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Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef

Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef -

| 10.05.19 | 01:00
 Cours hebdomadaire du Richon Létsion HaRav Its’hak Yossef
Pour l’élévation de l’âme de Makhlouf ben Yakouta et de
Yossef ben Ra’hma


Lois du Omer
Il est rapporté dans le Magen Avraham (Siman 489 alinéa 2), que si un Français ou un Américain, compte le Omer sans comprendre ce qu’il dit en Hébreu, mais répète uniquement ce que dit l’officiant, il ne sera pas quitte de la Mitsva.
Le Gaon Rabbi IsthakTaïeb, dans son livre ErekhHaChoulhan(début du Siman 489) et le Yaabetz (responsa ChéilathYaabetz Siman 139) s’interrogèrent sur ce dernier. En effet, la Guemara dans le traité Sotta (32a) nous énumère certaines Mitsvot pouvant être dites en toutes langues, comme la Parachat de la Sota, le VidouyMaaser, le KriatChéma, la Tefila, le BirkatHamazon etc. Les Tossafot se demandent la raison pour laquelle la Guemara n’énumère pas aussi le Kiddouch et les Berakhot ? Car si on doit différencier entre les Mitsvot de laTorah et Rabbinique, la Guemara rapporte aussi la Tefila qui est Rabbinique. Les Tossafot répondent alors, que le Kiddouch et les autres Mitsvot, si la personne les dit en Hébreu, sera quitte de la Mitsva même sans comprendre, alors que si elles sont dites en d’autres langues non-comprises, la personne ne sera pas quitte.
On peut donc apprendre de la, que si une Mitsva est dite en Hébreu, même si elle n’ait pas comprise on sera quitte. Pour quelle raison alors, le Magen Avraham est-il si exigeant en ce qui concerne le compte du Omer ?

Réponse
Pour réponse, le livre Dvar Avraham (Vol.1 Siman 34) fait une distinction. Toutes les Mitsvot dépendante de la parole, comme le BirkatHamazon, étant donné qu’il l’a prononcé, il sera quitte de la Mitsva, et ce, même s’il ne comprend pas. Par contre, en ce qui concerne le compte du Omer, étant donné que la Mitsva est de compter, on se rend quitte en comprenant le compte. C’est pour cela, que la personne se rendra quitte en la disant dans une autre langue compréhensible pour elle.

Douter du compte
Selon le Dvar Avraham, celui qui doute entre les jours (par exemple entre le 37 et le 38), et il n’a pas la possibilité de vérifier, il ne pourra pas dire les deux, car le compte doit être exact. En tant qu’exemple, une personne qui prend un emprunt de 5000 dollars et compte les billets et au milieu il ne se souvient plus s’il est à 800 ou 900, ce n’est pas considéré commeavoir compté. La personne ne peut pas se dire avoir fait un compte exact, car il doit être sur du montant.

En dehors d’Israel
Le Raza (fin du traité Pessahim) questionne au sujet du compte du Omer, à la fin du second jour de fête en dehors d’Israel (institué pour cause de doute sur le statut de ce jour : est-ce le jour de fête ou bien laveille) : Pour quelle raison ne pas dire après avoir compté le Omer, que nous sommes le 1er ou 2nd jour du Omer (HayomyomE’had o chné Yamim laOmer) ? La réponse est comprise par l’explication du Dvar Avraham rapporté précédemment, que le Omer ne doit être compté par certitude du nombre de jour

