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Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef Parachat Toldot 5780

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef

| 29.11.19 | 08:00
 Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef Parachat Toldot 5780
Dans le cours précédent, nous avions développé au sujet du Birkat Hamazone. Nous avions conclu, que lorsqu’une personne se retrouve dans une situation où elle ne peut pas dire Birkat Hamazone [Par exemple, elle se trouve dans l’avion et ne connait pas à l’oral, le Birkat Hamazone. Il est important de préciser, que dans un avion, n’ayant aucune autre possibilité de procéder à l’ablution des mains, en dehors des toilettes, il est autorisé exceptionnellement de la faire là-bas, en fermant la lunette des toilettes], elle ne pourra pas se rendre quitte par la Berakha finale de « Al HaMé’hia ». Nous allons à présent développer.

Majorité VS minorité
Il est enseigné dans le traité Berakhot (37a) un épisode de Rabban Gamliel et les anciens qui étaient assis à Jéricho. Ils consommaient ensemble des dattes de miel susmentionnées parmi les sept espèces (Rachi). Rabbane Gamaliel invita Rabbi Akiva, à dire la bénédiction finale. Rabbi Akiva dit alors la Berakha de Mé’ine Chaloch « Al A’etz ». Rabbane Gamaliel l’interpella lui disant « tu vas jusqu’à t’immiscer dans la controverse, alors que tu es en ma compagnie ? ».
[Pour expliquer, il existe une discussion, entre nos Sages et Rabbane Gamliel. Ce dernier pense, que lorsque l’on consomme l’un des sept fruits d’Israël, la bénédiction finale qui doit être dite est le Birkat Hamazone. Alors que selon nos Sages, la Berakha finale est bien « Al Ha’étz »]
Rabbi Akiva répondit : « Rabbi, même si vous n’êtes pas d’accord, n’est-ce pas que vous nous aviez enseigné que lorsqu’il y a une discussion entre une majorité et une minorité, la Halakha doit suivre la majorité (ce qui est le cas). »
Pour quelle raison Rabbane Gamliel considéra l’acte de Rabbi Akiva comme s’immiscer dans la controverse, si nous devions considérer le fait de dire la Berakha de Mé’ine Chaloch, comme pouvant rendre quitte du Birkat Hamazone. Si ce n’est de dire, que justement, la Berakha de Mé’ine Chaloch ne peut pas rendre quitte du Birkat Hamazone, d’où l’intervention de Rabbane Gamliel.

Autre explication de cette Guemara
Le Rashbah quant à lui rapporte au nom du Raavad, que l’histoire rapportée par la Guemara parle à la fin du repas, alors que les tables ont été débarrassées (Silouk Hashoulhane). Cette compréhension relate du fait, que selon le Raavad, on doit dire la Berakha sur le fruit, ainsi que la Berakha finale, même avant le Birkat Hamazone, dans une telle situation. Ainsi, Rabbane Gamliel, lequel pense, que même après que les tables sont débarrassées, on se rend quitte de la Berakha finale du fruit, par le Birkat Hamazone aussi, l’interpella. Selon Rabbane Gamliel, le fait que Rabbi Akiva a dit la Berakha finale sur la datte, s’agirait d’une bénédiction qui n’était pas nécessaire.
Selon cette compréhension, on ne peut aucunement rapporter une preuve, que la Berakha de Mé’ine Chaloch ne puisse pas rendre quitte du Birkat Hamazone (comme nous l’avons précisé plus haut).
Le Rashba, quant à lui, ne suit pas la même opinion que le Raavad, et pense que selon le langage de la Guemara, on peut comprendre qu’il n’était pas autour d’un repas à base de pain, mais plutôt autour de fruits et d’autres desserts.

