Notions du judaïsme

Comment consoler les endeuillés et s’associer à leur peine, lois et histoires. Partie 1

Consoler les endeuillés consiste non seulement à s’associer à la douleur de personnes affligées, mais il s’agit aussi d’une forme de respect envers le défunt. En consolant ses proches parents, nous lui montrons que la douleur de cette perte est partagée par l’ensemble du peuple juif

Comment consoler les endeuillés et s’associer à leur peine, lois et histoires. Partie 1

Le repas de l’endeuillé

Le premier repas que prennent les endeuillés après l’enterrement ne doit pas être préparé avec leurs propres aliments : c’est à leurs proches et leurs voisins qu’il incombe de leur préparer ce repas, que l’on appelle « séoudat havraa ». En revanche, le repas suivant pourra être préparé à l’aide d’aliments appartenant aux endeuillés, même s’il est pris le jour de l’enterrement. Par ailleurs, si personne ne s’est soucié de l’endeuillé ou s’il est le seul Juif dans sa ville, celui-ci ne sera pas obligé de se priver de manger et il pourra se préparer son propre repas. Lorsqu’une femme prend le deuil, les femmes de son entourage devront se soucier de lui fournir son premier repas, et non les hommes. Une femme mariée ne pourra consommer un repas préparé avec la nourriture de son mari.

La source de la mitsva

Les Richonim – maître de l’époque médiévale – sont en discussion sur l’origine de la mitsva de consoler les endeuillés : certains soutiennent qu’il s’agit d’une exigence de la Torah, d’autres considèrent qu’elle n’est que d’ordre rabbinique.

La raison de la mitsva

Cette mitsva est destinée à atténuer la douleur des endeuillés, en leur adressant des mots d’apaisement et de consolation. Cette mitsva appartient également aux mitsvot d’« aimer son prochain comme soi-même » et de « marcher dans Ses voies ».

Consoler un veuf

Un homme de Tel-Aviv perdit sa femme et fut profondément affecté par son décès. Peu après, il se rendit à Bné-Brak pour rendre visite à Rabbi Yaacov Israël Kanievski, le « Steipeler » et lui faire part de sa douleur. Le rav lui prit la main entre les siennes et lui dit : « Je suis moi-même dans une situation semblable, ma femme est décédée voilà quelque temps. Pour moi aussi, sa perte m’est extrêmement douloureuse. S’il est vrai que mes proches s’occupent bien de moi, personne ne peut cependant remplacer une épouse… » Un peu plus tard, il ajouta ces paroles : « J’ai longuement médité sur cette situation, et j’ai remarqué que D.ieu applique ce phénomène à toute Sa création : les membres d’un couple ne décèdent jamais au même moment, il y en a toujours un qui part le premier, pendant que le second souffre de sa perte. D’ailleurs, je suis certain que si on nous en laissait le choix, on ne voudrait pas qu’il en soit autrement… Je me suis dis qu’en vérité, celui des deux conjoints qui reste en vie doit remercier le Créateur de lui avoir offert quelques années supplémentaires et ne pas être décédé le premier… »

Ces mots consolèrent l’endeuillé, qui quitta le Rav rasséréné.

Un mort dont personne n’a pris le deuil

La consolation des endeuillés constitue aussi un bienfait envers le défunt. De ce fait, lorsqu’une personne décède sans que nul ne prenne le deuil pour elle, certains avis affirment que dix hommes doivent prendre le deuil à l’endroit où elle est décédée, et que le reste de la communauté se rend auprès des endeuillés pour leur exprimer leurs condoléances.

Cet usage n’est cependant pas retenu. On se contente plutôt de réunir à cet endroit un minyan (quorum de dix hommes), qui y tiendra des prières pendant les sept jours de deuil.

Une bonté envers le Steipeler

Lorsque Rabbi Chlomo Zalman Auerbach vint consoler Rabbi ‘Haïm Kaniewski de la perte de son père, le Steipeler, il lui fit la remarque suivante :

« Nous avons tous aujourd’hui l’occasion exceptionnelle d’exprimer notre reconnaissance envers le Steipeler et d’être généreux envers lui. En effet, consoler les endeuillés constitue également une bonté réalisée à l’égard du défunt… Il s’ensuit qu’en venant réconforter les endeuillés, on réalise également une Guémilout ‘Hessed envers le Steipeler. Or qui pourrait me dire à quelle occasion aurions-nous eu la possibilité de faire de la Guémilout ‘Hassadim envers un si grand homme ? »

A partir de quand doit-on consoler les endeuillés ?

Certaines coutumes préconisent de ne pas consoler les endeuillés durant les trois jours suivant le décès. D’autres ne font pas cas de cette exigence.

On peut venir consoler les endeuillés aussi bien de jour que de nuit.

Celui qui nous hait

On n’a pas le droit d’aller consoler celui qui nous hait, si notre présence peut être mal interprétée. L’endeuillé pourrait en effet croire qu’on se réjouit de sa douleur.

Comment consoler

L’endeuillé prend place à la tête de l’assistance. On attendra que l’endeuillé entame la conversation avant de lui adresser des paroles de réconfort. Mais s’il lui est difficile de parler, on pourra prendre la parole le premier.

Les consolateurs ont coutume de dire à l’endeuillé : « Que D.ieu te console avec l’ensemble des endeuillés de Sion et de Jérusalem. »

Se lever devant les consolateurs

L’endeuillé n’est pas tenu de se lever devant les personnes qui viennent le consoler, même si celui qui lui rend visite est le Nassi (le Prince du peuple juif).

Mais s’il se lève malgré tout devant un visiteur, ce dernier ne devra pas lui dire : « Reste assis », car cela pourrait s’entendre comme s’il lui souhaitait de garder le deuil.

 

« D.ieu effacera la mort à jamais et l’Eternel fera sécher les larmes sur tous les visages »

Cet extrait est issu du livre « Une justice de paix, Une société fondée sur les principes de la Torah » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation.

 

 

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