ne peut pas autoriser Lekathila d’ajouter. On ne peut donc pas apporter une preuve de là.

Troisième preuve du Hida
Le Hida apporte encore une troisième preuve. Il est dit en ce qui concerne une personne en cas de force majeure[42], qui a omis de faire sa prière d’Arvit, elle devra faire deux fois la Amida de Chaharit. Si la personne est le lendemain matin officiant, si elle fait deux Amidot, elle aura honte, peut-elle se rendre quitte de la seconde Amida par la Hazara qu’elle va elle-même faire en tant qu’officiant ? La Halakha dit qu’elle pourra, juste au moment où elle arrive à la fin de la Hazara, elle fera les trois pas en arrière (elle ne sera pas obligée d’ajouter le passage à la fin de Elokay Netsor).
Le Hida s’interroge alors : comment cette personne peut-elle se rendre quitte de la Tefila d’Arvit par la Hazara de sa Amida, s’il y a lors de la Hazara, le passage de la Kedoucha et le passage de Birkat Cohanim ? N’est-ce pas des passages qui n’existent pas dans la Amida d’Arvit ? Le Hida apprend de là, que même s’il y a une interruption, avec certains passages supplémentaires, on sera quitte. Même dans notre cas.
Mais encore une fois, on ne peut pas assimiler les cas, car lorsque nos Sages instituèrent le Din de Tashloumine, la seconde Amida qui doit être dite, c’est une Tefila doublée de la prière précédente, et non pas une prière similaire à celle ratée. Donc, il n’y a aucune interruption avec la Kedoucha et la Birkat Cohanim.
Mais, il faut savoir, même si nous avons contredit toutes les preuves du Hida, la Halakha est en effet, que la personne peut rendre quitte son ami même en ajoutant les passages supplémentaires.
 
[1] Déjà décédé
[2] Introduction sur les lois de Berakhot.
[3] Siman 202 alinéa 6
[4] Siman 202 alinéa 6
[5] Siman 29
[6] Siman 131
[7] Maarekhet Berakhot Siman 1 alinéa 31
[8] Siman 51 alinéa 3 et 20
[9] Maarekhet Cheakol p.21b
[10] Siman 202 alinéa 79 et Siman 208 alinéa 92
[11] Vol.1 fin du Siman 78 et fin du Siman 91.
[12] Après y avoir consommé 27g au minimum on dira Al Haetz étant donné qu’il s’agit d’un des 7 fruits d’Israel. Alors que sur les autres fruits (qui ne font pas partie des 7 fruits d’Israel) on dira « Boré Nefashot ».
[13] Car la Berakha de Nefachot ne rend pas quitte la Berakha de Meine Chaloch (si c’est du vin, la Berakha finale doit être Meine Chaloch).
[14] 96b
[15] Fin du chapitre Ketsad Mevarkhine 32b, alinéa Chmarim
[16] A l’époque des éléves de Rabbénou Yona
[17] Lois des Berakhot alinéa 4.
[18] Baba Batra 96b
[19] Siman 204
[20] Siman 204 Halakha 5
[21] Alinéa 7
[22] Alinéa 10
[23] Siman 204 Halakha 5
[24] Dans son Choulhan Aroukh Siman 204 Halakha 9
[25] Kllal 55 alinéa 3, 4
[26] Orah Haïm Siman 80
[27] Siman 202 alinéa 13
[28] Siman 38
[29] Echel Avraham alinéa 16
[30] Vol.2 p.75
[31] Vol.1 Siman 4
[32] Voir livre Beth Maran 2, page 327 : Le verset nous dit « Zakhor ét ma ché’assa lékha Amalék…lo Tichka’h », « souviens-toi de ce que t’a fait Amalék… tu n’oublieras point ». Il parait y avoir ici une redondance « souviens-toi », « n’oublie pas ». La Guemara nous enseigne, que nous devons apprendre de la Méguila, des enseignements pour la Parachat Zakhor. En effet, lorsque la Torah demande de se souvenir, c’est par la bouche. Ainsi nous lisons la Parachat Zakhor. Mais la Mitsva peut-elle être accomplie en récitant par cœur ? Dans la Méguila il est écrit « Kétov zoth bétokh Hasséfér », « tu écriras l’histoire (de Pourim) dans le livre ». De plus il est écrit « Zikarine véna’assine », « sont retenus et accomplis ». De même que la Torah utilise le terme « souvenir » en ce qui concerne Amalék, nous retrouvons le même terme dans la Méguila « retenir (souvenir) ». De même que la Méguila doit être écrite sur du Parchemin (« tu écriras l’histoire (de Pourim) dans le livre »), il en est de même pour la Parachat Zakhor. Par extension, elle doit être lue sur ce parchemin.
[33] Siman 486
[34] Traité Berakhot 6a
[35] Traité Berakhot Chap.1 Siman 14
[36] Lois de Berakhot Chap.8 Halakha 11
[37] Siman 209 Halakha 1
[38] Halakha 2
[39] Rappel : en ce qui concerne une personne qui avait un verre entre les mains et commence à faire la Berakha sur le liquide en pensant qu’il s’agissait d’un vin (Haguéféne), mais se rendit compte qu’il s’agissait en réalité d’un alcool (Cheakol) et finit la Berakha en disant Chéakol (la Berakha adéquate)
[40] Siman 108 Halakha 12
[41] Il s’agit des passages comme « Yaalé Véyavo » à Rosh Hodesh par exemple, ou « Al HaNissim » lors de Hanouka ou Pourim.
[42] Uniquement dans un cas de force majeure, si la personne a omis Arvit (par exemple), alors elle devra faire une Amida de Chaharit en Tashloumine. Par exemple, dans le cas où la personne s’est endormie.