Entre parenthèse
Avant de continuer sur le sujet entamé, il est important de mettre en relief la Halakha pour ce qui est du Silouk Hashoulhane. Il faut savoir que dans les époques antérieures, chacun avait une petite table pour manger, comme un Stander (bien sûr, qui n’est pas penché, ce qui causerait une certaine complexité pour manger…). Après avoir fini de manger, ils retiraient les tables, et apportaient les fruits et faisaient dessus, la Berakha du début ainsi que la Berakha finale[1]. La raison pour laquelle la Berakha finale n’était pas incluse dans le Birkat Hamazone qui était dit par la suite, est justement par le fait qu’ils retiraient les tables (Silouk Hashoulhane) et n’avaient plus de lien avec le repas en consommant le dessert.
Les Tossafot (traité Berakhot 41b alinéa A’har HaSe’ouda) pensent qu’aujourd’hui ce Din n’existe plus, car notre conscience est toujours liée au repas, jusqu’à avoir terminé le Birkat Hamazone. On se rendra donc quitte de toutes les bénédictions finales par le Birkat Hamazone.
Le Levouch (Siman 177 alinéa 2) distingue entre un grand repas et un plus petit repas. Lors d’un repas moins important, on n’a pas l’habitude de retirer la table, ce qui n’est pas le cas lors d’un grand repas (et donc, lors d’un grand repas on devrait faire la Berakha finale sur les fruits). D’ailleurs, nous pouvons remarquer lors des mariages, ou certaines fois, ils retirent les tables pour laisser place aux danses[2]. Effectivement, dans ce cas-là on devrait considérer cela, comme Silouk Hashoulhane. Mais, certaines fois dans les mariages, il y a sur le côté un bar avec de la nourriture. Dans ce cas-là, même si les tables ont été retirées, on n’appellera pas cela Silouk Hashoulhane.
Il y a environ 30 ans, nous avons apporté dans le Yalkout Yossef[3] une discussion entre le Ba’h[4] et le Levouch pour ce qui est du statut du Din de Silouk Choulhan aujourd’hui, et nous nous sommes interrogés pour ce qui est de la conclusion. Nous avons aussi apporté l’avis du Choulhan Aroukh[5], d’où nous pouvons déduire, qu’aujourd’hui ce Din n’existe plus. Cependant, nous avons ajouté à la fin du livre l’avis de Maran Harav Zatsal au nom du Maharash Elgazi[6] qu’aujourd’hui existe encore ce Din. Après plusieurs années, le livre Halikhot Olam[7] sortit, et Maran Harav Zatsal écrivit explicitement que ce Din existe encore aujourd’hui.

Retirer la nappe en plastique
Ainsi, si après le repas, avant de faire le Birkat Hamazone, on retire la nappe en plastique avec tous les ustensiles jetables[8] et la table reste alors vide, sans pain, cela s’appelle bien Silouk Hashoulhane. Dans une telle situation, si on apporte ensuite un aliment, on devra dire dessus la Berakha du début et la bénédiction finale et ensuite on dira le Birkat Hamazone.
Si les choses se sont faites de cette manière, on pourrait remettre le pain sur la table, et ce ne sera pas considéré comme étant Silouk Hashoulhane.

Revenons
Pour revenir, dans le cours précédent nous avons développé ce qui concerne la Berakha de Mé’ine Chaloch si elle rend quitte du Birkat Hamazone. Selon le Réa[9] si la personne doit dire Birkat Hamazone et dit à la place une des Berakhot du Mé’ine Cheva elle sera quitte Bediavad. Cependant, selon le Ritva, elle ne sera pas quitte. On comprend donc, qu’elle devra même reprendre le Birkat Hamazone. Tel est l’avis du Ba’h[10], du Drisha[11], du Magen Avraham[12], du Elia Rabba[13] et d’autres encore.
Dans le cours précédent nous avons conclu, suivant la règle de Safek Berakhot, si une personne a dit la Berakha de Mé’ine Chaloch à la place du Birkat Hamazone, elle ne reprendra pas, car il se peut qu’elle se rende quitte par cette Berakha. Tel est l’avis du Ginat Vradim[14]. En revanche, dans le cas où la personne n’a aucune possibilité de se procurer un Siddour et ne connait pas le Birkat Hamazone par cœur, elle ne dira pas la Berakha de Mé’ine Chaloch pour se rendre quitte.

