Prélèvement international de la ‘Halla : la femme qui a préparé des ‘Halloths en Espagne et à Londres, le fait à présent en Israël  

Sarah Tolédano a pris sur elle une mission : apprendre aux femmes à prélever la ‘Halla, non pas lors d’une cérémonie éclatante, mais dans petite cuisine de maison classique.

| 01.03.17 | 08:42
Prélèvement international de la ‘Halla : la femme qui a préparé des ‘Halloths en Espagne et à Londres, le fait à présent en Israël  

Prélèvement international de la ‘Halla : la femme qui a préparé des ‘Halloths en Espagne et à Londres, le fait à présent en Israël
 
Sarah Tolédano a pris sur elle une mission : apprendre aux femmes à prélever la ‘Halla, non pas lors d’une cérémonie éclatante, mais dans petite cuisine de maison classique.
Dans une interview captivante, elle raconte d’où est venue cette idée, et ce qu’elle a fait en Espagne et à Londres.

 
Sarah Tolédano est mariée depuis quelques années déjà et elle ne se rappelle pas avoir mangé du pain acheté pour Chabbat. Elle confectionne toujours elle-même ses propres ‘Hallots. ‘’J’ai toujours aimé cuisiner’’, raconte-t-elle, ‘’mais j’ai développé une affection particulière pour les ‘Hallots quelques années après mon mariage, lorsque nous habitions en Espagne pour les besoins du travail de mon mari’’.
Elle raconte : ‘’J’avais alors 20 ans et quelques, j’avais déjà plusieurs enfants en bas âge, et il était évident que c’était à moi de leur fournir du pain-maison, des gâteaux-maison, des bonbons-maison, puisque rien n’était cacher là où nous étions. Je devais apprendre à tout confectionner moi-même. C’est ainsi que je me suis retrouvée à faire des friandises, de la glace, et bien sûr du chocolat. J’ai même pris des cours pour être Rebbe’’.
 
Rebbe ?
‘’Oui, je veux dire enseignant dans un ‘Heïder. Lors de l’une de nos visites en Israël, je suis rentrée dans un Talmud Torah, et j’ai demandé à l’un des Rabbanim la permission d’assister aux cours qu’il donnait aux enfants pour voir comment il enseignait. Il m’a ensuite fourni le programme de toute l’année, contre paiement bien entendu, et j’étais donc le Rebbe de mes enfants en après-midi. C’était très important pour moi, car durant toute la semaine mes enfants étudiaient dans une école publique, pas une école juive’’.
Lorsque Sarah parle de cette période où ils habitaient en Espagne, elle ne la considère pas comme une période difficile, mais plutôt comme un défi, ou même une aventure.
‘’Grâce à cela, j’ai appris comment préparer des ‘Hallots et les embellir. Chaque semaine, je leur donnais une autre forme. J’aimais changer, mais seulement la forme, je n’en garnissais pas l’intérieur, car mon mari était d’avis que des ‘Hallots farcies ne sont pas faites pour le Chabbat, et j’étais plutôt d’accord’’.

torah
 
‘’Les ‘Hallots gonflaient, et moi je priais’’
Comme le rapporte Sarah, elle profitait, chaque semaine, du moment de Hafrachat ‘Halla (prélèvement de la ‘Halla) pour prier pour son foyer et pour la société environnante ne nuise pas à ses enfants.
‘’Et effectivement, j’ai mérité que mes enfants n’aient aucun mauvais penchant de désirer manger quelque chose de non cacher’’.
‘’Mes ‘Halloths montaient, et moi je priais que mes enfant aussi gonflent et grandissent… C’était très important pour moi. C’est ce qui me donnait des forces’’.
Un jour, Sarah apprit qu’un couple était arrivé d’Israël et habitait près de chez eux. Leur mariage allait bientôt être célébré. Il ne s’agissait pas d’un couple religieux, mais le Rav refusa de les marier si la nourriture servie au mariage n’était pas casher. ‘’Ils n’avaient pas le choix, raconte Sarah, et se sont adressés à moi pour leur préparer le repas du mariage dans ma petite cuisine… Et les petits pains individuels, bien entendu’’. Lorsqu’ils lui demandèrent quel serait le prix, elle leur répondit qu’elle n’avait qu’une seule faveur à demander : que tous les invités fassent Nétilate Yadaïm (l’ablution rituelle des mains) avant le repas. ‘’Et ce fut le cas !’’ raconte-t-elle, émue.
La famille Tolédano resta quatre ans en Espagne et partit ensuite s’installer à Londres. Là, il y avait beaucoup plus de choix dans l’alimentation Casher, mais jamais Sarah ne renonça à la fabrication de ses gâteaux et ses ‘Hallots. ‘’Cela ne faisait tout simplement pas partie des aliments que nous achetions à l’extérieur, je sentais qu’il fallait que je les prépare moi-même pour être sûre de ce qu’ils contiennent. D’ailleurs, dans la communauté juive, on savait que si quelqu’un avait besoin de ‘Hallots, il y en avait toujours chez nous’’.
 

