Haazinou. Ne pas être découragé par l’oubli

Il nous faut prendre conscience du fait qu’outre l’acquisition des connaissances, l’étude de la Tora renferme de nombreuses autres vertus, énoncées par Rabbi Meïr dans les Pirqé Avot. La seule implication dans l’étude purifie et sanctifie l’homme, et lui permet de faire siennes ces nombreuses vertus. L’oubli n’est donc pas dramatique

08.07.15 | 05:56
Haazinou. Ne pas être découragé par l’oubli

« Ce n’est pas pour vous une chose indifférente, c’est votre existence même ! » (Dévarim 32,47)

« Ce n’est pas en vain que vous peinez pour l’apprendre : une grande récompense lui est attachée “car elle est votre vie“. » (Rachi)

Beaucoup de personnes ont tendance à se décourager dans leur étude de la Tora, remarque rav Ya’aqov Neuman (Darké Moussar), lorsqu’elles constatent qu’elles oublient ce qu’elles apprennent. Cet état d’esprit provient de l’erreur de croire que l’étude de la Tora a pour unique but l’accumulation de connaissances. Si tel était le cas, il y aurait effectivement lieu d’être accablé au constat que les acquis finissent par être oubliés ; personne ne conçoit en effet de s’adonner à une tâche qui n’apporte aucun résultat, et qui laisse ceux qui s’y consacrent sans la moindre satisfaction.Il nous faut donc prendre conscience du fait qu’outre l’acquisition des connaissances, l’étude de la Tora renferme de nombreuses autres vertus, énoncées par Rabbi Meïr dans les Pirqé Avot (chap.6) : « Quiconque étudie la Tora de façon désintéressée […] est appelé ami, bien-aimé, adorateur du Créateur, un homme qui aime les hommes, qui réjouit D.ieu et ses semblables ; la Tora le revêt d’humilité et de crainte, etc. » Or, ces différentes dispositions ne dépendent absolument pas du fait que l’on se souvienne ou non de ce que l’on a appris. La seule implication dans l’étude purifie et sanctifie l’homme, et lui permet de faire siennes ces nombreuses vertus.

Il apparaît donc que déjà dans ce monde-ci, l’homme tire plus d’avantages de l’étude proprement dite, que des connaissances qui en résultent. De surcroît, il ne fait aucun doute que l’homme qui s’adonne à la Tora finira également par acquérir les qualités propres à ceux qui en maîtrisent les enseignements. La michna précitée énonce en effet par la suite : « … on révèle [à cet homme] les secrets de la Tora, il devient comme une source intarissable, un fleuve qui ne cesse de grossir… » Se décourager dans son étude à cause de l’oubli revient donc à renoncer à toutes ces nombreuses vertus, et à fléchir devant les conseils funestes du mauvais penchant !En outre, l’étude procure un plaisir incommensurable, qui surpasse toutes les jouissances matérielles. Or, ce bonheur est suscité par l’instant même de l’étude, indépendamment de notre capacité à mémoriser les connaissances accumulées. A lui seul, il doit nous inciter à nous consacrer à l’étude de notre sainte Tora. Nous disons en ce sens dans les prières du Chabbat : « Un peuple repu de jouissances… » – car la fidélité aux ordres divins procure le plus grand plaisir qui soit. Et si l’on sait être attentif à la satisfaction que génère l’étude proprement dite, on renoncera définitivement à spéculer sur la récompense que l’on pourra en retirer. A ce moment, la seule question qui naîtra dans notre cœur sera : « Comment remercier D.ieu de nous avoir donné la Tora qui magnifie notre existence ? »

Nous retrouvons cette idée dans le commentaire de rav Itsalé de Volozhin, sur l’enseignement suivant : « Applique-toi à observer les mitsvot les moins importantes aussi bien que les mitsvot les plus graves, car tu ignores le don du salaire des mitsvot » (Pirqé Avot chap.2). Pourquoi la michna parle-t-elle du « don du salaire » ? s’interroge rav Itsalé. N’était-il pas suffisant de dire : « Tu ignores le salaire des mitsvot » ? Selon lui, ces mots désignent une autre forme de « salaire » : celui que l’homme est censé payer à D.ieu, pour lui avoir donné la merveilleuse opportunité de pouvoir étudier la Tora et de respecter les mitsvot, dont la saveur est inégalable.Le rav Neuman conclut son propos en ces termes : il est évident que quiconque étudie la Tora avec assiduité et sans défaillir finira également par maîtriser ses enseignements. Nos Sages l’affirment sans détour : « Si l’on te dit : “J’ai peiné et je n’ai pas trouvé la réussite“, ne le crois pas ! » (Méguila 6b).

Cet extrait est issu du livre « Lekah Tov » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation. Tous droits réservés.

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