D’autres avis
Il est rapporté dans le traité Berakhot[15] que si on ne dit pas le passage de « Berith VeTorah Haïm OuMazone » dans le Birkat Hamazone, nous ne sommes pas quittes. Selon cela, le responsa Agoura BéHoalékha tranche que celui qui dit la Berakha de Mé’ine Chaloch à la place du Birkat Hamazone, ne sera pas quitte, car dans la Berakha de Mé’ine Chaloch, le passage de « Berith VeTorah Haïm OuMazone » n’y est pas.
Cependant, le Mordekhi[16] rapporte que selon le Raavaya, le passage de « Berith VeTorah Haïm OuMazone » doit être selon lui dit durant la Berakha de Mé’ine Chaloch. Ce qui n’est pas l’avis de la plupart des Poskim.
Pour ce qui est de la Halakha, nous tenons que l’omission du passage de « Berith VeTorah Haïm OuMazone » ne rend pas caduque la bénédiction. En effet, nous pouvons comprendre du Rambam que la Halakha est tenue de cette façon, car il écrit[17] :
ברכת הארץ צריך לומר הודייה בתחלתה ובסופה וחותם בה על הארץ ועל המזון וכל שלא אמר ארץ חמדה טובה ורחבה בברכת הארץ לא יצא ידי חובתו וצריך להזכיר בה ברית ותורה וכו'
Il faut mentionner des remerciements au début et à la fin et conclure la Berakha par « Al Haaretz ve’al HaMazone ». Celui qui ne mentionne pas dans cette Berakha, le passage de « Eretz Hemda Tova Oure’hava » ne sera pas quitte. On devra aussi énoncer le passage de « Berith VeTorah » etc.
Le Rambam ne dit pas que si le passage de « Berith VeTorah Haïm OuMazone » est omis, on ne sera pas quitte. On comprend donc, que cette omission ne rend pas caduque la Berakha.
Maran Harav Zatsal rapporte dans son responsa Yabia Omer[18] l’avis du Agoura BéHoalékha et le contredit suivant ainsi la règle de Safek Berakhot Leakél. Il faut savoir que cette règle est mise en place dans la Halakha même lorsque la discussion est entre une minorité face à une majorité selon le Poskim. Tel est l’avis de Rabbi Haïm Faladji[19], ainsi que du livre Dvar Moché[20] et du Sdé Hemede[21].

Conséquence
Ce qui en ressort de cette Halakha est que lorsqu’une personne consomme une moitié d’un Kazaït (moitié de 27g) de pain et une autre moitié de gateau, elle ne dira pas la Berakha de Mé’ine Chaloch pour la bénédiction finale, car il se peut que cette Berakha ne rende pas quitte du Birkat Hamazone. On tiendra alors le principe de Safek Berakhot.
On ne pourra pas dire non plus la bénédiction finale de Boré Nefashot, « considérée » comme incluant tous les aliments, car en effet, contrairement à la Berakha de Cheakol, cette bénédiction finale ne rend aucunement quitte tous les aliments. Ainsi, elle ne rend quitte ni la Berakha de Mé’ine Chaloch, ni le Birkat Hamazone.
De plus, une personne ayant consommé une moitié de Kazaït de datte[22] et une autre moitié de pomme[23], elle ne dira aucune Berakha finale, encore selon le principe de Safek Berakhot Leakel.
Enfin, dans le cas où la personne a consommé un Kazaït de datte, mais ne connait pas par cœur la Berakha finale de « Al Haetz », elle ne dira pas en replacement, la Berakha finale de « Boré Nefashot ».

Chaque aliment avec sa Berakha
Il est enseigné dans le traité Berakhot[24] selon le verset[25] :  בָּרוּךְ אֲדֹנָי, יוֹם יוֹם, Loué soit le Seigneur ! Jour par jour il nous accable [de ses bienfaits], que chaque fruit est avec sa Berakha. Sur ce, Rabbi David Aboudrahem[26], sur lequel aucune opinion diverge, explique que lorsque la Guemara nous apprend que « celui qui profite de son monde-ci sans Berakha équivaut à avoir consommé ou utilisé quelque chose appartenant au Beit Hamikdash », elle parle aussi sur la Berakha concernant un aliment, on ne peut pas dire une Berakha qui ne concerne pas l’aliment en question. On se doit d’être intransigeant et dire la Berakha adéquate à chaque aliment. Même si dans certains cas, avoir une Berakha à la place d’une autre, la personne est quitte, on doit se renseigner et connaitre chaque Berakha pour chacun des aliments.
On apprend de là un grand ordre moral, ô combien on doit faire attention à cela, par exemple de dire la Berakha de « Adama » sur le Popcorn, sur le Bamba et sur la Halva. On ne mettra pas en avant le fait qu’on se rende quitte d’une Berakha, alors il n’est pas nécessaire de « connaitre », car nous venons d’apprendre que même si la personne est certes quitte, elle ne met pas de côté pour autant l’enseignement de la Guemara[27] expliqué par Rabbi David Aboudrahem.

