Lois et coutumes

La famille s'apprêtait à manger de la Dafina, mais a constaté avec surprise qu'il était impossible d'ouvrir le couvercle de la casserole!

Sans tenir compte des avertissements de la maîtresse de maison, le père et ses enfants continuaient chaque semaine à se délecter de la délicieuse Dafina, jusqu'au jour où un évènement inattendu mit fin à leur mauvaise habitude...

| 23.07.15 | 18:50
La famille s'apprêtait à manger de la Dafina, mais a constaté avec surprise qu'il était impossible d'ouvrir le couvercle de la casserole!

Voici l'histoire d'une famille, dans laquelle une dispute éclate tous les Shabbats.

Pourquoi?

Comme dans chaque maison juive la maîtresse de maison se donne la peine de préparer une Dafina destinée en principe à être mangée le Shabbat à midi. La Dafina est tellement délicieuse que son mari et ses enfants ont tendance à «goûter» de celle-ci pendant la nuit, jusqu'à ce que parfois, le samedi matin quand la maman ouvre sa casserole, elle la découvre presque vide. La famille, ne tenant pas compte des avertissements de la maîtresse de la maison continuait à se remplir la panse chaque vendredi soir de la délicieuse Dafina. Jusqu'au vendredi soir, où surprise ! Deux bougies allumées étaient posées sur le couvercle de la casserole ! Ce n'était pas bien difficile d'imaginer l'identité de celle qui avait pensé à cette idée. « Maintenant, mes très chers», déclara la mère, « vous ne pourrez pas manger de Dafina. J'ai mis deux bougies qui brûleront jusqu'à tard dans la nuit! Le couvercle est donc « mouktsé » (NDT : écarté de l’esprit, donc intransportable). »

Shabbat matin, alors que les bougies étaient éteintes et que les membres de la famille s'apprêtaient à manger, soudain l'un des enfants s'écria « les bougies ont été allumées sur le couvercle avant l'entrée du Shabbat (Crépuscule), le couvercle est donc considéré comme un "בסיס לדבר האסור" support pour une chose interdite, ce qui interdit de le déplacer pendant tout le Shabbat même une fois les bougies éteintes. Toute chose qui était inutilisable à l'entrée du shabbat le reste pendant tout le shabbat, même si les circonstances ont évoluées. » La famille se précipitant vers le rabbin, demande, « Dites-nous, peut-on manger ce repas le Shabbat ? »

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Réponse :

Le couvercle est-il considérée comme « base » pour les bougies? Le talmud enseigne dans le traité shabbat (49a): « On peut enfouir une casserole dans des pelotes de laine, mais on ne peut pas les déplacer (puisque leur usage habituel est la filature et le tissage, tous deux interdits le shabbat). Comment faire pour récupérer la casserole puisqu'il est interdit de déplacer les pelotes de laine ? Il faudra saisir le couvercle, et avec lui faire tomber les pelotes. » (Rachi explique: « Il est permis d'attraper le couvercle considéré comme un ustensile et ce bien que les pelotes de laine le recouvrent, car le couvercle n'est pas considéré comme un support pour celles-ci. Il sert plutôt à couvrir la casserole. » Il apparaît de l'explication de Rachi que le couvercle d'une casserole n'est pas considéré comme un support pour une chose interdite puisque sa fonction première est de recouvrir la casserole.

Le Michna Broura (18) parle aussi d'une nappe sur laquelle brûlaient des bougies à l'entrée du shabbat. La nappe est-elle considérée comme un support pour une chose interdite, une fois les bougies éteintes a-t-on droit de retirer la nappe de la table ?

Le Chaar Hatsioun (24) compare cette situation à celle rapportée par Rachi vue plus haut. De la même manière que le couvercle sert avant tout à recouvrir la casserole, ainsi la nappe sert avant tout à recouvrir la table avant d'être un support pour les bougies. L'intention de celui qui a posé les bougies sur la table est simplement d'éclairer la pièce et non pas d'utiliser la nappe comme support. Par conséquent, nous pouvons dire la même chose sur le cas que nous avons évoqué. Le couvercle de la casserole même s'il sert aussi de support aux bougies sert principalement à recouvrir la casserole. De ce fait, il ne devient pas "support à un objet interdit, בסיס לדבר האסור".

Cependant, il y a lieu de faire une distinction entre les deux cas. En effet, la mère de famille qui a posé les bougies sur la casserole avait l'intention d'empêcher l'ouverture de celle-ci en se référant aux lois du « mouktsé », ce n'est pas le cas de la casserole enfouie parmi les pelotes de laine ou des bougies allumées sur la nappe. Néanmoins, il existe un principe que nos sages ont rapporté « Une personne ne peut pas interdire quelque chose qui ne lui appartient pas. » Ainsi, si un homme pose un objet interdit le Shabbat (« mouktsé ») sur un bien qui ne lui appartient pas, celui-ci ne sera pas considéré comme étant « support à un objet interdit, בסיס לדבר האסור. » Une personne ne peut pas interdire quelque chose qui ne lui appartient pas.

Conclusion :

Si la casserole appartient au mari, il sera permis de soulever son couvercle, car l’épouse a un droit d'utilisation sur cette casserole pour cuisiner, mais pas pour allumer dessus des bougies qui interdiraient son utilisation.

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