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Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef - Parachat Haazinou

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef

| 10.10.19 | 01:00
 Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef - Parachat Haazinou
Nous avons commencé à dire « Hamélékh Hakadoch » et « Hamélékh Hamishpat ». Il est rapporté dans le traité Berakhot (12b) en ces termes : « Rabba bar bar Hanna Saba dit au nom de Rav, tout au long de l’année nous disons « Haél Hakadosh » et « Mélékh ohév tsedaka oumishpath » sauf durant les 10 jours de pénitence qui séparent Rosh Hachana et Kippour (inclus), où l’on dit « Hamélékh Hakadosh » et « HaMélékh Hamishpath » ».
Le Beth Yossef rapporte au nom de Rabbénou Manoa’h, qui était l’un des Rishonim, la différence entre les deux passages. Le passage qu’on a l’habitude de dire toute l’année « Mélékh ohév Tsedaka ouMishpath » veut dire qu’Hachem aime lorsque son peuple, ses créations, s’adonne à la bonté et à la droiture. Alors que le passage que l’on change durant les 10 jours de pénitence « HaMélékh Hamishpath », spécifiant qu’Hachem est le Roi, et juge tout le monde.
D’ailleurs, un des attraits à la royauté est bien le pouvoir de justice. Comme le verset nous l’apprend (Mishlé 29, 4) « Un roi grandit son pays par la justice » Si c’est le Roi, c’est aussi le justicier. Durant cette période, sa royauté est dévoilée. Selon cela, la différence est donc assez mise en relief. Tel est l’avis de Rav dans la Guemara.
Alors que selon Rabbi Elazar, dans la suite de la Guemara, si la personne omet de changer ce passage, elle sera quitte. En effet, selon lui, les deux passages sont véridiques. N’est-il pas écrit (Yishayahou 5, 16) « Et Hachem Tsévakot sera haut par le jugement, et le D. (Haél) saint sera sanctifié par la justice ». Le prophète définit cela, durant la période de Rosh Hashana et Kippour, et pourtant il utilise le terme « Haél », comme dans le passage que l’on dit toute l’année « Haél HaKadosh ». Donc, ce terme est aussi approprié durant cette période. Si la personne a donc omis de changer, elle sera quitte et ne reprendra pas.
La Guemara, rapporta alors une discussion entre Rav Yossef et Raba. Selon Rav Yossef, on ne changera pas le passage en question, mais on dira le même que toute l’année. Alors que selon Rabba, ce passage doit être changé et on dira « Hamélékh » La Halakha est tenue comme Rabba.
Discussion entre les Rishonim
Il existe, sur cette Guemara, une discussion dans les Rishonim. Car, même si la Halakha est tenue comme Rabba, est-ce là une différence radicale, qui mettra en cause la Amida de la personne en cas d’omission, et ainsi, devra-t-elle reprendre, ou bien est-elle rendue quitte quoi qu’il arrive ?
En termes plus poussés, les passages changés durant les 10 jours de pénitence, sont-ils considérés comme une entité dans la bénédiction en question et faisant partie intégrante de la prière (et donc, en cas d’omission, reprendre), plus communément appelé Matbé’a Hatfila, ou bien est-ce uniquement un rajout, tout comme « Al Hanissim » à Hanouccah ou Pourim, ou « Anénou » durant un jeûne, ou le « Yaalé véyavo » de la prière d’Arvit le soir de Rosh Hodesh. Par extension, comme les passages cités, plus communément appelés Mé’én Haméoré, on ne reprend pas en cas d’omission ?
Selon le Rif, le Rambam, le Rosh, le Or Zarou’a et le Méiri, ces passages sont considérés comme étant la Matbéa Hatfila. Donc, en cas d’omission, la personne reprendra. Tel est l’avis de Rabbénou Yérou’ham. De cette manière le Choulhan Aroukh (Siman 118 et Siman 581) tranche la Halakha.
Paradoxalement, Rabbénou Hananel, le Raavad, les élèves de Rabbénou Yona, ainsi que Rabbénou Yehiel (frère du Tour et fils du Rosh), pensent quant à eux, que les passages des 10 jours de pénitence sont considérés comme étant des Mé’én Haméoré. Ainsi, dans le cas où la personne a omis de dire ces passages, elle sera quitte. Selon cet avis, Rabba pense que même si on doit changer durant cette période, dans le cas où cela n’a pas été fait, on sera quitte.