La Berakha finale « Boré Nefashot »
Nous venons de dire que la Berakha finale, ne rend pas quitte tous les aliments. En effet, nous pouvons rapporter une preuve à cela, selon ce qui est enseigné dans le traité Berakhot[28] : si une personne consomme des grains de blé entier, comme ce que l’on appelle la Chalva (voir photo), on dira dessus la Berakha de Adama. Sur ce, les Tossafot[29] doutent sur leur Berakha finale, après en avoir consommé un Kazaït[30]. Rabbénou Tam tranche que l’on dira la Berakha finale « Al Haadama », mais il revint sur sa décision, car nous ne retrouvons dans un aucun endroit une telle Berakha, et nous ne pouvons en aucun cas, instituer de nouvelle Berakhot[31].
Le Rosh[32] aussi est doute sur la Berakha finale, mais conclu en apportant l’avis du Yerouchalmi[33], que Rabbi Yirmiya ne consommait pas de semoule (Soléth), car il doutait sur la Berakha finale. De là, nous pouvons apprendre qu’en cas de doute on ne peut se suffire de la Berakha finale de Boré Nefashot, qui ne peut rendre quitte de « Al Hame’hiya ».

Autre preuve
Voici encore une autre preuve que la Berakha finale de Boré Néfachot ne rend pas quitte de Mé’ine Chaloch. Il est rapporté dans le Choulhan Aroukh[34] :
מי שריית צמוקים ותאנים או מי בישולם מברך עליהם שהכל ויוצא גם להרא"ש אבל בברכה שלאחריהם יש להסתפק אם מברך בורא נפשות או אם מברך ברכה אחת מעין שלש כהרא"ש. ולכן ירא שמים לא ישתה אלא בתוך הסעודה או יאכל פרי משבעה מינים וגם ישתה מים כדי שיצטרך לברך ברכה אחת מעין שלש ובורא נפשות
L’eau dans laquelle ont été infusés des raisins secs[35] et des figues, ou bien l’eau dans laquelle ils ont cuit, la Berakha sera Cheakol. Mais pour ce qui est de la Berakha finale, on peut douter si on doit dire Boré Nefashot ou bien la Berakha de Mé’ine Chaloch. Ainsi dans le doute, une personne craignant Hachem, ne consommera cette eau que durant un repas à base de pain[36] (se rendant quitte de la Berakha finale par le Birkat Hamazone), ou bien, elle consommera un des 7 fruits d’Israël (correspondant à la Berakha du raisin) et boira de l’eau (neutre), afin de pouvoir dire autant la Berakha de Mé’ine Chaloch, autant la Berakha de Boré Nefashot.
Par le fait que le Choulhan Aroukh conclut qu’une personne craignant Hachem consommera l’eau en question durant un repas, on comprend aussi que la Berakha de Boré Nefashot ne peut pas rendre quitte.

Les autres Poskim
Comme nous avons conclu donc, la Berakha finale de Boré Nefashot ne peut pas rendre quitte les autres Berakhot finales. Tel est l’avis du Ram’a MiPano[37], du livre Yossef Ometz Youzpa[38], et du Levouch[39]. Cependant, le Ginat Vradim[40] contredit et pense que la Berakha Boré Nefashot rend quitte les autres Berakhot finales. Tel est aussi l’avis du Gaon Harav Moché Feinshteine dans son livre Igrot Moché[41]lequel écrit que si la personne ne connaît pas la Berakha finale en question par cœur, pourra dire Boré Nefashot et se rendra alors quitte. De cette façon il est aussi inscrit dans le Kitsour Choulhan Aroukh du Gaon Rabbi Rephael Barouh Toledano[42].
Cet avis se tient sur l’opinion du Kaf HaHaïm[43], afin de ne pas transgresser l’enseignement de nos Sages (rapporté plus haut) de ne pas profiter de ce monde sans Berakha. Cependant, il ne prit pas connaissance des Tossafot Yeshénim[44], lesquels pensent que l’enseignement de nos Sages cité, concerne uniquement la première Berakha que l’on dit avant de consommer l’aliment, mais pas la bénédiction finale. D’ailleurs, une preuve à cela est que nous disons la Berakha du début si nous mangeons qu’un seul grain de sésame, ce qui n’est pas le cas pour la Berakha finale ou nous la disons uniquement à partir d’un Kazaït. S’il y avait une quelconque crainte d’enfreindre l’enseignement de la Guemara[45], pour quelle raison la Berakha finale ne pourrait être dite qu’à partir de Kazaït ?