Le 10eme sanctifié !
Nous pouvons remarquer encore une autre preuve à cette distinction en ce qui concerne le devoir d’avoir un compte exact, c’est au sujet du MaaserBeema. Pour introduire, lorsqu’une personne a un troupeau, il devra les faire passer l’un après l’autre, par une porte assez étroite, afin que chacune des bête passe une à une. Et comptera 10, car la 10eme bête sera sanctifier pour le Beth Hamikdash.
Si, alors que la personne est en train de compter, l’une des bêtes déjà compter rentre à nouveau dans l’enclos, mais se mélange aux autres sans pouvoir la différencier, la Halakha dit que toutes les bêtes sont alors dispensées de ce Maaser. En effet, la Torah demande à ce que le compte du 10eme soit exact.
Sur ce, les Tossafot s’interrogent : n’est-ce pas que la Torah nous enseigne la règle, nous apprenant que l’on devra suivre la majorité A’hareirabimléatoth ? On ne peut pas dire non-plus, en tant que réponse qu’une bête ne peut pas s’annuler car elle peut faire partie de la règle des choses importante, ne s’annulant pas dans la majorité, car il s’agit d’un interdit de la Torah alors que cette règle d’annulation est Rabbinique. Comment autoriser alors l’interdit de la Torah de MaaserBeema ? Cette question resta en suspens. Jusqu’à que le ChitaMékoubetseth rapporta une réponse au nom du Rosh MiPliza et du Ritva. Il est vrai que dans toute la Torah on suivra la majorité, mais son statut ne perd pas pour autant son état de doute.
En ce qui concerne la Mitsva de MaasserBééma, la Tora       h demande à ce que la bête soit impérativement la 10eme. Selon cela, un compte doit être exact, de même pour le compte du omer, lequel doit être exact et compris. Nous pouvons donc à présent comprendre l’avis du Magen Avraham rapporté plus haut.

Belle réponse
Cependant, l’explication du Dvar Avraham, est certes jolie, mais lui-même revint dessus. En effet, afin de répondre à l’interrogation rapporté plus haut en ce qui concerne le compte du Omer en dehors d’Israël, le Raza explique que dans un tel cas, ils auraient aussi compté le jour de Chavouot, ce qui aurait engendré une certaine dénigrassionsà ce jour de fête.
Si le Raza ne repondit pas de la même manière que le Dvar Avraham on suppose qu’il ne comprit pas comme cela. Par extension, tout ce que l’on a dit à ce sujet, qu’un compte qui n’est pas sûre n’est pas un compte, ce n’est pas juste, car lorsque la personne est dans le doute entre deux jours et dit alors « tel ou tel jour », il exclue par la même occasion les autres jours. Il s’agit alors d’un compte informatif.
Conclusion Halakhique : une personne qui doute du jour où il se trouve, dira sans Berakha « Tel ou tel jour du Omer » sous condition de s’acquitter du jour exact et lorsqu’il pourra savoir avec certitude du jour où il se trouve, il reprendra avec Berakha.

Condition sur une Mitsva
Il est intéressant de remarqué, qu’il est possible comme nous venons de le dire en ce qui concerne le compte du Omer, de stipuler une condition sur une Mitsva. Par exemple, une personne qui se lève tard et craint de rater l’heure du Chéma, peut stipuler qu’il lit à l’instant le Chéma sans les bénédictions du Chéma, si lorsqu’il fera sa Tefila, l’heure du Chema est passé, alors cette lecture le rendra quitte du Chema, dans le cas contraire, la lecture de l’instant présent est comme une lecture simple, des versets de la Torah.
Mais ceci, parait être controverser, car une telle condition ne prend effet, que dans le cas où l’on peut réaliser l’acte par un intermédiaire. En ce qui concerne la lecture du Chema, on ne peut demander à quelqu’un de lire à notre place le Chema, par intermédiaire. Alors, comment est-ce plausible de réaliser un statut de condition, pour une Mitsva de ce genre ? Eh bien, il faut savoir que l’on différera entre les Mitsvot concernant l’homme et son ami et les Mitsvot entre l’homme et Hachem, lesquels peuvent entretenir une « sous-condition ».

Commencer et finir
Dans son livre ChaarChimon, Rabbi ChimonHirari écrit qu’une personne qui doute entre deux jours, pourra compter même avec Berakha, en commençant la Berakha en pensant un jour et finir en pensant au second jour. De cette façon il se rendra quitte. Mais, avec tout le respect qui lui est dû, cela n’est pas juste, car il existe effectivement une règle en ce qui concerne une personne ayant commencé une bénédiction en pensant qu’il s’agissait de l’eau mais fini par la bénédiction de Haguéfén en se rendant compte que c’était du vin. Cette personne se rend quitte, mais premièrement seulement Bediaavad (à postériori), mais aussi, par le fait qu’il n’avait pas connaissance d’autres chose au début de sa Berakha. Dans notre cas, la personne sait qu’elle changera sa pensé en fin de Berakha. C’est pour cela, qu’on ne se tiendra aucunement à cela. La Halakha est comme nous avons dit précédemment, avec une condition.

