Famille

    Parents de jeunes gens qui quittent le bon chemin ? Voici 8 précieux conseils, du Rav Dan Tioumkin  

    Rav Dan Tioumkin donne une série de conseils aux parents : cessez de chercher les fautifs, comprenez que c’est pour eux un cas de force majeure, ne les jetez pas de la maison, et encore un autre conseil particulièrement intéressant.

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    Parents de jeunes gens qui quittent le bon chemin ? Voici 8 précieux conseils, du Rav Dan Tioumkin
     
    Rav Dan Tioumkin donne une série de conseils aux parents : cessez de chercher les fautifs, comprenez que c’est pour eux un cas de force majeure, ne les jetez pas de la maison, et encore un autre conseil particulièrement intéressant.
    Première partie.
     

     
    Autrefois, on appelait cela ‘’la jeunesse tombée’’ (noar nocher), comme une feuille sèche qui tombe de l’arbre. Puis, on s’est rendu compte que cette étiquette que l’on donnait aux jeunes était négative. Parce qu’une feuille qui tombe ne peut plus revenir sur l’arbre, et il est dommage que l’enfant intériorise cette image et pense que sa voie est sans retour.
    Alors on a tenté de trouver des alternatives du langage : jeunesse à risque, jeunesse à espoir, jeunesse qui lutte, jeunesse à défi. Mais en fait, peu importe la sémantique. C’est un fait connu qui se répand, et encore plus dans les familles où les parents sont Baal Techouva.
    Les petits enfants tout mignons commencent à se rebeller, à répondre avec culot, à se faire renvoyer de leurs établissements, à fréquenter de mauvais amis et à faire des bêtises, avec inconscience et en causant beaucoup de soucis aux parents.
    Il s’avère que la meilleure chose à faire dans ces cas-là, c’est de prier, encore et encore, et c’est en soi-même le meilleur conseil qui puisse être donné, car il n’existe pas de solution miracle. Ceci étant, puisqu’il nous incombe tout de même d’agir, en pratique, pour changer la situation, voici 8 conseils généraux, à l’attention des parents qui sont dans ce cas. Ils sont le fruit d’une longue expérience en la matière et de nombreuses discussions avec Rav Ouri Zohar, d’autres experts en matière d’éducation, ainsi que de grands Rabbanim.
     
    1er conseil : cessez de chercher les fautifs
    Dans cette situation, nous avons une tendance naturelle à essayer de trouver les fautifs. Le père accuse la mère, la mère accuse le père, et les deux accusent l’école, ou un professeur en particulier. L’école, de son côté, accuse les grands-parents, qui eux-mêmes accusent la branche religieuse ou la ‘Hassidoute auquel l’enfant appartient, etc. La liste des accusés s’agrandit généralement et touche les gens, les mouvements de pensée, les Rabbanim, les lieux d’habitation, enfin tout ce que l’on peut montrer du doigt comme étant la cause de tous les soucis. Et si seulement nous avions plutôt fait telle ou telle chose différemment, entend-t-on parfois, l’enfant n’aurait pas mal tourné.
    Je pense que c’est une grosse erreur. Toutes ces personnes ont peut-être mal agi dans certaines situations, mais nous-mêmes avons parfois fait des erreurs, et c’est rarement dans une mauvaise intention. De plus, il est un peu naïf de mettre sur leur dos la responsabilité.
    Dans la plupart des cas – tout le monde a mal agi. C’est un phénomène trop étendu pour que l’on puisse dire que seule une personne en est responsable.
    De plus, il est toujours préférable d’éviter de critiquer la communauté dans laquelle nous vivons, que ce soit en public ou en privé, ou les gens que nous côtoyons. Sachez que c’est un précieux conseil pour éviter que les autres frères et sœurs ne suivent le chemin de l’enfant problématique. Et en ce qui concerne cet enfant en particulier, il faut cesser de chercher des fautifs, quels qu’ils soient. Sachez que le phénomène des jeunes en difficulté touche tous les secteurs de notre peuple, toutes les villes, tous les pays. L’étendue de ce phénomène nous montre qu’il s’agit d’un mouvement intrinsèque à la génération et qu’il faut y prêter attention et y réfléchir sérieusement. Chercher les responsables ne fait rien avancer, bien au contraire, et cela détruit toute possibilité de solution. Le premier conseil  de base est donc d’aborder les choses différemment, en arrêtant d’accuser.
     