Différence entre la Berakha du début et la Berakha finale
Le Kessef Mishné[46] explique, que la raison pour laquelle nos Sages instituèrent de dire la Berakha sur un aliment même en consommant qu’une infime quantité, et que la personne aurait consommé une petite quantité, pour ensuite continuer et manger une seconde infime quantité, jusqu’à en arriver à un repas conséquent sans dire la Berakha.

La Berakha sur un bonbon
Lorsque l’on mange une sucrerie, il suffit de sucer un peu et d’avaler afin de pouvoir parler après la Berakha. Certains pensent que l’on doit sucer une partie conséquente du bonbon afin de pouvoir parler, mais nous ne tenons pas comme cela la Halakha.
De même pour un Chewing-gum. Rabbi Ovadia Adaya dans son responsa Yaskil Avdi[47]pense que l’on ne dit pas de Berakha sur un Chewing-gum car on doit dire la Berakha uniquement si on avale l’aliment. Mais qui avale les Chewing-gum[48] ? Ainsi, Maran Harav Zatsal rapporte son avis dans son responsa Yabia Omer[49] et le contredit[50].
 
[1] Lorsqu’on apporte durant un repas à base de pain, des gâteaux, on ne fait ni la Berakha du début « Mezonot », ni la Berakha finale. En effet, dans le cours précédent nous avons apporté une discussion en ce qui concerne le statut d’un pain qui est nommé Pate Habaa Békisnine (un pain Mezonot). Pour rappel : il existe une discussion bien connue à ce sujet : qu’appelle-t-on une pâte Mezonot ? Selon le Rav Aye Gaon, il s’agit d’une pâte croustillante, comme des Bretzels. Mais selon cette opinion, tout autre gâteau ou borekas, la Berakha sera « Hamotsi ». Selon Rabbénou Hannanel il s’agira d’une pâte fourrée à la noix ou au miel, mais pour ce qui est de tout autre gâteau, même croustillant c’est « Hamotsi ». Et selon le Rambam, il s’agit d’une pâte qui est pétrie avec du sucre ou au miel, et que l’on ressent le goût sucré. Selon ce dernier, même des gâteaux fourrées ou croustillant c’est « Hamotsi ». Le Choulhan Aroukh (Siman 168) tient la Halakha comme les 3 avis, et dans les trois cas, le pain en question sera Mezonot, suivant la règle de Safek Berakhot Leakel. C’est pour cette raison, que si on apporte un gateau à table alors que nous sommes durant un repas à base de pain, nous ne faisons pas la Berakha sur le gâteau, car il se peut que selon un (ou plusieurs) des avis rapportés plus haut, il s’agisse d’une pâte qui est Motsi et que nous nous sommes déjà rendus quittes de cette Berakha. Cette Halakha tient aussi, même dans le cas où le gâteau est apporté à la fin du repas, en tant que « dessert ».
Selon cette explication, certains pensent, que dans certains gâteaux, on doit dire la Berakha de Mezonot même durant les repas, comme les Baklawa, étant donné que les 3 conditions y sont réunies : la pâte du dessous est pétrie avec du sucre et on ressent le goût (comme l’avis du Rambam), au milieu c’est fourré avec des noix et des amandes (comme l’avis de Rabbénou Hannanel), et au-dessous il y a une pâte feuilletée qui est croustillante (comme l’avis du Rav Aye Gaon). En effet, un aliment qui ne vient pas en général durant un repas n’est pas rendu quitte par la bénédiction de « Hamotsi » au début du repas. Il s’agit là d’un gâteau Mezonot selon tous les avis. Mais selon la Halakha, il est préférable de garder ce gâteau après le Birkat Hamazone, car selon le Rashba (traité Berakhot 41b), on ne dit pas la Berakha sur une Pate Habaa Bekisnine mais seulement après le Silouk Hashoulhane, ce qui est difficilement trouvable aujourd’hui.
[2] Il faut savoir, qu’uniquement ceux qui sont invités à un mariage et réjouissent les mariés peuvent manger le repas du mariage. On peut remarquer certains, qui n’ont pas où manger ou bien certains jeunes qui logent non loin de la salle, qui viennent manger alors qui ne connaissent aucunement les mariés. Il faut faire très attention, car mis à part le fait que la personne transgresse l’interdit du vol, il transgresse aussi l’enseignement qui est rapporté dans le traité Berakhot (6b) disant que tout celui qui mange lors d’un repas organisé en l’honneur du Hatane mais ne le réjouit pas transgresse et dénigre les 5 Kolot. Pour expliquer, il est rapporté dans le prophète Yirmiyahou (33, 11) :
 