L’avis des A’haronim
Comme nous l’avons dit, selon le Choulhan Aroukh, si la personne s’est trompée, elle devra reprendre. Le Rama, quant à lui, tranche la Halakha, qu’elle ne reprendra pas.
Selon la règle que nous suivons, le Pri ‘Hadash[1] tranche la Halakha comme le Choulhan Aroukh. Tel est l’avis du Hida, de Rabbi Yehouda Ayash[2], du Pri Adama ainsi que d’autres A’haronim.
Cependant, le Ben Ish Haï tranche la Halakha comme le Rama. Bien entendu, selon tous les avis, si la personne se rend compte d’avoir omis de dire « Hamélékh Hakadosh » (par exemple) dans le lapse de temps de Tokh kédé dibour, elle reprendra de suite la phrase.
Il est intéressant de remarquer que le Ben Ish Haï tranche la Halakha à l’encontre du Choulhan Aroukh. Mais si nous scrutons quelle était la coutume avant le Ben Ish Haï, il y a 100 ans, il s’avère qu’elle suivait l’avis du Choulhan Aroukh, comme nous l’apprend un des grands de la Torah à cette même époque à Bagdad, Rabbénou Avraham Hillel, contredisant ainsi l’avis du Ben Ish Haï.
L’avis du Ben Ish Haï se base sur une règle de Safék Berakhot Léakél. Expliquons. Si nous suivons l’avis de la plupart des Rishonim et du Choulhan Aroukh, si la personne omet de dire « Hamélékh Hakadosh » et dit « Haél Hakadosh », elle devra reprendre depuis le début de la Amida. Cela pourrait être considéré comme dire des bénédictions en vain, car selon d’autres Rishonim on ne reprend pas. Ainsi, c’est pour cette raison que le Ben Ish Haï tranche comme l’avis du Rama.
Cependant, la règle nous apprend que la Halakha doit suivre l’avis du Choulhan Aroukh. En effet, même s’il est vrai que l’on peut contredire l’avis du Choulhan Aroukh en cas de doute dans une Berakha, une autre règle nous apprend qu’en cas de coutume, nous ne craignons pas la règle de Safèk Berakhot léakél. Tel est l’avis du Troumath Hadéshén[3]et du Mahari[4].
Mais le Ben Ish Haï suit la règle de Safèk Berakhot, se tenant sur l’avis du Hida[5], disant que nous pouvons trancher la Halakha à l’encontre du Choulhan Aroukh, dans un cas où il peut y avoir un Safék Berakhot[6].
Contradiction du Hida ?
L’avis du Hida que nous venons de citer, parait être comme une contradiction avec ce que lui-même a tranché plus haut : en ce qui concerne les passages de « Haél HaKadosh » et « Hamélékh Hamishpath », si une personne se trompe, elle devra reprendre. Nous venons de dire que selon le Hida, nous tranchons la Halakha à l’encontre du Choulhan Aroukh lorsqu’il y a un Safék Berakhot ? Mais nous pouvons expliquer, comme le développement que nous venons de rapporter : lorsque la coutume est telle, nous ne craignons pas la règle de Safék Berakhot[7].
Il est donc intéressant de voir que le Ben Ish Haï ne remarqua pas l’avis du Hida en ce qui concerne notre sujet.
La coutume
Donc, étant donné que c’est une coutume, on se tiendra sur l’avis du Choulhan Aroukh. D’ailleurs, Rabbi Aharon ben Chimon[8] qui était spécialiste en matière de coutume, témoigne bien que la coutume à l’époque était de reprendre lorsque l’un passage cité était omis, comme l’avis du Choulhan Aroukh. Tel est l’avis du Gaon Rabbi Yossef Yédid Halévy[9].
Le Nétivé Am[10] aussi pense que la Halakha est suivie comme le Choulhan Aroukh.
Maran Harav réinstitua la Halakha comme elle était avant. Tout comme dans la bénédiction de « Laminim vélamanechinim » à la fin on doit dire « Makhni’a Zédim » et non pas « Makhni’a Minim ». D’ailleurs, le fils de Rabbi Haim Vital, Rabbi Chmouel Vital, écrit dans son Siddour que l’on dit « Makhni’a Zédim ». De même, on devra dire « Vé’al Ziknéhém » et « Tsedaka Véra’hamim » dans la Amida (à leur endroit initial).
