Lois et coutumes

Le non-juif a appuyé sur le bouton et le feu est passé au vert

Un passant qui a remarqué ma détresse, est venu appuyer sur le bouton,            « Allez-y, vous pouvez maintenant traverser la route », m’a-t-il dit en continuant son chemin sur le trottoir

27.07.15 | 07:44
Le non-juif a appuyé sur le bouton et le feu est passé au vert

Dans notre ville, écrit un juif viennois, il y a des routes très fréquentées et en fin de soirée les feux de circulation restent constamment rouges pour permettre le passage des véhicules plus rapidement. Le passage des piétons à ces heures est plutôt rare. Lorsqu’un piéton veut traverser la route, il doit appuyer sur un bouton et attendre que le feu passe au vert pour lui permettre de traverser en toute sécurité. Vendredi soir dernier, quand j'étais en train de rentrer chez moi, j'ai dû passer par une de ces grandes routes. Pendant longtemps, j'ai attendu que la circulation faiblisse pour traverser sans succès. Un passant non-juif qui a sans doute remarqué mon embarras a appuyé sur le bouton pour moi, et le feu est ainsi passé au vert. « Allez-y, vous pouvez  maintenant traverser la route », m'a-t-il dit en continuant son chemin sur le trottoir.Je me suis alors posé la question. Ai-je le droit de profiter de cette transgression du Shabbat faite par un non-juif pour moi ? 

Réponse : La halakha veut qu'on ne dorme pas seul dans une maison par crainte des démons. Il faut laisser une lumière allumée, ce qui permet d'écarter le danger. Qu'en est-il du cas ou un non- juif a allumé le shabbat une lumière pour un juif qui dormait seul, a-t-il le droit de profiter de cette action faite pour son profit ?

Le Eshel Avraham (Boutchatch, chapitre 276) tend à autoriser le profit de cette lumière car il n'y a pas de bénéfice direct, mais plutôt l'écartement d'un danger. Il n'y a donc pas lieu de craindre qu'un juif demande à son voisin non-juif de faire cette action pour lui. Nos sages n'ont donc pas interdit le profit de cette lumière. De plus, le Michna Broura (307, 52) permet de lire une lettre qui a été apportée le Shabbat d'au-delà des limites permises, si elle a été ouverte par un non-juif. Bien qu'il soit interdit de tirer profit d'un travail interdit le Shabbat et c'est le cas pour la lecture de cette lettre, le juif ne tire pas profit du travail interdit. Autrement dit, le profit vient de la lecture elle-même alors que l'enveloppe sert de barrage. L'ouvrir shabbat, c'est certes interdit pour un juif, mais lorsque cette chose a été faite par un non-juif il est permis de lire cette lettre.

Dans le cas de notre question aussi, en appuyant sur le bouton qui permet le changement des feux, le non-juif n'a pas créé la route. Il a simplement arrêté le flot des véhicules. En traversant, le juif ne profite pas directement de cette transgression du shabbat, qui a juste écarté un danger potentiel. Il est donc permis de traverser.

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