קוֹל שָׂשׂוֹן וְקוֹל שִׂמְחָה, קוֹל חָתָן וְקוֹל כַּלָּה, קוֹל אֹמְרִים הוֹדוּ אֶת-יְהוָה צְבָאוֹת כִּי-טוֹב יְהוָה כִּי-לְעוֹלָם חַסְדּוֹ, מְבִאִים תּוֹדָה בֵּית יְהוָה: כִּי-אָשִׁיב אֶת-שְׁבוּת-הָאָרֶץ כְּבָרִאשֹׁנָה, אָמַר יְהוָה.
[on entendra] des accents d'allégresse, des cris de joie, le chant du fiancé et le chant de la fiancée, la voix de ceux qui s'écrient: "Rendez hommage à l'Eternel-Cebaot, car l'Eternel est bon et sa grâce est immuable! " tout en apportant des offrandes au Temple du Seigneur, car je rétablirai les exilés de ce pays, comme ils y étaient jadis, dit l'Eternel.
 
Hachem prévoit cette bénédiction si on réjouit le Hatane. Ceux qui mangent dans un tel repas et ne réjouissent pas le Hatane dénigrent ces 5 Kolot prévues. Il faut faire très attention à cela. Si la personne veut quand bien même manger dans un tel repas sans connaitre les familles respectives, il demandera aux familles si elles acceptent ou non (les familles en générale payent la moitié chacune, si elles ne sont pas avares…).
 