Compter après l’officiant
L’officiant débute par dire la Berakha et le compte du Omer, pour ensuite laisser place aux fidèles. Ne se pourrait-il pas que l’officiant rende quittes les fidèles sans faire attention ? Le premier ayant émis cette remarque fut le Gaon Rabbénou Zalman (Choulhan Aroukh Hagra’z Siman 489 Halakha 12). Expliquons la problématique : il existe une discussion si l’accomplissement des Mitsvot dépend de l’attention apportée pour eux. Selon le Choulhan Aroukh (Siman 60 Halakha 4) les Mitsvot dépendent de l’intention que la personne apporte. D’autres pensent que la personne sera bien acquittée de la Mitsva même l’ayant accomplie sans attention particulière. Le Gaon Rabbénou Zalman dit alors que même si le Choulhan Aroukh est d’avis différent, on devra craindre l’avis contraire. Dans notre cas, même si les fidèles n’ont pas eu l’intention de se rendre quittes du compte de l’officiant, il se pourrait que la Halakha soit tranchée comme ceux qui pensent que la Mitsva même sans intention est acquittée. Selon cela, personne ne pourra refaire la Berakha. Mais encore, d’autres pensent que lorsqu’il s’agit des Mitsvot d’ordre Rabbinique, il y a plus de raison de penser qu’on n’a pas besoin d’intention particulière. Tel est l’avis du Radbaz (Siman 60 alinéa 34), Av Bet Din dans le Beth Din du Beth Yossef, il y a de cela près de 530 ans. Le Magen Avraham (Siman 60 alinéa 3) aussi pense que selon tous les avis, un ordre Rabbinique n’a pas besoin d’une intention particulière pour accomplir la Mitsva. Le compte du Omer étant une Mitsva d’ordre Rabbinique, on devra ne plus faire la Berakha après l’officiant, se rendant quitte, même sans y avoir eu l’intention. Le Gaon Rabbénou Zalman finit alors en disant qu’on pensera à ne pas se rendre quitte, de cette manière, il n’y a pas de discussion à ce sujet : de cette manière la personne ne se rendra pas quitte.

Se concentrer pour une Mitsva d’ordre Rabbinique
 Avant toute chose, il faut savoir que ce qu’a précisé le Magen Avraham (selon tout le monde, une Mitsva d’ordre Rabbinique n’a pas besoin d’une concentration particulière pour être accomplie) ce n’est pas l’avis du Choulhan Aroukh. En effet, il rapporte dans les lois de Berakhot (Siman 213 Halakha 3) que celui qui dit la bénédiction ne peut rendre quitte son interlocuteur, uniquement si celui-ci pense à s’acquitter. De même pour celui qui dit la Berakha, lequel doit avoir l’intention de le rendre quitte. Le Choulhan Aroukh précise cette Halakha, concernant des bénédictions d’ordre Rabbinique (les BirkotHanéhénim), car toutes les Bénédictions ont ce statut sauf le BirkatHamazon, qui est de la Torah. De là, nous pouvons apprendre selon le Choulhan Aroukh, que même s’il s’agit d’une Mitsva d’ordre Rabbinique, l’intention est obligatoire pour se rendre quitte. Ainsi, il en sera de même en ce qui concerne l compte du Omer, les fidèles n’ont pas l’intention de se rendre quitte par son compte.
 

 
De plus, selon tous les avis, lorsque la personne pense justement à ne pas se rendre quitte, ne sera pas acquitter par la Berakha. Et même si la personne n’a pas pensé « à ne pas se rendre quitte », le fait que cette personne répond « Baroukh Hou OubaroukhChémo », et compte chaque jour après l’officiant, veut à proprement dire que cette personne ne veut pas se rendre quitte. Il n’y a pas plus explicite que cela[1].
 
Ainsi, même si la personne n’a pas répondu « Baroukh Hou OubaroukhChémo », étant donné que chaque jour il compte après l’officiant, il pourra compter avec Berakha, car il ne s’est pas rendu quitte par l’officiant.


