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Béhar. Le respect de la Chemita – une preuve de bravoure

La Tora porte une estime particulière aux agriculteurs respectueux de la Chemita. Semblables aux anges sur lesquels le mauvais penchant n’a pas d’emprise, ces hommes font preuve d’une bravoure exceptionnelle, dominant leurs tentations pendant une année complète

Béhar. Le respect de la Chemita – une preuve de bravoure

« La terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Eternel » (Vayiqra 25,2)

« “Bénissez l’Eternel, vous, ses anges, héros puissants, qui exécutez Ses ordres, attentifs au son de Sa parole“ (Téhilim 103) – Rabbi Its’haq le forgeron dit : Ce verset fait référence aux hommes qui respectent la Chemita. Généralement, un homme est prêt à se sacrifier pour une mitsva pendant une journée, une semaine voire un mois. Mais qui peut tenir une année entière ? Or ces hommes voient leurs champs en friche, leurs vignes abandonnées, et restent impassibles. Existe-t-il des héros plus puissants qu’eux ? » (Yalqout Chim’oni 103)

Dans ce texte, remarque rav ‘Hayim Chmulevitz (Si’hot Moussar 5733), nous découvrons l’estime que la Tora porte aux agriculteurs respectueux de la Chemita. Semblables aux anges sur lesquels le mauvais penchant n’a pas d’emprise, ces hommes font preuve d’une bravoure exceptionnelle, dominant leurs tentations pendant une année complète.En vérité, ces hommes sont même supérieurs aux créatures célestes. Nos Sages disent en effet : « Les êtres célestes, qui sont exempts de mauvais penchant, peuvent se suffire d’une seule parole. […] Mais pour les hommes, qui sont habités par un mauvais penchant, pourvu seulement que deux paroles leur suffisent !… » (Vayiqra Rabba 26,5).

Le verset, que cite le Midrach en exergue, est également rapporté dans le Talmud, dans le traité Chabbat (88a), lorsque les enfants d’Israël proclamèrent au mont Sinaï : « Nous ferons et nous entendrons. » Il s’avère que le respect de la Chemita exige que les hommes conservent ce même niveau spirituel. Le courage extraordinaire dont font preuve ces hommes – qui se fonde sur une confiance en D.ieu absolue – ne saurait être le fruit d’une compréhension intellectuelle. Seule une foi simple et parfaite peut permettre de braver les difficultés et d’affirmer « nous ferons et nous entendrons ».Bien plus : si leur confiance en D.ieu provenait de l’entendement, ils ne pourraient pas se maintenir longtemps à ce niveau. C’est seulement lorsque ce sentiment s’appuie sur une émouna simple et puissante qu’il est susceptible de demeurer à jamais. A cet égard, la force particulière de ces agriculteurs réside, selon rabbi Its’haq le forgeron, en cela que leur confiance en D.ieu se maintient pendant une année entière.Ceci explique également pourquoi, selon le Midrach cité précédemment, « deux paroles » sont requises pour les hommes, alors que les anges peuvent se suffire d’une seule parole. Même si celle-ci peut permettre aux hommes de « grimper sur le mont de D.ieu », une seconde est cependant requise pour qu’ils puissent s’y maintenir. Ainsi, pour que cette ascension perdure, l’être humain doit entendre deux paroles l’une après l’autre, afin d’être continuellement stimulé et ne jamais faillir.

Cet extrait est issu du livre « Lekah Tov » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation. Tous droits réservés.