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Rav Zamir Cohen : Une bonne affaire !

Un bon conseil pour surmonter les difficultés et s’élever à chaque effort spirituel accompli !

| 08.11.19 | 08:00
Crédit : Shutterstock

Hachem s'adresse à Avraham en disant : « Ne crains rien Avraham ! Je suis un bouclier pour toi ; ta récompense sera très grande »

Et Avraham de répondre : « Hachem que me donnerais-Tu alors que je m'en vais sans postérité et que le fils adoptif de ma maison est (originaire) de Damas, (c’est) Eliezer »

 

Rachi commence verset : Que signifie  l’expression « le fils adoptif de ma maison »?  C'est que tout le foyer suivait ses instructions.  Comme on le voit dans les paroles  de Pharaon à Yossef : “ Mon peuple sera gouverné par tes paroles”.

L'une des explications du mot Daméssek (דמשק) - littéralement « de Damas »-  est la suivante : “Qui s'abreuve (Machké en hébreu (משקה)) des enseignements de son maître et les enseigne aux autres’’.

Bien qu’Eliezer  fut  un descendant de Canaan  et qu'il était ainsi maudit, (comme il est dit (Béréchit 9, 25) : “ Maudit soit Canaan !  Qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères”) il parvint néanmoins  à atteindre le  niveau d'enseigner aux autres les paroles de son maître  en choisissant d'être proche d'Avraham et d'être son serviteur.

Dans le livre des Proverbes (17, 2), il est question  d'un esclave intelligent.  Et de qui parle-t-on ici ? D’Eliezer.  En quoi était-il intelligent ? Il s'est dit : « Mieux vaut pour moi être un serviteur  dans cette maison plutôt que dans une autre où je serai maltraité. » 

Eliézer savait  que sa destinée était d'être esclave du fait de la malédiction de ses ascendants.   Néanmoins il préféra être l'esclave d'Avraham, le juste, au lieu d'être asservi chez un autre homme  sans foi ni loi.  Eliezer incarne ainsi l'enseignement suivant : “Qui est l'homme intelligent ? C'est celui qui sait anticiper”. Eliezer  n'a pas laissé le temps le mener par le bout du nez, mais c'est lui qui a pris l'initiative de travailler dans le meilleur endroit qui soit pour lui.  C'est ainsi qu'il a pu s'abreuver de la sagesse de son maître et de ses qualités. C’est ainsi qu’il a pu capter la lumière de la vérité qui émanait  d’Avraham Avinou  et qu'il a pu par la suite enseigner à son tour à autrui.

 

 Allons un peu plus loin dans ce raisonnement. 

Un homme intelligent qui sait qu'il doit subir telle ou telle souffrance, cherchera toujours le moyen  de trouver  le chemin le moins difficile,  le chemin qui pourra lui apporter en même temps un certain avantage.  Dans le Yalkout Chimoni (Parachat Ekev 850), nos Sages nous dévoilent que chacun d'entre nous a la possibilité d'éloigner les mauvais décrets ou malheurs qui auraient été émis à notre sujet.

 Si nous suivons le principe que nous avons énoncé plus haut, nous avons la possibilité de diriger nos souffrances futures (qui devront dans tous les cas avoir lieu)  vers  un effort spirituel qui remplacerait  cette souffrance. Et le Midrach de nous donner un exemple : « Celui qui souffre des dents,  ne peut pas dormir.  Celui qui souffre des yeux,  ne peut pas dormir non plus.  Et celui qui étudie la Torah,  ne dors pas également.  Celui-là est éveillé et celui-ci est éveillé, « Loué l'homme Qui est éprouvé par D. et qui s’instruit de sa Torah » (Psaumes 94, 12).

Expliquons-nous.  Un homme pour lequel, du ciel, il a été décrété qu'il ne dorme pas la nuit, en étudiant la Torah la nuit il s'évite à lui-même certaines souffrances physiques qu’il aurait dû subir et c'est pour cette raison que le Midrach  a rapporté ce verset des Psaumes : l'homme qui sait diriger ses souffrances vers l'étude de la Torah sera un homme heureux !

Autre exemple : un homme qui doit subir une humiliation  sur son lieu de travail mais qui décide de porter la kippa ou de changer de téléphone pour un téléphone Cachère ou avec un filtre plus puissant,  malgré la honte et les moqueries que cela pourrait lui causer, il évite une autre sorte d'humiliation qui lui causerait beaucoup plus de peine et de tristesse. 

De même, une femme qui déciderait de se vêtir selon les règles de pudeur et de se couvrir la tête malgré tout ce que pourront dire ses amies et son entourage, évite également de nombreuses autres moqueries sur d’autres sujets.

Cet enseignement nous permet ainsi de nous renforcer dans notre service divin.  En voyant que la chose est difficile et nous demande un effort constant et parfois même une certaine souffrance nous devons nous dire : « Cette difficulté,  cet effort que je fais aujourd'hui ce sont des mérites que j'accumule et qui annulent d'autres souffrances qui auraient dû de toute façon m'arriver. Pourquoi donc attendre de subir d'autres difficultés qui ne me permettraient pas de m’élever spirituellement ?  Mieux vaut pour moi diriger  ces efforts vers un but beaucoup plus louable  et mériter ainsi une récompense bien plus grande ! »

 C'est là le secret afin de surmonter chaque épreuve dans la joie et pour, chaque jour, s’élever  et accomplir de nouvelles Mitsvot pour notre bonheur en ce monde et au monde futur.

 Chabbat Chalom