     
    2ème conseil : comprenez que c’est un cas de force majeure
    Ce conseil est aussi lié à l’accusation. L’accusation que nous portons sur le jeune lui-même est souvent responsable de nombreux effets secondaires à la situation. Cette accusation n’aide pas à trouver la solution, mais en plus elle est fausse. Ces jeunes ont un besoin, qui est plus fort qu’eux, et qui cherche apparemment à satisfaire un besoin affectif. L’âge de l’adolescence les éprouve par des changements physiologiques et affectifs, et quand on y ajoute le sens critique et la pression sociale, ils se retrouvent pris dans une aventure, un processus dont l’une des étapes est le Golem, la chrysalide (la larve de papillon, avant de sortir de sa nymphe). Cette étape est assez trouble. On a l’impression que ces jeunes sont responsables, réveillés. C’est très trompeur. Car ils ne le sont pas vraiment. ‘’Réveillez-vous de votre torpeur’’ – en réalité ils sont en situation de Golem. Il est vrai qu’ils sont tout de même capables de prendre des décisions (mauvaises), mais ce besoin d’indépendance, ce besoin de se lancer à l’aventure, même si elle est douloureuse, est plus fort qu’eux.



    Le livre ‘’Avot Oubanim’’ rapporte des livres de Kabala qui expliquent que les Néchamot (âmes) de ces jeunes proviennent d’une certaine source, et qu’elles ont comme des ‘’murailles de pierres’’ qui masquent le milieu de la Néchama. Seuls le calme et la patience peuvent faire fondre ces murailles. Il s’agit donc d’une réalité spirituelle de certaines Néchamot. Il est rassurant et stimulant de savoir que la Kabala, qui prend sa source dans notre Torah, en parle et pas simplement une méthode psychologique moderne. Nous sommes alors convaincus que les conseils donnés par la Kabala pour venir à bout du problème, est à prendre en considération sérieusement, et portera ses fruits.
    Il faut comprendre. La rue d’aujourd’hui est remplie de tentations incommensurables. Le smartphone offre tous les rêves du monde, sur un plateau d’argent disponible et immédiat. Cela fait belle lurette qu’il n’y a pas que des chats qui trainent dans les rues. Les rues sont remplies de centaines et de milliers de jeunes, et face à la force de cette tentation, les jeunes ne peuvent que rendre leurs armes. La technique polonaise qui vise à donner mauvaise conscience au jeune (‘’tu es en train de tuer ta mère…’’) ne fait plus du tout le poids.
    L’un de ces jeunes, qui a repris ensuite le bon chemin, Baroukh Hachem, m’a dit qu’il avait été obligé de couper ses Péot, car elles ne lui appartenaient pas vraiment. Elles n’étaient qu’un fardeau trop lourd que ses parents l’obligeait à porter. Il se sentait obligé de les ôter pour vérifier si on continuait à le respecter, à accepter ses choix, pour ensuite décider à nouveau de les laisser pousser. Les nouvelles Péot étaient les mêmes que les premières, mais elles étaient très différentes dans ce qu’elles représentaient. Cette fois-ci, elles lui appartenaient bel et bien, c’était lui qui les avait voulues. Ce n’était plus les lourdes Péot de ses parents. C’est une parabole très profonde.
    Les paroles de Moussar ne sont pas efficaces dans ces cas, elles produisent, au contraire, l’effet inverse. Car ces jeunes ne manquent pas de connaissances. Ils savent tout. S’ils se ‘’déconnectent’’, c’est pour une autre raison, qui se trouve plutôt dans le domaine affectif. Il est donc tout à fait inutile de leur dire ‘’c’est un interdit de la Torah que tu transgresses !’’ ou encore ‘’quelle Yéchiva va t’accepter, plus tard, si tu te comportes ainsi ??’’. Ces paroles font sur eux l’effet que ferait sur nous une menace de baisser un peu les mensualités de notre retraite. C’est très loin. C’est pourquoi nous pouvons dire qu’ils se trouvent dans cette situation contre leur gré, et qu’ils se trouvent dans une période de leur vie qui est difficile et douloureuse. S’ils étaient autistes ou qu’ils avaient un autre handicap, nous les aurions tout de même acceptés, tels qu’ils sont. Comprenons donc que ces jeunes se trouvent aussi dans une situation compliquée qui n’a pas vraiment de responsables, et qu’il faut les accepter tels qu’ils sont, avec toutes les difficultés que cela engendre. Cette compréhension (pas un aval, juste une compréhension qu’ils ne peuvent échapper à ce processus) est le premier pas vers la solution.
     