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De retour en Israël
Après une longue période d’exil à l’étranger, les Tolédano sont revenus vivre dans leur appartement en Israël, à Har Nof, mais ils n’ont rien oublié des années précédentes. ‘’Il est vrai qu’en Israël on a tout à disposition, à deux minutes de marche de la maison, et l‘on trouve de bons gâteaux et d’excellentes ‘Hallots. Mais je ne renonce pas à ma tradition et je continue à confectionner moi-même des gâteaux, et surtout les ‘Hallots’’. Il est aussi important à mes yeux que d’autres femmes fassent Hafrachat ‘Halla. ‘’Personnellement, je suis contre les grandes cérémonies, avec beaucoup de personnes, parce que la Hafrachat ‘Halla est un rituel que la femme doit faire seule, dans sa cuisine, pour mériter d’accomplir cette Mitswa à la place du boulanger  du coin. Nous, les femmes religieuses, nous savons qu’il faut prier quand on fait Hafrachat ‘Halla, pour nos enfants et pour tout le peuple. C’est pourquoi, lorsqu’on me demande de donner un cours sur la Hafrachat ‘Halla, j’insiste sur son accomplissement avec joie. J’explique comment obtenir une pâte magnifique pour que les femmes obtiennent un beau résultat en plus d’une belle Mitswa’’.
 

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C’est ce qui a amené Sarah à donner dernièrement des conférences lors de divers séminaires. ‘’Je rencontre chaque fois des femmes qui me racontent qu’elles ignorent pourquoi leurs ‘Hallots ne sont pas réussies. Je leur réponds invariablement que je ne suis pas là pour donner des recettes, elles en trouveront dans des livres, mais que je leur enseigne ce qu’il faut faire pour qu’elles soient réussies’’.
 
A cette occasion, elle accepte de nous donner quelques précieux conseils :
Celle qui le peut, et qui aime cela, il est bon d’échanger la farine blanche pour de la farine d’épeautre (‘’kousmine’’). La pâte est alors belle, malléable et saine. La farine de seigle (‘’chiffone’’) est bien aussi, mais il est un peu plus difficile de travailler la pâte et former des tresses. Elle convient donc plutôt à de grands pains et des petits pains individuels sans forme précise.
Il est très important d’ajouter les ingrédients dans l’ordre indiqué dans la recette et de suivre fidèlement les directives.
Il faut bien pétrir, et arrêter dès que la pâte est amalgamée et souple.
Pendant le tressage, il est bon d’étaler la pâte et la laisser reposer. Ensuite on sépare la pâte, et on laisse encore reposer. On étale à nouveau chaque morceau, et on laisse encore reposer. Bref, vous avez compris : entre chaque étape on laisse reposer.
Après le tressage, n’enfournez pas directement. Laissez les pains, déjà formés, monter un peu. Comment sait-on s’ils ont assez monté pour enfourner ? On les touche délicatement du bout du doigt, formant ainsi un petit creux. Si la pâte revient tout de suite à sa place, comme un ressort, c’est que ce n’est pas encore prêt. Si elle reprend sa place initiale tout doucement, c’est prêt !
En réalité, lorsqu’on enfourne les ‘Hallots, elles ont déjà l’air d’être prêtes, sauf qu’elles sont crues et qu’il leur manque la coloration de la cuisson.
A priori, nul besoin d’œuf dans la composition des ‘Hallots. Mais si vous voyez que la pâte n’est pas assez ferme, il vaut mieux ajouter un œuf. En effet, l’œuf durcit lorsqu’il se réchauffe, et il raffermit donc la pâte.
Laissez aller votre imagination. On n’est pas obligée de faire toujours la même forme de ‘Hallots, on peut tresser à quatre pâtons, à 5, à 6, ou bien encore essayer d’autres formes. Cela donne un petit plus à la table de Chabbat.
 
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