Appel spécial du grand Rabbin d’Israel, s’associant à l’appel du Directeur del’association Ezer Mitsion, appelant toute personne ayant des origines Turques, Iraquiennes, arménienne, Géorgiennes ou Azerbaïdjanaise, de faire appel à cette association, pour sauver un garçon par le don de la moelle épinière. Ce don n’est fait que par un don de sang. Il n’y a aucun danger à cela. Toute personne sauvant une âme juive, c’est comme ci qu’il avait sauvé un monde entier.
Il est intéressant de s’attarder sur un point assez important : est-ilpermit de se mettre en danger pour sauver son ami. Le Beth Yossef[2] rapporte au nom du HagaotMaïmonyot qu’un homme doit se mettre en danger pour sauver son ami, rapportant une preuve du Yerouchalmi[3] (ReishLakish sauva rabbi Ami des brigants). Cependant, dans le Choulhan Aroukh il ne tint pas de cette manière la Halakha. Le MéiratEnayim explique que la raison de sa position est par le fait que ni le Rif, ni le Rosh ni le Rambam ni même le Tour ne se prononcèrent sur cette Guemara.
 
Dans le Yabia Omer[4], Maran Harav Zatsal developpa au sujet du don d’un Reins. Il faut savoir qu’une personne peut vivre tout à fait normalement avec un seul rein. Presque 100% des opérations se passent bien.
 
Il rapporte une histoire rapporté dans le traité Ketoubot racontant que trois Tanaïm se trouvaient dans le palais du roi, et lorsque le serveur passa avec le repas du Roi, le visage de Mar Zoutra changea de couleur, et Rav Ashi se trouvant sur place craigna de son état, il trempa son doigt dans le repas et le mit dans la bouche de Mar Zoutra. Le serveur lui dit alors qu’il devint craindre de sa vie, car son acte causa que le roi ne mange plus de ce plat. Rav Ashi lui dit alors, qu’il fit cela, car il avait vu que la viande qui était dans le plat était frappé par la lèpre et ne voulait pas que le roi ne mange ce plat dangereux. Hachem fit un miracle et de la lèpre sortie de la viande.
 
Mais il faut savoir que ces Amoraïm se mirent en danger, car ils étaienthabitués aux miracles. Mais nous, on ne peut se tenir sur ces histoires pour la Halakha.
 
Il faut savoir aussi, qu’un sauveteur en mer, même s’il risque lui aussi en sauvant quelqu’un, le risque est minime. Au point ou si la personne ne sait pas bien nager, il devra de demander a quelqu’un d’aller le sauver à sa place quitte à le payer.
 
Pour ce qui est des dons de sang, comme pour la moelle épinière, il n’y a aucun risque.
 
[1] Si un ouvrier juif, non pratiquant vient à la maison pour des réparations, le minimum de DerekhEretz est de lui proposer à boire. On lui demandera alors de dire la Berakha. En général, s’il s’agit d’un Sefarade, il acceptera. Mais s’il ne le souhaite pas, on prendra nous-même un verre d’eau et on lui dira de se rendre quitte en répondant « Amen ».
Si lui-même fait la Berakha, on pourra sans problème répondre « Amen » à sa Berakha. La même chose pour une personne qui transgresse Chabbat en public et monte à la Torah. Le Gaon Harav MochéFeinshteine écrit dans son livre IgrotMoché (Orah Haim Vol.2 Siman 50, EvenAezer vol.4 fin du Siman 80) que l’on ne répond pas « Amen » à une Berakha prononcé par un réformiste, car toute leur « pratique religieuse » c’est du cinéma. Combien d’assimilation ont-ils causés ! Ce n’est pas pour rien qu’ils veulent être reconnus dans la société en Israël, on se bat contre cela. Ils se battent pour le Kotel, mais il n’est évidemment pas question d’un combat pour prier, loin de la !!! Même leurs mariages ne sont pas reconnus ! A contrario, un non-religieux, venant des Kibboutsim, on répond Amen, car O combien de non-religieux, ont fait Teshouva ces dernières années ! Ce sont nos frères et il faut les rapprochés à la Torah. Un réformiste, quant à lui, ne fera pas Teshouva, on se tient sur la majorité des cas.
[2]Hoshen Mishpat Siman 426
[3] Traité Trouma fin du Chap.8
[4] Vol.9 Hoshen Mishpat Siman 12