    3ème conseil : tout faire pour ne pas les jeter de la maison
    Ce conseil aussi se bat contre notre tendance naturelle à rendre les choses faciles, à accuser le jeune en question (ou la jeune fille, bien entendu, nous parlons toujours des deux) qui n’est qu’un ingrat, et l’envoyer au loin, dans un pensionnat ou autre, n’importe où mais hors de la maison. Qu’il ne reste pas sous notre nez, qu’il ne mette pas en péril la paix des ménages ni la bonne éducation des autres enfants.
    On peut comprendre cette attitude, et à dire vrai ces jeunes sont vraiment exaspérants. Et ils sont nuisibles. Mais que faire si tous les Grands Rabbanims de la génération ont crié de toutes leurs forces qu’il fallait faire tous les efforts, tous, pour ne pas en arriver là ? Des parents sont venus en pleurs prendre conseil auprès de Rav Elyachiv, expliquant que le jeune en question entrainait ses frères. Il leur a conseillé de dispatcher tous les enfants dans d’autres familles, et de garder le jeune révolté pour lui donner toute l’attention ! Je ne sais pas dans quel cas cela fut conseillé, ni pour quelle famille, je ne sais donc pas si l’on peut vraiment en tirer une leçon, mais cette vision des choses est celles de tous les Guedolim : ne pas éloigner, ne pas renvoyer avec un coup de pied !
    Il est un principe dans la vie : chaque point doit être mesuré en le comparant aux autres alternatives possibles. Il est vrai que le jeune cause des dégâts, et aussi des maux de cœur, et il est réellement difficile de vivre avec un jeune rebelle et effronté qui ne fait rien toute la journée, dort le jour et sort la nuit. C’est déchirant et éprouvant. Il faut instituer des règles minimales à la maison qu’il sera en mesure de respecter. Et ce n’est pas facile. Mais le jeter ne résout que certains des problèmes, et seulement à court terme, mais en apporte de nombreux autres, à long terme. Car cela ôte toute possibilité de communication. Cela fait tomber le jeune encore plus bas, et fait passer un message problématique aux frères. Ce n’est donc pas seulement une obligation parce que c’est l’avis des Rabbanim, mais aussi parce que, sur le terrain, ce n’est pas une solution efficace et effective. Pensez-vous que ce jeune reprendra le droit chemin en étant dans la rue ? Le jeter, c’est le pousser de toutes les forces vers des choses illégales, des dépendances, et d’autres malheurs de ce genre. Il est évident que cette solution est donc la pire qui soit.
     