Arrondir les angles dans le bus
 
En parlant de l’interdit de voler, certains se permettent d’entrer dans le bus alors qu’ils ont plus de 18 ans et payent au prix réservé aux mineurs. Qui autorisa cela ?! la société Edded, est une société privée, contrairement à certains autres bus qui n’ont pas beaucoup de voyageurs, et donc n’ont pas de quoi continuer leurs services, l’Etat paye pour qu’ils continuent. Une fois un Rav autorisa de les voler sous prétexte qu’ils transgressent Chabbat. Mais depuis quand est-il permis de voler ceux qui transgressent Chabbat ou à Libermane ?! C’est du vol. Certains jeunes de Yeshiva me disent que cette société permet une réduction aux élèves d’Université, ce qui n’est pas le cas pour les élèves de Yeshivot ! Sont-ils moins bien qu’eux ? Ils ont raison sur le principe, car il est évident qu’un élève de Yeshiva est bien mieux, mais ce sont leurs conditions. Hachem ne leur a pas donné encore assez d’intelligence et de conscience pour comprendre l’importance d’un étudiant de Yeshiva. Mais étant donné qu’ils ont émis ces conditions, on ne peut pas les enfreindre. (Traité Ketoubot 56a, traité Kiddouchine 19b, traité Baba Metsia 51a et 94a)
[3] Vol.3 p.185
[4] Siman 177
[5] Siman 177 Halakha 2
[6] Il vécut il y a de cela 250 ans à l’époque du Hida. Rapporté dans le Birké Yossef Siman 177 alinéa 2.
[7] Vol.2 Parachat Nasso Halakha 8
[8] Certains lavent même les ustensiles jetables, mais qui fait cela encore aujourd’hui ! L’abondance règne aujourd’hui Baroukh Hachem.
[9] Rabbénou Aharon Halevy dans ses Hidoushim du traité Berakhot 16a p.30 et traité Berakhot 44a p.135.
[10] Siman 168
[11] Siman 168 alinéa 1
[12] Alinéa 18
[13] Alinéa 18
[14] Il y a 350 ans environ. Kllal 1 Siman 24
[15] 49a
[16] Traité Berakhot fin du Siman 150
[17] Lois des Berakhot Chap.2 Halakha 3
[18] Vol.2 Orah Haïm Siman 12 alinéa 16
[19] Responsa Lev Haïm vol.1 fin du Siman 91 alinéa Ella.
[20] Vol.1 Siman 38
[21] Maarekheth Berakhot Siman 1 alinéa 18
[22] Sur laquelle on dit la Berakha finale de Al Haetz après y avoir consommé au minimum 27g
[23] Sur laquelle on dit uniquement la Berakha finale de Boré Nefashot après y avoir consommé plus de 27g.
[24] 40a
[25] Tehilim 68, 20
[26] Un de nos maitres Rishonim. Début des lois de Berakhot.
[27] Rappel : celui qui profite de ce monde-ci sans Berakha équivaut à avoir consommé ou utilisé quelque chose appartenant au Beit Hamikdash.
[28] 37a
[29] Alinéa Hakosses
[30] La Halakha conclut à ce sujet, que celui qui consomme un Kazaït sur un lapse de temps de Kédé HaKhilat Prass, on dira la Berakha de Boré Nefashot, comme il est dit dans le livre Hazon Ovadia sur Berakhot (p.183)
[31] Par exemple, une femme aussi dira lmes Birkot Hasha’har, mais ne pouvant dire la Berakha « Chélo Assani Isha », elle dira « Baroukh Cheassani Kirtsono », sans le nom d’Hachem, car cette dernière Berakha n’est pas énoncée dans la Guemara. Cependant, dans certaines communautés d’Afrique du Nord, au Maroc, ils avaient la coutume de dire cette dernière Berakha avec le nom d’Hachem, mais il s’agit d’une Berakha en vain. Ainsi, toutes les Berakhot n’étant pas énoncées dans la Guemara, on ne la dira pas avec le nom d’Hachem, comme la Berakha « Asher Tsag » (dite par le Hatane après le premier soir du mariage), ou bien la Berakha de « Asher Kidesh Oubar » (lors du Pidyone Habéne).
[32] Traité Berakhot Chap.6 Siman 9
[33] Traité Berakhot Chap.6 Halakha 1)
[34] Siman 202 Halakha 11
[35] Cette eau est réalisée en infusant des raisins secs à l’intérieur. L’eau prend le goût du raisin, et ainsi le goût, selon le principe de Kavouch Kémevouchal va prendre le dessus et prendra le statut principal. Certains pensent, que déjà, après 24h, cette eau deviendra du vin, d’autres pensent qu’au bout de 3 jours. Le Gaon Mimounkatsh (responsa Minhat Eliezer Vol.1 Siman 45) explique que pour que le goût devienne principal (Taam Kéikar) il suffit de 24h, mais pour que le statut de cette eau change le statut de vin, il faut 3 jours. Ainsi, on pourra dire dessus la Berakha de « HaGuéféne ». Tout cela, uniquement dans le cas où on a retiré l’eau des raisins secs, comme nous l’apprend le Choulhan Aroukh.
[36] La même chose pour le Thé ou Café, on ne dira la Berakha dessus lors d’un repas à base de pain, car nos Sages n’ont fait aucune différence selon les boissons.
 
Une glace durant le repas
 
La même chose pour une glace, si elle est apportée durant un repas, on ne dira pas dessus la Berakha de Cheakol car, si on la laisse fondre, elle devient comme une boisson. S’il y a dessus du chocolat dur, on peut dire sur ce chocolat Cheakol, ou bien sur une gaufrette, on peut dire la Berakha de Mezonot comme nous l’avons déjà expliqué. Et ce, même si cette glace est apportée en dessert, il n’y a aucune différence. La même chose, si on nous apporte un verre de Barade (eau glacée au colorant), on ne dira pas la Berakha de Cheakol durant le repas.
 
