Souccot

La vraie joie, qu’est-ce que c’est ?

Pourquoi devons-nous nous réjouir en particulier à Souccot ? Rav Zamir Cohen rappelle sur quoi doit-on se réjouir.

03.10.17 | 16:08
La vraie joie, qu’est-ce que c’est ?

Nous avons eu le mérite de nous purifier pendant les jours redoutables, et nous voilà en pleine fête de Souccot. Il est remarquable que le commandement se rapportant aux trois fêtes « Tu te réjouiras dans ta fête et tu seras seulement joyeux » a été dit au sujet de la fête de Souccot. C'est surprenant, puisque précisément pendant Souccot l'homme est en dehors de sa maison, dans une cabane en bois provisoire, sans le luxe et le confort auquel il s'est habitué. Il aurait été plus approprié, d'énoncer ce commandement de la joie lors de la Pâque lorsque la famille réunie célèbre le Seder avec tout le faste que l’on connaît. En réalité c’est une grande erreur de la plupart des gens qui pensent que leur bonheur dépend de leur part dans les plaisirs de la vie. Depuis que l'homme naît, il a tendance à penser que plus il accumulera des richesses, plus il sera heureux. Mais la vérité est tout autre. Le bonheur est une partie de l'âme, et celle-ci ne se satisfait pas des plaisirs passagers du corps. Au contraire, plus la personne cherche à remplir ses désirs, plus ses envies grandissent et ainsi elle s'éloigne du bonheur.

Bat MitzvahLe bonheur de l'homme dépend de sa proximité avec la vérité que lui exige son âme- la proximité avec le créateur, source du bonheur. Le croyant sait que Dieu tout-puissant l'aime, et que généralement on fait du bien à celui que l'on aime. Ceci est vrai en particulier vu que l'objectif de la création du monde est de faire profiter les créatures. Alors qu’il veut notre bien, Dieu ne nous a donnés que ce que nous avons et rien de plus. Cela indique que c’est ce qui nous est nécessaire pour accomplir notre destin dans le monde. Cela implique aussi, qu'il est mauvais pour nous de recevoir des outils appropriés pour une autre personne qui a un destin différent, même s'ils paraissent plus attrayants. Celui qui reconnaît les vanités de ce monde, est vraiment heureux et ne prend pas à cœur tous les plaisirs de ce monde. Plus que cela, il les déteste. Pensez à une personne qui participe à une compétition et devant laquelle on a placé un ensemble d'obstacles pour l'empêcher de voir la sortie. Dès que cette personne apercevra le bon chemin à suivre, elle ne tiendra même pas compte des appâts placés sur sa route.

Nos Sages ont qualifié ce monde de couloir avant le palais de l'au-delà. Celui qui choisit de s'installer dans un couloir est complètement fou ! D'une part il en sera bientôt délogé, mais surtout il n'arrivera pas prêt dans le monde futur car il aura gaspillé son temps à s'installer dans le passage au lieu de faire les préparations qui s'imposaient. Grâce à cela, nous pouvons répondre à une autre interrogation. Le verset précise comme raison au commandement de se réjouir le fait que Souccot soit le moment de la fin de la récolte. Or, ce moment est naturellement rempli de joie, alors pourquoi la Torah demande aux hommes de se réjouir justement à cette époque ? Mais encore une fois, le contraire est vrai. Le moment où une personne se retrouve devant une grande abondance matérielle qui l'emplit de joie risque d'être dangereux pour son véritable bonheur car la joie dans la matérialité est trompeuse et peut induire en erreur sur le véritable but de l'existence. C'est pourquoi la Torah a ordonné en particulier durant la fête de Souccot, fête de la moisson « tu te réjouiras ! ». C'est à dire, tu mettras l'accent sur l'aspect spirituel de la fête et pas sur la matérialité qui à terme est incapable de répondre à nos aspirations.

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