    4ème conseil : considérez-les comme des personnes qui font Techovua
    Il existe un domaine qui s’appelle ‘’kirouv ré’hokim’’, et qui consiste à ramener les juifs éloignés vers la religion. Ceux qui travaillent dans ce domaine savent combien il est important de ne jamais émettre aucune critique ni aucune remontrance envers les ‘’éloignés’’ sous peine de voir tous leurs efforts de ‘’rapprochement’’ s’effondrer. Ils savent qu’ils doivent fermer les yeux sur certaines Avéroths (fautes) que les éloignés font, et les encourager plutôt avec de gentilles paroles ou en louant chaque petite Mitswa accomplie, avec patience, pour les rapprocher peu à peu.
    Il est intéressant de remarquer que ceux qui travaillent dans ce domaine ont pourtant parfois du mal à suivre ces belles consignes avec leurs propres enfants en difficulté. Les consignes d’éducation sont souvent bien différentes, et elles comprennent : critiquer, exprimer son mécontentement face à certains actes, et déconsidérer les petits actes positifs. Cela ne devrait pas être le cas, mais ça l’est souvent.
    Face à des jeunes en difficulté, nous devons absolument faire un switch dans notre tête, et passer du mode éducation à celui de Kirouv re’hokim. Oui, Kirouv Ré’hokim ! Et alors, si par hasard les éloignés en question sont vos propres enfants ? Un invités ‘Hiloni qu’on invite le Chabbat n’aurait jamais mérité de notre part un réveil en catastrophe du style ‘’bientôt sof zmane kriate chema (l’heure où on ne peut plus faire le Chéma du matin), ni à une remontrance concernant la quantité insuffisante de Matza qu’il consomme le soir du Seder. Pas du tout. On lui aurait parlé avec tact, calmement, délicatement, selon son rythme.
    Alors ici, la grande nouveauté, c’est que nos enfants aussi sont des Re’hokim, des éloignés qu’il faut rapprocher. Et leur enfance religieuse ne doit pas nous embrouiller. Affectivement parlant, ils ne se retrouvent pas dans cette enfance. Et pour les brancher de nouveau au système, il faut utiliser des outils du Kirouv Re’hokim, et jeter bien loin les critiques qui n’ont jamais été efficaces.
    C’est une erreur de vouloir se confronter à eux en parlant de domaines qui sont bien au-delà de leur libre-arbitre actuel, à cause d’une pression sociale ou de notre ego. Ils détestent au plus haut point cette hypocrisie et cela les éloigne encore plus. La critique doit être limitée au minimum, et ne doit pas intervenir dans des domaines religieux, mais simplement dans celui de la bonne gestion de la maison, du respect des frères par exemple. En dehors de cela, il faut leur laisser leur liberté et leur indépendance. Ce n’est pas facile. Ou plutôt : il n’y a pas plus dur que cela. Mais puisqu’il n’y a pas d’autre alternative, nous n’avons pas le choix.
     
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    | 30.03.17 | 08:21
    Parents de jeunes gens qui quittent le bon chemin ? Voici 8 précieux conseils, du Rav Dan Tioumkin  

    Parents de jeunes gens qui quittent le bon chemin ? Voici 8 précieux conseils, du Rav Dan Tioumkin
     
    Rav Dan Tioumkin donne une série de conseils aux parents : cessez de chercher les fautifs, comprenez que c’est pour eux un cas de force majeure, ne les jetez pas de la maison, et encore un autre conseil particulièrement intéressant.
    Première partie.
     

     
    Autrefois, on appelait cela ‘’la jeunesse tombée’’ (noar nocher), comme une feuille sèche qui tombe de l’arbre. Puis, on s’est rendu compte que cette étiquette que l’on donnait aux jeunes était négative. Parce qu’une feuille qui tombe ne peut plus revenir sur l’arbre, et il est dommage que l’enfant intériorise cette image et pense que sa voie est sans retour.
    Alors on a tenté de trouver des alternatives du langage : jeunesse à risque, jeunesse à espoir, jeunesse qui lutte, jeunesse à défi. Mais en fait, peu importe la sémantique. C’est un fait connu qui se répand, et encore plus dans les familles où les parents sont Baal Techouva.
    Les petits enfants tout mignons commencent à se rebeller, à répondre avec culot, à se faire renvoyer de leurs établissements, à fréquenter de mauvais amis et à faire des bêtises, avec inconscience et en causant beaucoup de soucis aux parents.
    Il s’avère que la meilleure chose à faire dans ces cas-là, c’est de prier, encore et encore, et c’est en soi-même le meilleur conseil qui puisse être donné, car il n’existe pas de solution miracle. Ceci étant, puisqu’il nous incombe tout de même d’agir, en pratique, pour changer la situation, voici 8 conseils généraux, à l’attention des parents qui sont dans ce cas. Ils sont le fruit d’une longue expérience en la matière et de nombreuses discussions avec Rav Ouri Zohar, d’autres experts en matière d’éducation, ainsi que de grands Rabbanim.
     