Plusieurs preuves à cette Halakha
Dans le responsa Yabia Omer, Maran Harav Zatsal accentua cette Halakha en rapportant certaines preuves. Il est rapporté dans le Talmud Yerouchalmi[11], que si une personne dit dans le Chema le verset « Oukhtavtam Al mezouzot Bétékha ouvicharékha », mais ne se souvient plus[12] si elle se trouve avant le passage de « Véhaya » ou bien de « Lémaane Yirbou Yémékhém »[13], si elle prie à la synagogue, elle peut voir où se trouvent les autres, pour avoir un repère. Mais si la personne prit seule chez soi[14], elle reprend à « Véhaya ». En effet, il se peut qu’elle se trouve effectivement au premier « Oukhtavtam » et si elle ne dit pas le passage de « Véhaya », elle ne sera pas quitte. Sur cela, on ne dira pas la règle de Safèk Berakhot, car la personne a une façon d’arranger les choses, en reprenant.
Cette Halakha est aussi rapportée dans le Talmud Bavli, dans le traité Berakhot[15]. Selon cela, Rabbi David Arama nous enseigne, que lorsque le doute s’installe, on reprendra à l’endroit en question.
Autre doute dans la Amida
Dans la Amida, les termes « Bimhéra béyaménou » sont rapportés à deux reprises : dans la Berakha de « Laminime vélamanechinim » et la Berakha « Tishkone bétokh ». Si la personne, en disant ces termes, ne se souvient plus dans laquelle des deux bénédictions elle se trouve, elle reprendra la bénédiction de « Laminime vélamanechinim »[16]. Tel est l’avis du Ben Ish Haï. La raison à cela est simple : toutes les bénédictions de la Amida sont raccordées comme des maillons. A partir du moment où l’une d’entre elles n’est pas dite, les maillons sont détachés. Ainsi, pour ne pas rater une bénédiction, on devra reprendre à « Laminime vélamanechinim ». Dans le cas où la personne ne reprend pas, elle rentre dans un doute, car il est possible que les autres Berakhot de la Amida seront toutes des bénédictions en vain, comme nous venons de le dire : toutes les Berakhot sont raccordées, comme des maillons.
Si tel est l’avis du Ben Ish Haï, n’a-t-il pas dit plus haut, qu’en ce qui concerne « Hamélékh Hakadosh » et « Hamélékh Hamishpath » que la personne ne reprend pas ? Que fait-il de la problématique : Safék Berakhot ?
Pour répondre, nous expliquerons qu’en ce qui concerne le doute sur le passage de « Bimhéra béyaménou », si la personne continu sa Amida, elle agit et crée par cette action la problématique de Safék Berakhot[17].
Nous, qui suivons la Halakha comme le Choulhan Aroukh, il faut savoir que c’est aussi pour cette raison que nous devons reprendre après s’être trompé sur « Hamélékh Hakadosh » ou bien « Hamélékh Hamishpat » : si on ne reprend pas, chaque Berakha qui va être dite, sera vaine.
Hamélékh Hamishpath, jusqu’où ?
Il faut savoir, qu’en ce qui concerne une personne qui a omis de dire « Hamélékh Hamishpath », même si elle s’est rendue compte de son erreur à « Modim », ou bien même avant de dire le second « Yiyhou lératsone »[18]. Mis à part le problème de Safék Berakhot que nous venons de dire, c’est aussi l’avis de la plupart des Rishonim et celui du Choulhan Aroukh. Ainsi, la personne ne craindra pas, et reprendra.
L’avis du Rav Ben Tsion
Avant tout, il est important de dire, que le Gaon Harav Ben Tsion Aba Chaoul et mon père s’aimaient beaucoup et leur divergence Halakhique n’en changea rien. Tel est le chemin de la Torah, tout en restant respectueux l’un vis-à-vis de l’autre.
Le Gaon Harav Ben Tsion écrivit un jour dans le fascicule « Morya », que nous pouvons différencier entre un Safék baMétsiout, et un Safék baDin. Pour comprendre ces termes, donnons des exemples. Lorsque la personne doute de là où elle se trouve (Safék baMetsiout), comme les exemples cités plus haut, dans ce cas-là, on ne dira pas la règle de Safék Berakhot. On reprendra donc. Mais lorsqu’il s’agit d’une discussion Halakhique sur un sujet traité, comme notre cas (« Hamélékh Hamishpath » par exemple), et donc il y a un doute Halakhique (Safék baDin), on ne reprendra pas, suivant le principe de Safék Berakhot.