Hakham Chalom Cohen me demanda lors d’un mariage, la raison pour laquelle je tranchai de cette manière la Halakha dans le Yalkout Yossef. Je lui expliquai, qu’on suivait le principe de Safek berakhot. Tel est l’avis de plusieurs Poskim. Je lui racontai que Maran Harav Ovadia Yossef Zatsal aussi, avait l’habitude de ne pas dire la Berakha de Cheakol sur une glace au milieu du repas. Un jour on la lui apporta durant le repas, mais la laissa de côté pour la consommer après le Birkat Hamazone et faire dessus la Berakha. Comme nous avons pu le voir dans les Cheva Berakhot que nous organisions pour les élèves de la Yeshiva.
[37] Elfassi Zouta début du chapitre Ketsad Mevarkhim. Il avait 29 ans lorsque Maran HaChoulhan Aroukh rendit l’âme. Maran HaChoulhan Aroukh lui envoya ses écrits pour qu’il lui imprime, car il fut le seul en qui il faisait confiance. Le Ram’a MiPano, lui imprima en Espagne et lui envoya en retour.
[38] Siman 421. Il est né en 5330. Il avait 5 ans lorsque Maran HaChoulhan Aroukh rendit l’âme.
[39] Siman 202 alinéa 11. C’était l’élève du Rama, lui aussi à l’époque du Choulhan Aroukh, il y a environ 450 ans.
[40] Kllal 1 Siman 15. Il y a environ 350 ans
[41] Orah Haïm vol.1 Siman 74
[42] P.243 Halakha 35. Voici ce que nous avons écrit dans la préface du livre Beth Maran 2 : Kitsour Choulhan Aroukh P.243 Halakha 35 : Lorsqu’une personne n’a pas connaissance de la bénédiction finale d’un aliment, ou bien Méine Chaloch, ou bien Boré Nefachot, et n’a pas d’autres aliments qui peuvent le sortir de ce doute, dira Boré Nefashot. Fin de citation. Cet avis se tient sur l’opinion du Kaf HaHaïm, afin de ne pas transgresser l’enseignement de nos Sages de ne pas profiter de ce monde sans Berakha. Cependant, il ne prit pas connaissance des Tossafot Yeshénim (traité Chabbat 23a), lesquelles pensent que l’enseignement de nos Sages cité, concerne uniquement la première Berakha que l’on dit avant de consommer l’aliment, mais pas la bénédiction finale. Tel est l’avis des Tossafot dans le traité Berakhot (39a). Mis à part cela, les Tossafot ainsi que le Rosh dans le traité Berakhot (37a) pensent que la Berakha de Boré Nefashot ne rend pas quitte la Berakha de Méine Chaloch. Ainsi est rapporté dans le Sefer Hatashbetz (Siman 322), ainsi que le Tour et le Choulhan Aroukh (Siman 202 Halakha 11 et Siman 108 Halakha 4), du Rama MiPano, du responsa Zera Emeth (Vol.3 p.90), des Tossafot et du Rosh (traité Berakhot 37a), du Maamar Mordekhi (Siman 208 alinéa 37), du Ziv’hé Tsedek (Siman 212 alinéa 20), du responsa Kiryat Hana David (vol.2 Siman 29) et tous les Poskim. On ne dira donc pas de bénédiction finale.
[43] Siman 212 alinéa 79
[44] Traité Chabbat 23a
[45] Que tout celui qui profite de ce monde sans Berakha c’est comme ci qu’il était Ma’al (profiter de quelque chose appartenant au Beth Hamikdash).
[46] Lois des Berakhot Chap.3 Halakha 12
[47] Vol.8 Orah Haïm Siman 20 alinéa 54, p.42
[48] Si on avale, y aura à la fin un arbre qui va pousser….
[49] Vol.7 Orah Haïm Siman 33
[50] Maran Harav avait un très grand respect envers ce Rav mais cela n’empêcha pas de le contredire, car tel est le Derekh HaTorah.