    1er conseil : cessez de chercher les fautifs
    Dans cette situation, nous avons une tendance naturelle à essayer de trouver les fautifs. Le père accuse la mère, la mère accuse le père, et les deux accusent l’école, ou un professeur en particulier. L’école, de son côté, accuse les grands-parents, qui eux-mêmes accusent la branche religieuse ou la ‘Hassidoute auquel l’enfant appartient, etc. La liste des accusés s’agrandit généralement et touche les gens, les mouvements de pensée, les Rabbanim, les lieux d’habitation, enfin tout ce que l’on peut montrer du doigt comme étant la cause de tous les soucis. Et si seulement nous avions plutôt fait telle ou telle chose différemment, entend-t-on parfois, l’enfant n’aurait pas mal tourné.
    Je pense que c’est une grosse erreur. Toutes ces personnes ont peut-être mal agi dans certaines situations, mais nous-mêmes avons parfois fait des erreurs, et c’est rarement dans une mauvaise intention. De plus, il est un peu naïf de mettre sur leur dos la responsabilité.
    Dans la plupart des cas – tout le monde a mal agi. C’est un phénomène trop étendu pour que l’on puisse dire que seule une personne en est responsable.
    De plus, il est toujours préférable d’éviter de critiquer la communauté dans laquelle nous vivons, que ce soit en public ou en privé, ou les gens que nous côtoyons. Sachez que c’est un précieux conseil pour éviter que les autres frères et sœurs ne suivent le chemin de l’enfant problématique. Et en ce qui concerne cet enfant en particulier, il faut cesser de chercher des fautifs, quels qu’ils soient. Sachez que le phénomène des jeunes en difficulté touche tous les secteurs de notre peuple, toutes les villes, tous les pays. L’étendue de ce phénomène nous montre qu’il s’agit d’un mouvement intrinsèque à la génération et qu’il faut y prêter attention et y réfléchir sérieusement. Chercher les responsables ne fait rien avancer, bien au contraire, et cela détruit toute possibilité de solution. Le premier conseil  de base est donc d’aborder les choses différemment, en arrêtant d’accuser.
     
     
    2ème conseil : comprenez que c’est un cas de force majeure
    Ce conseil est aussi lié à l’accusation. L’accusation que nous portons sur le jeune lui-même est souvent responsable de nombreux effets secondaires à la situation. Cette accusation n’aide pas à trouver la solution, mais en plus elle est fausse. Ces jeunes ont un besoin, qui est plus fort qu’eux, et qui cherche apparemment à satisfaire un besoin affectif. L’âge de l’adolescence les éprouve par des changements physiologiques et affectifs, et quand on y ajoute le sens critique et la pression sociale, ils se retrouvent pris dans une aventure, un processus dont l’une des étapes est le Golem, la chrysalide (la larve de papillon, avant de sortir de sa nymphe). Cette étape est assez trouble. On a l’impression que ces jeunes sont responsables, réveillés. C’est très trompeur. Car ils ne le sont pas vraiment. ‘’Réveillez-vous de votre torpeur’’ – en réalité ils sont en situation de Golem. Il est vrai qu’ils sont tout de même capables de prendre des décisions (mauvaises), mais ce besoin d’indépendance, ce besoin de se lancer à l’aventure, même si elle est douloureuse, est plus fort qu’eux.