Lorsque Maran Harav lègue son cours après une chute
A Rosh Hachana 5739 (il y a 40 ans), Maran Harav, comme à son habitude, se leva au lever du jour en ce matin de fête[19], mais il tomba sur le dos. Moi, qui ne dormais pas loin, j’accourus mais il avait perdu connaissance. Il commençait à cracher du sang. J’allais aux urgences, à la Rue Jabotinsky et on dit à mon père qu’on devait l’emmener à l’hôpital, ce qu’il refusa. On mit alors à sa disposition, à domicile, tout ce dont il avait besoin, oxygène, etc. Après la fête, comme à son accoutumée, il devait donner cours, mais son état ne le permettra pas. Il me demanda alors de donner cours à sa place. Il m’assit près de lui et me dit tout le cours que je devais transmettre[20]. Je devais parler justement à ce sujet, et il me donna l’avis du Rav Ben Tsion (que nous venons de citer).
Il me dit alors : voici comment tu contrediras son opinion. Une personne qui omet de dire « Rétsé » durant le Birkat Hamazon de Chabbat, si elle se trouve durant le premier et second repas, elle reprendra. Mais lors du troisième repas (Seouda Chlichite), elle ne reprend pas.
Mais où reprendre ? Selon le Rambam, la personne reprendra au début du Birkat Hamazon. Tel est l’avis du Rosh et de Rachi[21]. Alors que selon le Raavad et Rabbénou Yona, la personne reprendra au début de « Ra’hèm ». Selon la Halakha, on reprendra au début du Birkat Hamazon. Donc, on voit bien de là, que même s’il y a une discussion Halakhique (Safék BaDine), on ne dira pas Safék Berakhot. Donc, on reprendra.
Il en sera de même en ce qui concerne « Hamélékh Hamishpath »
Une autre preuve
D’ici quelques semaines, le 7 Heshvan[22] on dira le passage de « Barekh Alenou ». Si la personne finit la Berakha et se rend compte qu’elle a dit « Barekhénou », elle dira sur place « Vétén tal oumatar Livrakha ». Mais dans le cas où elle a commencé à dire la Berakha qui suit, elle continuera jusqu’à « Chéma Kolénou »[23] et lorsqu’elle arrive à « Chomé’a tefilat kol pé » elle dira « Vétén tal oumatar Livrakha ». De même, si elle a fini la Berakha de Chema Kolénou mais n’a pas encore dit « Rétsé », elle dira « Vétén tal oumatar Livrakha ». Si en revanche, elle a déjà dit « Rétsé », selon le Rambam, le Rosh, le Rashba, le Ritba, le Réa ainsi que le Choulhan Aroukh, on reprendra à « Barékh Alénou ». Alors que selon le Rav Aye Gaon, les Tossafot, le Rane et Rabbénou Hananell, on reprend depuis le début de la Amida.
On tiendra la Halakha comme le Choulhan Aroukh, car les bénédictions entre le début de la Amida et Barekh Alénou sont peut-être en trop. Il s’agira donc d’un Safék Berakhot.
Expliquons la règle
Nous avons d’un côté une règle à suivre pour les Sefaradim, de suivre l’avis du Choulhan Aroukh. Mais nous avons aussi une seconde règle qui est de pouvoir trancher à l’encontre du Choulhan Aroukh en cas de doute sur une bénédiction. Comment se repérer ? Voici la règle à suivre : lorsque dans tous les cas, quoi que la personne fasse, elle rentre dans un doute, on suivra le Choulhan Aroukh. Exemple. Dans le cas où la personne doute dans quelle bénédiction elle se trouve, comme dans le cas de  « Bimhéra béyaménou » (que nous avons cité plus haut), quoi qu’elle fasse, elle rentre dans un Safék Berakhot : si elle continue, il se peut qu’il lui manque des Berakhot. Et donc, tout ce qu’elle a dit comme bénédictions, elles seront en vain. Et si elle reprend à « Laminime vélamanechinim », il se peut qu’en réalité elle ait déjà dit cette Berakha. Donc, quoi qu’elle fasse, elle se retrouve dans cette problématique. On suivra alors l’avis du Choulhan Aroukh. Il en sera de même pour «Hamélékh Hamishpath».
Conclusion : lorsque la personne fait sa Amida et ne dit pas « Hamélékh Hakadosh » et s’en rend compte après le lapse de temps de Chalom Halékha Rabbi, elle reprendra au début de la Amida, car elle est considérée comme une seule Berakha. Pour ce qui est de « Hamélékh Hamishpath », tant que la personne n’a pas fini sa Amida, elle reprendra à « Hashiva Choféténou ». Mais si la personne a fini sa Amida, elle reprendra depuis le début.
