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Ahare Mot. Les mitsvot sont en relation avec les membres du corps

Certaines mitsvot sont liées au cœur, au cerveau ou à d’autres organes internes, dont le bon fonctionnement est vital. Si un homme transgresse l’une de ces mitsvot, il entraîne fatalement la mort de son âme. C’est la raison pour laquelle, la Tora recommande d’observer tous les préceptes et commandements « afin qu’il obtienne par eux la vie ». Car dans le cas contraire, l’homme risque d’être infirme ou mutilé pour l’éternité

Ahare Mot. Les mitsvot sont en relation avec les membres du corps

« Vous observerez Mes lois et Mes statuts, parce que l’homme qui les pratique obtient par eux la vie » (Vayiqra 18,5)

Il est connu, note le ‘Hafets ‘Hayim (commentaire sur la Tora), que les 248 membres du corps humain sont en corrélation avec les 248 commandements positifs de la Tora. C’est-à-dire que chaque mitsva accomplie fait vivre le membre qui lui correspond. Certains organes ne sont pas d’importance vitale, comme les mains ou les pieds : même si l’un d’entre eux devait être amputé, l’être humain peut continuer à vivre. D’autres organes sont quant à eux indispensables à la vie : s’ils venaient à être atteints ou supprimés, les jours de l’homme seraient comptés. C’est notamment le cas des affections graves du cœur ou du cerveau.Il en va de même pour les « organes spirituels », dont l’existence éternelle dépend du respect de la Tora et des mitsvot. La transgression de certains commandements rend l’homme infirme. Le Gaon de Vilna l’indique lui-même dans son commentaire sur le verset : « Qui dédaigne un ordre en éprouve du dommage » (Michlé 13). D’après le Gaon, cela signifie que le membre ayant contribué à commettre une faute cause un préjudice éternel à l’âme. Ainsi, celui qui n’aurait pas mis les téfilines – même s’il a accompli de nombreuses autres mitsvot – sera néanmoins considéré comme infirme. Certaines mitsvot sont liées au cœur, au cerveau ou à d’autres organes internes, dont le bon fonctionnement est vital. Si un homme transgresse l’une de ces mitsvot, il entraîne fatalement la mort de son âme.C’est la raison pour laquelle, dans le verset en exergue, la Tora recommande d’observer tous les préceptes et commandements « afin qu’il obtienne par eux la vie ». Car dans le cas contraire, l’homme risque d’être infirme ou mutilé pour l’éternité.

Citant le verset : « Ne sois pas trop méchant, évite d’être sot » (Qohélet 7), le Talmud s’interroge : « Il convient de ne pas être “trop méchant“ – serait-ce à dire que l’on peut être “un peu“ méchant ? » (Chabbat 31). Le ‘Hafets ‘Hayim (cité dans Ma’assé LaMélekh ibid.) expliquait cette idée à l’aide d’une parabole. Un roi avait fait établir à proximité de son palais un somptueux verger, dans lequel ses jardiniers entretenaient des arbres plus merveilleux les uns que les autres, donnant des fruits tendres et savoureux.Pour développer et soigner chaque plant selon ses besoins, le roi avait fait venir des agronomes chevronnés. Dans sa grande générosité, ce monarque ouvrait les portes du jardin au public, de sorte que chacun pouvait venir l’admirer et profiter de son air vivifiant.Un jour, alors que le souverain regardait par la fenêtre de son palais, il vit un individu pénétrer dans le jardin en endommageant les barrières qui l’entouraient. Le roi ne réagit cependant pas. Le lendemain, cet homme vint à nouveau, se mit à cueillir des fruits et à les fourrer dans sa besace. Là encore, le maître des lieux garda le silence. Plus tard, il entendit l’énergumène s’exclamer : « A quoi bon me donner la peine de cueillir les fruits ? Autant sectionner des branches entières. » A ce moment, le monarque s’emporta : « Non seulement cet homme n’a aucune idée de la valeur de ces arbres, mais de surcroît, il ne se gêne pas de les mutiler ! » Malgré tout, il contint sa colère et continua d’observer les faits et gestes de cet individu. « Après tout, j’aurai toujours la possibilité de le punir comme il le mérite », se rasséréna le roi avec sagesse.

Mais le vandale n’en resta pas là. Croyant que le roi n’était pas dans son palais, ou qu’il dormait peut-être, il décida d’arracher un arbre jusqu’aux racines. Le voyant se mettre à creuser autour du tronc, le roi ne put se contenir davantage : il fit appeler ses serviteurs et leur ordonna d’appréhender l’homme et de le châtier comme il le méritait.Le roi de cette histoire n’est autre que le Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Il créa de Ses mains un somptueux palais – à savoir l’univers entier. Quant au verger de la parabole, il représente la Tora. Les arbres, les fleurs et les fruits sont les différentes mitsvot qu’elle renferme. Et de fait, la Tora est un réconfort pour l’âme, ses mitsvot réjouissent le cœur. L’homme sage la traitera avec les plus grands égards, et remerciera le Créateur de lui avoir permis de profiter de cette sagesse infinie.

Malheureusement, le monde est également peuplé de sots et de vandales. En un premier temps, ceux-ci s’évertuent à abattre les barrières qui entourent la Tora – les garde-fous instaurés par les Sages. Ensuite, ils en saccagent les fruits – c’est-à-dire qu’ils transgressent les commandements positifs et négatifs. Et enfin, ils en viennent à creuser autour de cet Arbre de vie pour le déraciner : ils bafouent les principes les plus élémentaires du judaïsme, comme le Chabbat, Pessa’h, les relations interdites, etc. Le Roi voit tout cela depuis Son palais, et en fin de compte, Il donnera à chacun ce qu’il aura mérité. Le Maître de ce somptueux trésor ne laissera pas les hommes le saccager indéfiniment : le jour venu, Il sanctionnera tous les abus, car nul ne peut Lui échapper.

Cet extrait est issu du livre « Lekah Tov » publié par les éditions Jérusalem Publications, avec leur aimable autorisation. Tous droits réservés.