    Le livre ‘’Avot Oubanim’’ rapporte des livres de Kabala qui expliquent que les Néchamot (âmes) de ces jeunes proviennent d’une certaine source, et qu’elles ont comme des ‘’murailles de pierres’’ qui masquent le milieu de la Néchama. Seuls le calme et la patience peuvent faire fondre ces murailles. Il s’agit donc d’une réalité spirituelle de certaines Néchamot. Il est rassurant et stimulant de savoir que la Kabala, qui prend sa source dans notre Torah, en parle et pas simplement une méthode psychologique moderne. Nous sommes alors convaincus que les conseils donnés par la Kabala pour venir à bout du problème, est à prendre en considération sérieusement, et portera ses fruits.
    Il faut comprendre. La rue d’aujourd’hui est remplie de tentations incommensurables. Le smartphone offre tous les rêves du monde, sur un plateau d’argent disponible et immédiat. Cela fait belle lurette qu’il n’y a pas que des chats qui trainent dans les rues. Les rues sont remplies de centaines et de milliers de jeunes, et face à la force de cette tentation, les jeunes ne peuvent que rendre leurs armes. La technique polonaise qui vise à donner mauvaise conscience au jeune (‘’tu es en train de tuer ta mère…’’) ne fait plus du tout le poids.
    L’un de ces jeunes, qui a repris ensuite le bon chemin, Baroukh Hachem, m’a dit qu’il avait été obligé de couper ses Péot, car elles ne lui appartenaient pas vraiment. Elles n’étaient qu’un fardeau trop lourd que ses parents l’obligeait à porter. Il se sentait obligé de les ôter pour vérifier si on continuait à le respecter, à accepter ses choix, pour ensuite décider à nouveau de les laisser pousser. Les nouvelles Péot étaient les mêmes que les premières, mais elles étaient très différentes dans ce qu’elles représentaient. Cette fois-ci, elles lui appartenaient bel et bien, c’était lui qui les avait voulues. Ce n’était plus les lourdes Péot de ses parents. C’est une parabole très profonde.
    Les paroles de Moussar ne sont pas efficaces dans ces cas, elles produisent, au contraire, l’effet inverse. Car ces jeunes ne manquent pas de connaissances. Ils savent tout. S’ils se ‘’déconnectent’’, c’est pour une autre raison, qui se trouve plutôt dans le domaine affectif. Il est donc tout à fait inutile de leur dire ‘’c’est un interdit de la Torah que tu transgresses !’’ ou encore ‘’quelle Yéchiva va t’accepter, plus tard, si tu te comportes ainsi ??’’. Ces paroles font sur eux l’effet que ferait sur nous une menace de baisser un peu les mensualités de notre retraite. C’est très loin. C’est pourquoi nous pouvons dire qu’ils se trouvent dans cette situation contre leur gré, et qu’ils se trouvent dans une période de leur vie qui est difficile et douloureuse. S’ils étaient autistes ou qu’ils avaient un autre handicap, nous les aurions tout de même acceptés, tels qu’ils sont. Comprenons donc que ces jeunes se trouvent aussi dans une situation compliquée qui n’a pas vraiment de responsables, et qu’il faut les accepter tels qu’ils sont, avec toutes les difficultés que cela engendre. Cette compréhension (pas un aval, juste une compréhension qu’ils ne peuvent échapper à ce processus) est le premier pas vers la solution.
     
    3ème conseil : tout faire pour ne pas les jeter de la maison
    Ce conseil aussi se bat contre notre tendance naturelle à rendre les choses faciles, à accuser le jeune en question (ou la jeune fille, bien entendu, nous parlons toujours des deux) qui n’est qu’un ingrat, et l’envoyer au loin, dans un pensionnat ou autre, n’importe où mais hors de la maison. Qu’il ne reste pas sous notre nez, qu’il ne mette pas en péril la paix des ménages ni la bonne éducation des autres enfants.
    On peut comprendre cette attitude, et à dire vrai ces jeunes sont vraiment exaspérants. Et ils sont nuisibles. Mais que faire si tous les Grands Rabbanims de la génération ont crié de toutes leurs forces qu’il fallait faire tous les efforts, tous, pour ne pas en arriver là ? Des parents sont venus en pleurs prendre conseil auprès de Rav Elyachiv, expliquant que le jeune en question entrainait ses frères. Il leur a conseillé de dispatcher tous les enfants dans d’autres familles, et de garder le jeune révolté pour lui donner toute l’attention ! Je ne sais pas dans quel cas cela fut conseillé, ni pour quelle famille, je ne sais donc pas si l’on peut vraiment en tirer une leçon, mais cette vision des choses est celles de tous les Guedolim : ne pas éloigner, ne pas renvoyer avec un coup de pied !
    Il est un principe dans la vie : chaque point doit être mesuré en le comparant aux autres alternatives possibles. Il est vrai que le jeune cause des dégâts, et aussi des maux de cœur, et il est réellement difficile de vivre avec un jeune rebelle et effronté qui ne fait rien toute la journée, dort le jour et sort la nuit. C’est déchirant et éprouvant. Il faut instituer des règles minimales à la maison qu’il sera en mesure de respecter. Et ce n’est pas facile. Mais le jeter ne résout que certains des problèmes, et seulement à court terme, mais en apporte de nombreux autres, à long terme. Car cela ôte toute possibilité de communication. Cela fait tomber le jeune encore plus bas, et fait passer un message problématique aux frères. Ce n’est donc pas seulement une obligation parce que c’est l’avis des Rabbanim, mais aussi parce que, sur le terrain, ce n’est pas une solution efficace et effective. Pensez-vous que ce jeune reprendra le droit chemin en étant dans la rue ? Le jeter, c’est le pousser de toutes les forces vers des choses illégales, des dépendances, et d’autres malheurs de ce genre. Il est évident que cette solution est donc la pire qui soit.
     