Maran Harav rajoute qu’il est bien de faire un Tnay (émettre une condition) avant de reprendre sa Amida, qu’il s’agisse d’une Amida en cadeau pour Hachem dans le cas où elle ne devait pas être reprise.
Et un officiant ?
En ce qui concerne un officiant, c’est un peu plus délicat. Lorsqu’il omet de dire « Hamélékh Hamishpath », alors il aura la même loi, et reprendra. Mais pour ce qui est de « Hamélékh Hakadosh »  il existe une divergence d’opinion. Maran Harav Zatsal rapporta au nom du Yerouchalmi l’histoire d’un officiant appelé « Batite », qui n’eut plus de voix à « véhaofanim » (avant Laél Baroukh). Ils durent demander à quelqu’un d’autre de prendre sa place. La question est : où doit-il reprendre ? La Guemara de nous dire qu’étant donné que le premier officiant a dit « Kadosh, Kadosh Kadosh » c’est comme une nouvelle Berakha. Le second reprendra donc à partir de l’endroit où le premier s’est arrêté. De cette manière Maran Hachoulhan Aroukh tranche la Halakha[24]. Le Rambam tranche différemment et pense que le second reprendra au début des Berakhot (Yotsér Or). Sur ce, Maran Harav, rapporte comme preuve, que même si l’on considère les trois premières Berakhot du Choulhan Aroukh comme une seule, le fait est, qu’il y en a trois. Mais mis à part cela, étant donné que l’officiant a déjà dit la Kédoucha et a dit les trois Kadosh, il reprendra uniquement de « Ata Kadosh ». De cette manière nous pouvons comprendre aussi du Méiri.
Le Ben Ish Haï ne tranche pas de cette manière et pense que l’officiant reprendra depuis le début de la Amida.
Conclusion : un officiant qui omet de dire « Hamalékh Hakadosh » reprendra la Berakha « Ata Kadosh ».
Différence entre la Tefila et la Netilath Yadayim
En ce qui concerne la Berakha sur la Netilath Yadayim, une personne qui mange moins qu’un Kabeitsa (54g[25]) de pain, ne fait pas la Berakha sur la Netilath Yadayim. Lorsqu’une personne va manger moins qu’un Kazaït (27g) de pain, elle ne fait pas la Netilath Yadayim, uniquement « Hamotsi »[26]. Si elle avait l’intention de manger plus qu’un Kazaït, elle fait Netilath Yadayim mais sans Berakha. Si elle a l’intention de manger un Kabetsa et plus, elle fera la Berakha sur la Netilath Yadayim.
Si une personne a fait la Berakha sur la Netilath Yadayim en pensant à manger la quantité requise (54g) et se voit être dans l’impossibilité de continuer. Le Ritva[27] nous apprend que l’on va selon sa volonté de base : étant donné qu’elle avait l’intention de manger la quantité, ce n’est pas considérer comme une bénédiction en vain.
Rabbi Yehouda Ayash dans son livre Maté Yehouda nous enseigne que si une personne était en train de faire sa Amida et au milieu, elle s’est sentie mal et s’est évanouie, et qu’après avoir repris ses esprits, elle veut reprendre sa Amida ou elle s’était arrêtée, les Berakhot qui précèdent sont-elles vaines ? Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, toutes les Berakhot de la Amida, sont comme les boucles d’un collier. Si l’une est cassée, toutes les autres le sont aussi.
Sur ce, Rabbi Yehouda Ayash nous apprend que nous pouvons nous tenir sur le Ritba que nous avons rapporté : on se tiendra sur son intention. Son intention était de terminer sa prière. Donc toutes les Berakhot ne sont pas vaines.
Maran Harav Zatsal rapporta l’avis de Rabbi Yehouda Ayash et écrit à la fin, que l’on ne se tiendra pas sur cet avis.
En effet, il faut savoir qu’il y a une différence entre la Berakha de Netilath Yadayim et la Amida. Pour la Berakha de Netilath Yadayim il y a deux choses à suivre : la condition (manger la quantité requise) et l’acte (manger). Dans ce cas-là, si la personne a respecté l’acte mais n’a pas pu respecter la condition, ce n’est pas une bénédiction en vain. En revanche, en ce qui concerne la Amida, il n’y a aucune condition demandée : la personne doit faire toute sa Amida.
