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Opinion

Sivan Rahav Méïr : En chemin vers les Slihot...

Lire et percevoir les mots des Slihot comme si on les lisait pour la première fois

Les Slihot au Kotel (Archives, Noam Rivkin Penton, Flash 90)
La nuit dernière j’ai vu beaucoup de gens affluer. Ils affluaient en masse vers le mur occidental. Par milliers, de tous les horizons, ils viennent de tout le pays, pour les Sélihot. Ils étaient tous là, ensemble à une heure symbolique, dans un lieu symbolique. Et ils ouvraient leur cœur. Certains connaissaient déjà les mots et les refrains par cœur. D’autres moins.

De là où je me trouvais, j’ai pu voir un groupe qui lisait et prononçait ces mots pour la première fois. J’avoue que j’étais un peu jalouse.

‘’Homme, pourquoi t’endors-tu ? Ben Adam Ma Lékha Nirdam ? Lève-toi et fais abonder tes supplications ! Koum Kéra Bétahanounim !’’
‘’A toi Hachem la justice, à nous la honte ; Lekha Hachem Hatsedaka, Vélanou Bochet Hapanim’’ ‘’Vérifions notre voie Nahpéssa Darkénou Vénahkora’’
 ‘’Mon âme est à Toi, mon corps est Ton œuvre, sois clément envers Ton serviteur Hanéchama Lakh VéHagouf Paalakh, Houssa Al Amlékha’’
 ‘’Nous avons fauté, sois miséricordieux envers nous Hatanou Léfanekha Rahem Alénou’’.

Parfois, ces airs connus nous font oublier la signification simple et profonde de ces mots.

En chemin vers le Kotel, j’ai pu voir les affiches encore toutes fraiches des candidats aux élections. J’ai lu leurs affiches expliquant en quoi  ils sont les meilleurs et les plus forts et en quoi les autres sont nuls et faibles. La foule d’hommes et de femmes qui se rendaient hier vers le Kotel était tout autre. Ils allaient dans le sens contraire. Et ce courant n’est qu’une préparation à notre voyage vers Roch Hachana, vers les dix jours de Téchouva et vers Yom Kippour : chercher en quoi nous-mêmes sommes fautifs et ne pas rejeter la responsabilité sur les autres. Ne pas dégager une image de ‘’c’est moi le plus fort et le plus influent’’ mais plutôt comprendre que je suis faible et que j’ai besoin de clémence. Reconnaître que nous ne sommes pas parfaits, que nous avons fauté et que nous souhaitons nous améliorer.

Ce samedi soir, les Achkénazim également se joindront à leurs frères Séfarade pour la récitation des Slihot. Je pense que, particulièrement cette année, l’invitation à réciter les Sélihot correspond tout à fait à la situation que nous vivons actuellement.