    4ème conseil : considérez-les comme des personnes qui font Techovua
    Il existe un domaine qui s’appelle ‘’kirouv ré’hokim’’, et qui consiste à ramener les juifs éloignés vers la religion. Ceux qui travaillent dans ce domaine savent combien il est important de ne jamais émettre aucune critique ni aucune remontrance envers les ‘’éloignés’’ sous peine de voir tous leurs efforts de ‘’rapprochement’’ s’effondrer. Ils savent qu’ils doivent fermer les yeux sur certaines Avéroths (fautes) que les éloignés font, et les encourager plutôt avec de gentilles paroles ou en louant chaque petite Mitswa accomplie, avec patience, pour les rapprocher peu à peu.
    Il est intéressant de remarquer que ceux qui travaillent dans ce domaine ont pourtant parfois du mal à suivre ces belles consignes avec leurs propres enfants en difficulté. Les consignes d’éducation sont souvent bien différentes, et elles comprennent : critiquer, exprimer son mécontentement face à certains actes, et déconsidérer les petits actes positifs. Cela ne devrait pas être le cas, mais ça l’est souvent.
    Face à des jeunes en difficulté, nous devons absolument faire un switch dans notre tête, et passer du mode éducation à celui de Kirouv re’hokim. Oui, Kirouv Ré’hokim ! Et alors, si par hasard les éloignés en question sont vos propres enfants ? Un invités ‘Hiloni qu’on invite le Chabbat n’aurait jamais mérité de notre part un réveil en catastrophe du style ‘’bientôt sof zmane kriate chema (l’heure où on ne peut plus faire le Chéma du matin), ni à une remontrance concernant la quantité insuffisante de Matza qu’il consomme le soir du Seder. Pas du tout. On lui aurait parlé avec tact, calmement, délicatement, selon son rythme.
    Alors ici, la grande nouveauté, c’est que nos enfants aussi sont des Re’hokim, des éloignés qu’il faut rapprocher. Et leur enfance religieuse ne doit pas nous embrouiller. Affectivement parlant, ils ne se retrouvent pas dans cette enfance. Et pour les brancher de nouveau au système, il faut utiliser des outils du Kirouv Re’hokim, et jeter bien loin les critiques qui n’ont jamais été efficaces.
    C’est une erreur de vouloir se confronter à eux en parlant de domaines qui sont bien au-delà de leur libre-arbitre actuel, à cause d’une pression sociale ou de notre ego. Ils détestent au plus haut point cette hypocrisie et cela les éloigne encore plus. La critique doit être limitée au minimum, et ne doit pas intervenir dans des domaines religieux, mais simplement dans celui de la bonne gestion de la maison, du respect des frères par exemple. En dehors de cela, il faut leur laisser leur liberté et leur indépendance. Ce n’est pas facile. Ou plutôt : il n’y a pas plus dur que cela. Mais puisqu’il n’y a pas d’autre alternative, nous n’avons pas le choix.
     
     
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