 
Fin du cours
 
[1] Grand Rabbin de Jérusalem, il y a de cela 300 ans.
[2] Dans son livre Maté Yehouda.
[3] Siman 34
[4] Dernier des Rishonim
[5] Dans son livre Haim Chaal vol.2 Siman 15
[6] Selon les Guéhonim, le Rambam et le Choulhan Aroukh, dire une Berakha en vain est un interdit de la Torah.
[7] Cette règle ne peut pas être utilisée tout le temps. Chaque cas devra être étudié.
[8] Grand Rabbin en Egypte il y a de cela 150 ans
[9] Rabbin du quartier de Boukharim à Jérusalem, il y a 80 ans.
[10] Rabbi Amram Abourvia, il y a 50 ans. Il fut l’un de ceux qui soutint mon père, Maran Harav Ovadia Yossef Zatsal. Ce Rav, nomma mon père (alors qu’il n’avait même pas encore la cinquantaine) comme étant le Gaon Hador.
[11] Chap.2 Halakha 14.
[12] Comment est-il possible d’en arriver à ne pas savoir où l’on se trouve ! Mais il y a effectivement des gens qui sont très préoccupés par d’autres choses.
[13] Rappelons que le verset « Oukhtavtam Al mezouzot Bétékha ouvicharékha » se trouve dans les deux endroits cités.
[14] Par exemple elle est malade.
[15] 16a
[16] Qui est la première parmi les deux où ces termes sont rapportés.
[17] Rappel : à partir du moment où une des bénédictions n’est pas dite dans la Amida, toute les Berakhot qu’elle va continuer seront des bénédictions en vain. Dans le doute, on demande à la personne de reprendre au premier « Bimhéra béyaménou », par extension à la bénédiction de « Laminime vélamanechinim ».
[18] Dans la Halakha, on dit qu’on reprendra, jusqu’au moment où la personne finit sa Amida en reculant (les 3 pas). Mais nous avons une règle que si la personne se trouve en position de finir sa Amida, c’est comme si elle l’avait finie.
[19] Comme nous l’avons spécifié dans les cours précédents, il existe un Yerouchalmi disant que celui qui dort le jour de Roch Hachana verra son Mazal dormir durant toute l’année. Ainsi Maran Harav était pointilleux de se lever depuis le lever du jour. Le Rav Chlomo Zalman Auerbach nous enseigne, que le fait de continuer à dormir après le lever du jour n’est pas problématique car la personne continue son sommeil qu’elle a commencé dans la permission. Le problème est lorsque la personne se lève et ensuite part à nouveau dormir. Mais Maran Harav était plus strict à ce sujet.
[20] C’était un très beau cours, venant du Rav c’est normal….
[21] Et ce, uniquement si la personne a déjà dit « La’ad »
[22] En Israel
[23] Il se fera un mémo pour ne pas oublier.
[24] Siman 59
[25] Toutes les mesures sont calculées en poids et non en volume, même pour Kippour. Le Kaf HaHaïm dit en revanche que tout ce qui concerne les mélanges interdits, on calculera en volume. Un Kazaït est défini par une mesure en Draham, qui est de 9 Draham. Et Kabeitsa de 18 Draham. Auparavant, la valeur du Draham était de 3.2-3.7g. Mais par certaines recherches, certains pensent que le Draham est calculé à 2.8g. Ainsi, Maran prit le juste milieu et calcule chaque Draham à 3g. C’est pour cela que 9 Draham (Kazaït) est égale à 27g et un Kabeitsa, 18 Draham est égale à 54g. Pour ce qui est du calcul afin de considérer une Kvi’out Sé’ouda (en mangeant du Mezonot cuit au four). On calculera la quantité de 32 Draham qui est donc égale à 216g. Cependant, pour ce qui est de Souccot, afin de dire la bénédiction de Lechev BaSouccah, on se tiendra sur l’avis qui pense que pour être Kové’a Seouda, la quantité de Mezonot doit être de 54 Draham, qui est donc égale à 154g (et ce, même sur un Mezonot cuit sur le feu, comme des pâtes, même si on ne dit pas dessus même avec une quantité importante, la Netilath Yadaim et le Birkat Hamazon).
[26] Par règle de piété, une personne essaiera de ne pas manger moins qu’un Kazaït pour ne pas que la personne en arrive à manger plus sans s’en rendre compte.
[27] Traité Houline 106a