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Béhouqotai

Le dédain : jamais !

Malgré la situation délicate dans laquelle se trouve le peuple, Hachem dit : ‘’Mais malgré cela, lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis, Je ne les dédaignerai pas ni ne les rejetterai pour les anéantir !’’ (Vayikra 26, 44).

| 24.05.19 | 01:00
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Après avoir commis une erreur, l’homme peut parfois se sentir déprimé et désespéré. Il peut croire et ressentir qu’il est à présent loin d’Hachem et peut-être même rejeté par Lui. Avec de telles pensées, la chute vers l’abîme est très proche…
Le Zohar Hakadoch nous donne une explication très profonde sur l’annonce que fait Hachem au peuple d’Israël dans notre Paracha. En effet, il est question dans nos versets des périodes durant lesquelles le peuple s’éloigne d’Hachem. Malgré la situation délicate dans laquelle se trouve le peuple, Hachem dit : ‘’Mais malgré cela, lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis, Je ne les dédaignerai pas ni ne les rejetterai pour les anéantir !’’ (Vayikra 26, 44).

D’une manière générale, lorsque l’on est dégouté d’une chose, on s’en éloigne le plus possible, on essaye de la faire disparaitre de devant nous. Dans notre verset, Le Saint-béni-soit-Il affirme qu’Il n’exterminera pas le peuple d’Israël. Dans ce cas, Il aurait dû plutôt employer un langage de perte, de destruction comme par exemple ‘’Je ne les frapperai pas ni ne les tuerai’’. Pourquoi utiliser ‘’seulement’’ les mots ‘’rejet’’ et ‘’dédain’’ ?

Le Zohar nous explique l’utilisation de ces mots en expliquant l’expression de la fin du verset : ‘’pour les anéantir’’. Celui qui hait un autre homme est dégouté de tout en lui. Mais dans ce verset, que signifie ‘’Je ne les dédaignerai pas ni ne les rejetterai ?’’ En réalité dit Hachem, ‘’J’éprouve un amour tellement profond pour eux que Je les apprécierai toujours.’’ C’est pour cela qu’il est écrit לכלתם ‘’pour les anéantir’’ sans la lettre Vav (sans le Vav, le mot peut également se lire ‘’Lékalatam’’, soit ‘’parce qu’ils sont Ma fiancée’’). Pour illustrer cette interprétation, le Zohar rapporte une métaphore : un homme est épris d’une femme mais sa demeure se trouve dans un marché de peaux et de cuirs. Normalement, jamais cet homme ne se serait rendu dans cet endroit. Mais parce que sa bien-aimée réside là-bas, il a au contraire l’impression que c’est dans un marché de parfums qu’il se rend d’où les meilleures odeurs se dégagent.

‘’Le pays de leurs ennemis’’ mentionné dans le verset fait référence à la Sitra A’hra, les forces obscures, le mauvais penchant. Ainsi, même si les enfants d’Israël sont pris dans les filets du mal ‘’Je ne les dédaignerai pas, ni ne les rejetterai’’. ‘’Car c’est Ma fiancée qui est là-bas, en territoire ennemi, engoncée dans les écorces du mal. Ainsi, tous les enfants d’Israël Me sont chers et précieux même s’ils se trouvent au plus bas. J’attends qu’ils reviennent à Moi’’ dit Hachem.

Nous avons donc ici une ferme et émouvante promesse du Saint-béni-soit-Il. Il nous aime tous, dans toutes situations. Si nous fautons, ou si nous avons l’impression de subir de dures épreuves, nous ne devons en aucun cas penser qu’Hachem fait ceci pour nous repousser, nous éloigner et par haine. Au contraire, c’est par amour. Tel un père qui se trouve en chemin et qui remarque des enfants s’amuser et faire des bêtises dans la boue. Il poursuit sa route en pensant qu’ils sont véritablement mal élevés. Puis, après quelques instants, il revient sur ses pas et se rend compte que son fils fait partie de ces enfants. Il le prend et lui dit qu’il l’avait prévenu que s’il jouait avec ces petits voyous, il serait puni. L’enfant reste stupéfait et ne comprend pas pourquoi son père, parmi tous les autres enfants le punit seulement lui. Mais en grandissant il comprend : c’est justement parce qu’il est, lui, son fils chéri et bien-aimé, qu’il l’a puni, afin qu’il revienne sur le bon chemin.

La main d’Hachem nous est toujours tendue. Revenons simplement vers lui dans l’amour et la joie et en regrettant nos actions passées.

Chabbat Chalom