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Ethique et foi

L’univers est un palais et l’homme, un invité

Nous sommes les hôtes du Roi des Rois, dans Son merveilleux palais.

| 25.11.19 | 01:00
L’univers est un palais et l’homme, un invité
Hachem considère l’Homme comme la plus précieuse de Ses créatures. Mais cette vérité suscite une question : pourquoi avoir créé un univers aussi grand pour un homme tellement petit ?
Illustrons notre réponse par une parabole : Imaginez l’atmosphère qui règne dans le palais d’un Roi. Mais ce palais n’est pas semblable aux autres. Il est d’une majesté incomparable, à l’image de son propriétaire, Hachem, le Roi des Rois. Pourtant, cela ne change rien à l’attention que le Roi porte aux invités que nous sommes au sein de Sa somptueuse demeure. Nous avons la possibilité de lui parler et de lui exposer nos requêtes. Chacun d’entre nous doit se réjouir en songeant à l’amour et à l'intérêt que le Roi lui porte. 
Et comme tout monarque bienveillant et soucieux du bien être de Ses sujets, Hachem a conçu un lieu de résidence agréable pour Ses honorables invités : la Terre. La Torah nous enseigne qu’Hachem créa le monde de manière à ce que la vie puisse s’y développer. Nos Sages enseignent que la Terre fut spécialement conçue pour l’homme, “à l’image d’un roi de chair et de sang qui construit un palais et prépare un banquet, avant d'accueillir ses invités”. (Sanhédrin 38 - 71). Et si les invités que nous sommes venaient à s’enorgueillir, souvenons-nous que “ le moustique fut créé avant nous ” et que nous sommes infiniment petit comparés à l’immensité du palais royal.
 
A notre époque, la mentalité occidentale prône l’individualisme et le capitalisme, qui place l’individu au cœur de toutes les attentions. Cependant, cette façon de penser est empreinte d'orgueil et conduit à l’ingratitude. A l’image d’un enfant gâté, l’homme peut alors être déçu et contrarié de voir que la réalité ne correspond pas à ses aspirations.
A l’opposé, se trouve la philosophie collectiviste, portée à l’extrême par les communistes, qui considèrent que l’individu n’a aucune valeur tant qu’il ne fait pas partie d’un ensemble. Cette dépréciation de l’homme en tant qu’individu conduit à la folie, à une incompréhension du but de l’existence et au mépris de la vie humaine. 
 
La vérité enseignée par la Torah est le juste milieu de ces pensées extrémistes : s’il est vrai que l’homme doit comprendre qu’il fait partie d’un tout et que sa volonté doit s’annuler par rapport à la réalité qui l’a précédée, il n’en demeure pas moins extrêmement important aux yeux de son Créateur, le Roi du monde qui l’aime, l’écoute et s'intéresse à son sort.
Même si le merveilleux palais du Roi n’a pas été exclusivement conçu pour l’homme, le Roi accorde une attention particulière à chacun de Ses invités : “Hachem est proche de ceux qui l’appellent, de tous ceux qui l’appellent avec sincérité.” (Tehilim 145 - 1) D’autant que nous ne sommes pas de simples invités. Nous sommes ses fils et filles bien aimés.  
 
Le collectivisme génère de l’humilité, tandis que l’individualisme fait naître chez l’homme un sentiment d’importance. Mais poussées à l’extrême, ces philosophies sont nocives pour l’homme et pour la société. 
 
Notre approche de la vie doit être celle qu'enseignait le Rav Sim’ha Bounim de Pshiskha qui disait : “ L’homme doit conserver dans l’une de ses poches la phrase : ‘ C’est pour moi, que le monde a été créé ’, afin de servir Hachem avec enthousiasme et dans l’autre, la phrase : ‘ Je ne suis que cendre et poussière ’ afin qu’il garde à l’esprit que tout vient d’Hachem et qu’il ne peut rien sans Lui.”
La sagesse consiste à savoir à quel moment utiliser chacune de ces phrases pour éviter de tomber dans la dépréciation de soi, ou à l’inverse, dans l'orgueil. Ainsi, celui qui se sent petit et insignifiant devra se rappeler que le monde a été créé pour lui. Et celui qui accorde trop d’importance à son égo, devra se souvenir qu’il n’est rien sans Hachem et qu’il est infiniment petit dans l’immense et majestueux palais royal.